Le taux de défaillance diminue au Québec

«Même confrontés à une augmentation potentielle des taux d’intérêt, les consommateurs de partout au pays continuent d’emprunter et de dépenser dans une certaine mesure», a affirmé la directrice principale des Données et analyses à Equifax Canada, Regina Malina.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir «Même confrontés à une augmentation potentielle des taux d’intérêt, les consommateurs de partout au pays continuent d’emprunter et de dépenser dans une certaine mesure», a affirmé la directrice principale des Données et analyses à Equifax Canada, Regina Malina.

Alors que certains se préoccupent de l’effet d’une hausse des taux d’intérêt sur la santé financière des ménages, les consommateurs québécois se classent au troisième rang des taux de délinquance au Canada, signale la société d’analyse de crédit Equifax.

À la fin du deuxième trimestre 2017, a indiqué l’agence, la dette hors hypothèque des ménages québécois se situait à 18 907 $, en hausse de 2,3 % sur un an et au deuxième rang derrière le Manitoba (18 536 $).

Le taux de délinquance des ménages du Québec était de 0,99 %, comparativement à 1,1 % l’an dernier. C’est aussi un dixième de pourcentage de moins que la moyenne canadienne. Les deux taux les plus faibles sont ceux de la Colombie-Britannique (0,87 %) et de l’Ontario (0,98 %).

Cependant, la dette des ménages ontariens a progressé à un rythme de loin supérieur (5,3 % sur un an) à celui de la moyenne canadienne (3,3 %).

« Même confrontés à une augmentation potentielle des taux d’intérêt, les consommateurs de partout au pays continuent d’emprunter et de dépenser dans une certaine mesure », a affirmé dans un communiqué la directrice principale des Données et analyses à Equifax Canada, Regina Malina. « Leur capacité générale à rembourser cet argent à temps reste cependant stable. Alors que les taux d’intérêt augmentent graduellement et que le coût des emprunts augmente aussi, cette tendance pourrait avoir une incidence dans le temps. »

La Banque du Canada doit annoncer mercredi ses intentions concernant le taux directeur, lequel est sur une pente ascendante depuis cet été lorsque le gouverneur de l’institution a dévoilé la première hausse depuis 2010.

Le milieu financier s’attend généralement à ce que la banque centrale fasse passer le taux directeur, qui influence le coût des emprunts commerciaux et de consommation, à 1,5 % d’ici la fin de 2018. Le taux se situe actuellement à 0,75 %.

La Banque du Canada n’a jamais caché que l’endettement des ménages est un des éléments qui la préoccupe lorsque vient le temps de déterminer sa politique monétaire.

Dans une note d’analyse la semaine dernière, le Mouvement Desjardins a estimé que la situation financière des ménages doit être surveillée de près mais que le poids des paiements mensuels totaux (y compris ceux liés aux prêts hypothécaires) est stable depuis plusieurs années.

Une des mesures les plus fréquemment véhiculées dans les médias repose sur la comparaison de la dette et des revenus d’un ménage, un ratio qui a récemment atteint un sommet historique d’environ 167 %. Cependant, le « ratio du service de la dette » (RSD), qui tient compte de ce que coûte le service des intérêts sur la dette, était en 2016 tout près de la moyenne 2000-2016, soit 16,7 %.

Dans une note autre parue mardi, Desjardins a estimé que le pourcentage des ménages présentant un RSD supérieur à 40 % demeurera autour du seuil critique de 5 % jusqu’en 2021. Cependant, si le taux directeur atteignait entre 3 et 5 % en 2021, « entre 6,0 % et 6,7 % des ménages dépasseraient le seuil critique ».

« Cela représente entre 20 000 et 40 000 ménages additionnels qui basculeraient dans cette zone en l’espace de cinq ans et qui seraient à risque de défaut de paiement », a écrit le Mouvement Desjardins.

Si la santé financière des ménages préoccupe autant, c’est que ceux-ci ont énormément bénéficié de la faiblesse des taux d’intérêt des dernières années pour acheter des propriétés à des prix supérieurs à ceux du passé. Puisqu’une partie de ces acheteurs privilégie les hypothèques à taux variables, le mouvement des taux d’intérêt peut avoir un impact considérable sur leurs finances. La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) a fait remarquer en juillet que la qualité du crédit des consommateurs s’est améliorée et que les taux de défaillance reculent, à l’exception des aînés.

1 commentaire
  • Nadia Alexan - Abonnée 6 septembre 2017 09 h 47

    C'est impossible de vivre dignement avec le salaire minimum!

    Si les familles canadiennes sont endettées, c'est parce qu'elles sont très mal rémunérées et sont obligées de s'endetter pour joindre les deux bouts! C'est impossible de subvenir à ses besoins et à vivre dignement avec le salaire minimum .