Après le contrat raté de New York, Bombardier Transport se veut rassurante

L’appel d’offres pour le contrat de 3,2 millards $US, qui pouvait atteindre 1700 voitures, a été lancé en juillet 2016.
Photo: Frank Franklin II Associated Press L’appel d’offres pour le contrat de 3,2 millards $US, qui pouvait atteindre 1700 voitures, a été lancé en juillet 2016.

Bien qu’elle se dise « très déçue » de ne pas avoir été retenue par la Metropolitan Transportation Authority (MTA) pour un contrat potentiel de 3,2 milliards $US à New York, le plus important marché du continent, Bombardier Transport affirme que la métropole américaine présente encore de « très fortes » occasions commerciales pour elle.

« On ne gagne pas toutes les soumissions auxquelles on participe. Au cours de notre relation avec New York, on en a perdu et on en a gagné. Dans cet écosystème-là, il y a encore de très fortes occasions commerciales », a dit un porte-parole de Bombardier Transport, Éric Prud’homme, faisant référence notamment au travail que la compagnie peut faire en matière d’exploitation et d’entretien de flottes de voitures.

Bombardier Transport n’a pas voulu commenter publiquement les raisons pour lesquelles la MTA n’a pas retenu la proposition de l’entreprise, se limitant essentiellement à dire que cette proposition « n’est plus à l’étude ».

La journée de lundi a été marquée par la publication, dans LeJournal de Montréal, d’une note envoyée à l’interne par le président de Bombardier Transport, Benoît Brossoit. Ce dernier, en poste depuis 2016, y affirmerait sans détour que « notre mauvaise performance et les retards importants […] sur le projet des voitures R-179 ont scellé le sort de notre offre » en ce qui concerne le contrat de 3,2 milliards $US. « La décision de notre client démontre que le marché n’est plus disposé à accepter des retards dans la performance et à subir l’impact de nos manquements. »

Le projet des 300 voitures R-179 est un contrat distinct. Elles ont commencé à être livrées en 2016, plutôt que 2014, et seront officiellement mises en service cette année après leur période de rodage.

À la Bourse de Toronto, l’action de Bombardier a terminé la journée en baisse de 2,8 %, à 2,46 $, sur un volume de négociation plus fort que d’habitude.

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À la Bourse de Toronto, l’action de Bombardier a terminé la journée en baisse de 2,8 %, à 2,46 $, sur un volume de négociation plus fort que d’habitude.

L’appel d’offres pour le contrat de 3,2 milliards $US, qui pouvait atteindre 1700 voitures, a été lancé en juillet 2016, les entreprises intéressées ayant eu jusqu’au mois de décembre 2016 pour déposer leurs propositions.

Carnet de commandes

Le carnet de commandes de Bombardier Transport était de 32,7 milliards au 30 juin 2017, indiquent les plus récentes informations financières de la compagnie. Il s’agit d’une hausse de 9 % par rapport à l’an dernier. L’entreprise a récemment remporté au Royaume-Uni un contrat de 1,1 milliard $US auprès de FirstGroup et MTR pour la livraison de 750 voitures.

Bombardier a aussi connu des problèmes de livraison à Toronto, où son bras de fer avec l’agence de transport provinciale Metrolinx défraie la chronique depuis l’an dernier. Signé en 2010, le contrat de 770 millions porte sur la livraison de voitures pour le système de train léger, notamment la ligne Eglinton Crosstown qui entrera en service en 2021. Metrolinx a voulu annuler le contrat en raison des retards de livraison du prototype, mais un juge l’a empêchée de procéder ainsi.

Invité à dire si la réputation de Bombardier est en péril, M. Prud’homme a dit qu’« il est prématuré d’avoir cette conclusion ». Aux yeux de Yan Cimon, professeur à l’Université Laval et directeur du Centre interuniversitaire de recherche sur les réseaux d’entreprises, la logistique et le transport (CIRRELT), « c’est un problème réputationnel important car ce n’est pas le seul endroit dans le monde où Bombardier a connu des délais ».

Certes, Bombardier n’est pas la seule compagnie à présenter des défis dans la livraison, a affirmé M. Cimon. Cependant, « il y a un travail de communication très important à faire sur les implications organisationnelles et d’ingénierie, parce qu’il ne suffit pas de faire des promesses. Il faut montrer patte blanche et montrer aux clients potentiels comment on s’en est sorti dans des projets où on a eu des défis ».