Feu vert à un fonds spécial de 500 000 $ pour d’ex-employés

Sears Canada a été la cible de critiques le mois dernier après avoir obtenu la permission de verser 9,2 millions en primes de rétention à de hauts dirigeants, alors que des travailleurs licenciés partaient sans rien recevoir.
Photo: Catherine Legault Le Devoir Sears Canada a été la cible de critiques le mois dernier après avoir obtenu la permission de verser 9,2 millions en primes de rétention à de hauts dirigeants, alors que des travailleurs licenciés partaient sans rien recevoir.

Toronto — Un juge torontois a approuvé vendredi la création d’un fonds spécial pour des employés de Sears Canada dont l’argent proviendra des sommes mises de côté afin de verser des primes de rétention à de hauts dirigeants du détaillant.

Le fonds de 500 000 $ servira à aider d’ex-travailleurs qui auraient été admissibles à des indemnités de départ lorsqu’ils ont perdu leur emploi et sont partis les mains vides.

Quelque 3100 employés de Sears Canada ont quitté l’entreprise depuis le début de la restructuration. Actuellement, les salariés licenciés n’ont pas obtenu d’indemnités de départ ou de prestations de retraite.

Sears Canada a été la cible de nombreuses critiques le mois dernier après avoir obtenu la permission de la cour de verser 9,2 millions en primes de rétention à de hauts dirigeants alors que des travailleurs licenciés partaient sans rien recevoir.

Il aurait dû y avoir des indemnités adéquates pour que les employés puissent avoir le temps nécessaire de se trouver un autre emploi

Situation financière

Les travailleurs devront prouver qu’ils doivent obtenir de l’aide en raison de leur situation financière. Ils pourraient recevoir jusqu’à huit semaines de salaire ou un maximum de 12 000 $.

Un groupe d’employés ayant perdu leur travail et qui se trouvaient dans la salle d’audience se sont montrés satisfaits de la création du fonds. Pour eux, il aurait été préférable d’offrir des indemnités à tous les employés plutôt que seulement ceux qui se trouvent dans une situation financière plus précaire.

« C’est un début, a dit Vera Asselin, qui travaillait au siège social de Sears Canada. Il aurait dû y avoir des indemnités adéquates pour que les employés puissent avoir le temps nécessaire de se trouver un autre emploi. »

Créanciers déboutés

Le détaillant compte fermer 59 établissements au pays en plus d’éliminer 2900 postes, alors qu’il poursuit sa restructuration sous la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.

Par ailleurs, le tribunal n’a pas entendu la requête d’un groupe de créanciers qui désiraient poursuivre des dirigeants du détaillant, leur reprochant des abus de confiance ainsi que des actes préjudiciables à leurs intérêts.

Le contrôleur nommé par le tribunal affirme que ce groupe demande à un juge ontarien de donner le feu vert à sa requête contre l’entreprise. La prochaine audience a été fixée à mardi.

L’entreprise fondée en 1952 pense pouvoir terminer ses ventes de liquidation d’ici le 12 octobre et espère terminer sa restructuration cette année.

Le détaillant exploitait 239 établissements, dont de grands magasins, des magasins d’électroménagers et de matelas, des magasins Sears Décor, des magasins de liquidation, des centres de distribution et des entrepôts. Sears Canada a vu sa haute direction être remaniée à plusieurs reprises au cours des quatre dernières années, alors que le détaillant tentait de se relancer.

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