Boralex évoque une expertise québécoise importante dans l'éolien

La filière éolienne s’est développée grâce à quatre appels d’offres lancés entre 2003 et 2013. 
Photo: Getty Images La filière éolienne s’est développée grâce à quatre appels d’offres lancés entre 2003 et 2013. 

S’il allait de l’avant, le projet visant à agrandir les parcs éoliens de la Seigneurie de Beaupré pourrait contenir une portion « importante » de savoir-faire québécois, affirme la direction de Boralex, un des partenaires.

Les éoliennes de la Seigneurie, dont les 164 tours au nord-est de Québec ont une puissance installée de 364 MW, forment déjà le plus grand groupe de parcs au Canada. Or l’appétit du Massachusetts pour de l’énergie propre a convaincu Boralex et Gaz Métro d’envisager une phase 4, soit 300 MW de plus.

« Le Québec, depuis une dizaine d’années, a développé une expertise tant au niveau des services que des composants ou des travailleurs. On croit qu’on va pouvoir trouver une portion importante de nos sous-traitants et fournisseurs au Québec », a dit en entrevue le directeur du développement et des acquisitions chez Boralex, Rafael Bourrellis.

« C’est certain que l’industrie éolienne québécoise va avoir ce souhait-là », a reconnu M. Bourrellis. Boralex, longtemps associée à Cascades, qui en était un actionnaire important, « évalue plusieurs manufacturiers ».

Hydro-Québec a soumis trois projets différents pour alimenter le Massachusetts, qui a lancé au printemps un appel d’offres pour 9,45 TWh d’énergie propre. Chacun des projets a deux variantes : 100 % d’hydroélectricité ou une combinaison d’hydroélectricité et d’éolien. C’est dans le cadre de cette deuxième option que la société d’État s’est associée à Boralex et à Gaz Métro.

Exigences

La filière éolienne du Québec s’est développée grâce à quatre appels d’offres lancés entre 2003 et 2013. Pour le quatrième, par exemple, on prévoyait une « exigence de contenu régional de 35 % pour le coût des éoliennes »,a rappelé le TechnoCentre éolien dans un mémoire soumis en 2015 pour la consultation sur la politique énergétique du Québec.

Le projet dévoilé le mois dernier n’est cependant visé par aucun décret fixant des seuils minimaux de contenu régional ou québécois.

« Ça serait étonnant que les tours soient fabriquées ailleurs qu’au Québec », a dit Dave Lavoie, directeur du Créneau éolien ACCORD au TechnoCentre éolien, à Gaspé. « Pour les pales, ça va dépendre du manufacturier. »

Le Québec compte à Matane une usine de tours de béton (Enercon) et une usine de tours d’acier (Marmen). Par ailleurs, la filière compte aussi l’usine de pales LM Wind Power, à Gaspé, et Fabrication Delta, qui fabrique des tours d’acier à New Richmond.

Lors du dévoilement de sa politique énergétique, le gouvernement Couillard a indiqué que les surplus d’Hydro-Québec devraient d’abord diminuer avant qu’un nouvel appel d’offres local soit lancé pour de l’énergie éolienne. La solution de rechange était alors de prioriser l’exportation.

« Ce projet-là a vraiment été conçu dans le contexte de l’appel d’offres du Massachusetts, a dit M. Bourrellis. Si on n’est pas retenus dans l’appel d’offres, ça va être mis en dormance. Cela dit, les terrains de la Seigneurie de Beaupré ont un potentiel important. Et s’il y avait d’autres appels d’offres nationaux, ou en Nouvelle-Angleterre, ou dans l’État de New York, on aurait la possibilité de soumettre des projets si le contexte était adéquat. »

« Ça fait plusieurs années qu’on regarde le marché du Nord-Est américain, a ajouté M. Bourrellis. Il y a des besoins importants en énergie, particulièrement en énergie renouvelable. […] Pour les cinq, dix ou quinze prochaines années, il y a un très gros marché en Nouvelle-Angleterre et dans l’État de New York. »

3 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 18 août 2017 08 h 20

    Fragile

    Étant donnés l'abondance actuelle d'électricité, le sort de cette industrie dépend des lois environnementales des États américains, totalement hors de notre contrôle.

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 18 août 2017 11 h 04

    Bref,tout

    pour nous éloigner du petrole ,des sables bitumineux,de la fracturation et du terrible pipeline.

    • Jean Richard - Abonné 18 août 2017 13 h 35

      Tout pour...
      Vous voulez dire n'importe quoi...

      La démonisation du pétrole et du gaz jointe à la divinisation de l'électricité nous rendent parfois, pour ne pas dire souvent, aveugles.

      Notre mode de vie hyper-énergivore nous a poussés vers la transformation massive de l'énergie en mettant trop souvent de côté l'impact environnemental négatif. Penser que l'éolien est 100 % propre et que le pétrole est 100 % sale relève à la fois de la croyance et de la morale, pas de la science.

      Au terme de la réalisation du projet de Beaupré, il y aura plus de 300 éoliennes dans le décor. C'est quoi une éolienne, une seule ?

      – Plus de 400 mètres cubes de béton ;
      – plus de 40 tonnes d'acier ;
      – plus de 20 tonnes de matériaux composites ;
      – plusieurs tonnes de métaux divers dont du cuivre, des terres rares...

      Il faut aussi de nombreux gros camions qui feront des centaines de kilomètres pour aller de l'usine au site d'installation. Il faudra auss couper des centaines d'arbres, capable de stocker beaucoup de carbone, et les empêcher de repousser.

      Il faudra enfin des lignes de transport – encore des arbres à couper, des matières premières à transformer et des camions qui vont circuler.

      Une fois en service, il faudra entretenir ces éoliennes, ces monstres de 150 mètres de haut. Il faudra aussi ramasser les cadavres d'oiseaux morts au pied des tours pour ne pas trop salir son image de propreté et de chasteté.

      Enfin, au bout d'une vingtaine d'années, il faudra les remplacer. La plus grande partie des matériaux (le béton, les composites, entre autres) ne sont pas recyclables.

      On peut difficilement croire que ces jolis moulins à vent soient totalement sans impact sur l'environnement. D'accord, certains risques associés au pétrole sont plus ou moins présent avec l'éolien, mais de là écarter l'impact environnemental, il y a une marge.

      Tiens ! On ne veut pas de cimenterie, mais on a besoin de béton pour les éoliennes et les barrages...