Trump sous un feu nourri de critiques du monde des affaires

Donald Trump avait créé un conseil composé de 27 dirigeants pour que ces derniers puissent partager leur expérience et lui permettre de mieux comprendre le marché de l’emploi.
Photo: Pablo Martinez Monsivais Associated Press Donald Trump avait créé un conseil composé de 27 dirigeants pour que ces derniers puissent partager leur expérience et lui permettre de mieux comprendre le marché de l’emploi.

Le torchon brûle. Le conseil de chefs d’entreprise mis sur pied par Donald Trump pour renouveler la création d’emplois aux États-Unis a maintenant perdu six de ses membres, tandis que le dirigeant de Wal-Mart a écrit aux employés du détaillant pour souligner « l’occasion ratée » du président en ce qui concerne les manifestations d’extrême droite à Charlottesville.

Au lendemain des trois départs-surprises survenus lundi, M. Trump a démarré sa journée en lion mardi en choisissant de s’en prendre aux démissionnaires sur sa tribune de choix : Twitter.

« Pour chaque p.-d.g. qui quitte le conseil, j’en ai plusieurs pour prendre leur place. Ceux qui veulent faire les intéressants n’auraient pas dû être admis. EMPLOIS ! » a écrit le président américain.

   

Le fondateur de Tesla, Elon Musk, a été le premier à partir, en juin, après l’annonce de M. Trump concernant le retrait américain de l’Accord climatique de Paris. Lundi, après le week-end meurtrier en Virginie, trois autres se sont soudainement ajoutés, soit les dirigeants de Merck, d’Intel et d’Under Armour.

 
Photo: Associated Press Scott Paul

Une quinzaine de minutes après le jugement de M. Trump mardi matin, Scott Paul, de l’Alliance for American Manufacturing, a lui aussi fait une annonce. « Je démissionne de la Manufacturing Jobs Initiative car c’est la bonne chose à faire. »

   

Le conseil, créé en janvier 2017, comptait au départ 27 dirigeants, dont deux représentants du monde syndical. Le président disait à l’époque qu’il souhaitait les rencontrer pour que ceux-ci puissent partager leur expérience, cela devant permettre à M. Trump de mieux comprendre les dynamiques du marché de l’emploi. L’objectif ultime était de « promouvoir la création d’emplois et remettre les Américains au travail ».

Le conseil compte également les dirigeants de Dow Chemical, Ford, Dell, Whirlpool, General Electric, Campbell Soup, Boeing et 3M.

À l’occasion d’une conférence de presse où M. Trump ne devait pas initialement répondre aux questions, le président a affirmé que l’économie du pays va bien et que la création d’emplois va bon train. Au sujet des démissionnaires, il a dit qu’ils quittent le comité parce qu’ils ont honte du fait que leurs produits ne sont pas fabriqués aux États-Unis et qu’il « leur fait la morale ».

Efficacité du comité

Dans une lettre transmise au Financial Times de Londres, l’ex-secrétaire au Trésor de Barack Obama, Larry Summers, s’est interrogé sur la pertinence et l’efficacité du conseil.

« Aucun conseiller ayant à coeur les traditions bipartisanes du gouvernement américain ne peut sincèrement croire qu’il est efficace à ce stade-ci, a écrit M. Summers. Et tous devraient avoir honte d’être complices des propos de M. Trump et de ses gestes. Je me demande parfois comment ils arrivent à faire face à leurs enfants. »

À son tour, le chef de la direction de Wal-Mart a écrit à ses employés lundi soir pour décrire sa position. Il s’est toutefois abstenu de quitter un autre des comités du président, celui sur la stratégie économique.

« Alors que nous assistions aux événements et à la réaction du président Trump ce week-end, nous avons estimé nous aussi qu’il ratait une occasion cruciale de contribuer à unir le pays en rejetant sans équivoque les gestes épouvantables des suprémacistes blancs », a écrit Doug McMillon, dont la lettre a été affichée sur le site de l’entreprise.

« Ses propos d’aujourd’hui [lundi] étaient un pas dans la bonne direction et nous avons besoin de cette clarté et de cette constance à l’avenir », a ajouté M. McMillon.

 

Le président du principal syndicat cesse à son tour de conseiller Trump

Washington — Le président du principal syndicat américain AFL-CIO a annoncé mardi qu’il quittait à son tour le conseil de chefs d’entreprise conseillant Donald Trump pour protester contre les prises de position du président américain après les violences de Charlottesville (Virginie). « Nous ne pouvons nous asseoir au sein d’un conseil avec un président qui tolère le sectarisme et le terrorisme national », a déclaré Richard Trumka, peu après une conférence de presse controversée de Donald Trump mardi. M. Trumka faisait partie des conseillers du président sur les questions industrielles.
2 commentaires
  • Gilles Bonin - Inscrit 16 août 2017 03 h 19

    Le bla, bla, bla

    Beaucoup de bla, bla mais peu d'actions concrètes pour contrôler (ou évincer) le mégalo crypto-fasciste qu'est Trump, vont suivre les honteux revirements des derniers jours. Bien peu d'épine dorsale chez les républicains.

  • Colette Pagé - Inscrite 16 août 2017 18 h 10

    La voie à suivre !

    Peut-on espérer que ces départs soient un signe annonciateur du début de la fin.

    Depuis son élection la présence de ce Président est devenu un mauvais film que l'on préférerait oublier.

    Vivement que des républicains sérieux qui placent le citoyen au coeur de leurs préoccupations lâchent ce Président narcissique, menteur pathologique et incompétent.

    Quels services ils rendraient à l'Amérique !