Hydro-Québec veut augmenter ses tarifs résidentiels de 1,1%

Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir

Hydro-Québec a demandé mardi à la Régie de l’énergie la permission de hausser de 1,1 % l’an prochain les tarifs d’électricité pour tous ses clients résidentiels et la majorité de ses clients d’affaires.

La société d’État avait demandé l’an dernier de hausser ses tarifs résidentiels de 1,6 %, mais la Régie lui avait accordé 0,7 % d’augmentation, pour la deuxième année consécutive.

Hydro-Québec attribue la hausse de 1,1 % réclamée cette année à l’augmentation des coûts d’achat d’électricité (1,7 %), à l’impact de la mise en service de différents équipements de transport à haute tension (0,9 %), et à l’augmentation de certains coûts de distribution, notamment la « maîtrise de la végétation » autour des lignes (0,3 %) — pour un total de 2,9 % de hausse des coûts de production.

L’augmentation des coûts d’achat d’électricité s’explique, selon Hydro, par l’indexation du « bloc patrimonial », comme le veut la loi, et les coûts de l’énergie éolienne, de la biomasse et de petites centrales hydrauliques. Le bas tarif du « bloc patrimonial » pour les clients québécois (165 milliards de kWh) est indexé chaque année à l’Indice des prix à la consommation.

Par contre, Hydro-Québec ajoute que la hausse demandée à la Régie sera « limitée » à 1,1 % grâce aux températures plus clémentes des deux derniers hivers (-1,3 %) et grâce à la croissance de la demande au Québec (-0,5 %), découlant notamment de la conversion à l’électricité d’équipements de la clientèle d’affaires, et à l’installation au Québec de centres de données.

Selon Hydro, l’impact de cette hausse tarifaire de 1,1 %, à compter du 1er avril prochain, représenterait 47 cents par mois pour un logement, 1,48 $ pour une petite maison, 2,21 $ pour une maison moyenne et 2,95 $ pour une grande maison.

« Pour la troisième année consécutive, Hydro-Québec respecte son engagement pris envers nos clients et demande un ajustement des tarifs en dessous de l’inflation, à 1,1 % », a soutenu mardi Louis-Olivier Batty, porte-parole d’Hydro-Québec.

En vertu de la Loi sur la Régie de l’énergie, « l’indexation du prix de l’électricité patrimoniale ne touche pas les clients industriels de grande puissance » (tarif L), précise Hydro-Québec. La hausse pour cette clientèle au 1er avril 2018 serait donc de 0,8 %, si la Régie accepte cette proposition.

En avril dernier, les grands clients industriels d’Hydro avaient dû absorber une augmentation de 0,2 %, après un gel d’un an. La société d’État avait réclamé à la Régie une hausse de 1,1 %.

La Régie de l’énergie tiendra des audiences publiques à ce sujet en décembre ; elle rend habituellement sa décision au début de mars.

Il a été impossible, mardi, de joindre un porte-parole de l’Union des consommateurs.

4 commentaires
  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 1 août 2017 11 h 27

    L'indexation

    Les augmentations des tarifs d’électricité amènent chaque année des cris et des chuchotements. Cependant, d'un point de vue économique, aucun prix ne devrait être gelé : les prix doivent évoluer selon les circonstances.

    À la limite, on peut décider que certains biens ou services soient gratuits, comme l'éducation ou la santé. Cependant, quand une chose est gratuite, on peut être porté à la gaspiller ou à ne pas l'apprécier à sa juste valeur. D'où l'utilité d'imposer certains frais modérateurs même pour ces éléments « gratuits », mais accompagnés de mesures (allègements fiscaux ou allocations fiscales) pour ne pas pénaliser les personnes à faibles revenus.

    L'inflation a toujours existé, depuis des siècles. Alors, en principe, tout devrait être indexé annuellement de façon modulée selon l'indice du coût de la vie : tarifs d'électricité, frais modérateurs, allocations sociales, frais de garderie, frais de scolarité, mais aussi niveaux d'imposition, impôts, etc.

    Une telle politique d'indexation permettrait d'éviter les sempiternelles discussions sur les augmentations de tarif pour les biens ou services « gelés », et permettrait une meilleure planification de la gestion gouvernementale.

    Le Québec devrait faire de même pour protéger ses ressources naturelles dont l'eau (à boire), et le vent.

  • Nicole Delisle - Abonné 1 août 2017 11 h 30

    Les raisons évoquées sont-elles les bonnes?

    Cette société d'état en mène bien large et n'a pas trop de comptes à rendre à quiconque. Il serait plus que temps qu'une enquête extérieure indépendante soit mis en branle pour vérifier les comptes. Il n'y a pas si longtemps, on nous disait que nous avions payé trop cher notre électricité et que nous ne serions pas remboursés. Le tout avait servi à payer la dette du Québec grâce aux redevances que leur remettait Hydro-Québec. Que fait réellement la Régie de l'Énergie dans tout cela? Est-elle au service des citoyens ou de l'État qui lui dicte la marche à suivre? C'est vraiment nébuleux et on a toujours l'impression de se faire avoir! Le jour où la vérité sortira,
    le gouvernement et la société d'État auront de la difficulté à se couvrir avec encore des raisons qui ne tiendront pas la route! À trop vouloir piger dans les poches des citoyens, ils risquent que la supercherie soit démasquée! Il devient de plus en plus évident qu'il y a anguille sous roche. Une enquête en profondeur est essentielle. Mais ce n'est sûrement pas le gouvernement qui la demandera, vous en conviendrez!

  • Maxime Parisotto - Inscrit 1 août 2017 12 h 25

    Il s'agit surtout d'augmenter les redevances versées au gouvernement, dans le but non avoué de compenser pour les baisses d'impôts qui ne manqueront pas d'être annoncées par Couillard cet automne, pour faire mousser le bilan du gouvernement dans cette future année électorale...

  • Richard Olivier - Inscrit 1 août 2017 14 h 52

    1.1%,,,Normal

    Mais nous payons encore pour:::

    23 milliards $ sur 25 ans pour l’éolien déjà en place

    Merci M. charest et le PLQ

    Les consommateurs d’électricité en subiront les effets

    Les quatre millions de clients d’Hydro-Québec devront absorber une facture de 23 milliards $ d’ici 2042 pour les parcs éoliens qui existent déjà, selon ce qu’a appris le Bureau d’enquête.
    Cependant, le coût de 39 contrats éoliens déjà effectifs et qui a été progressivement indexé depuis 2006 laissera sa trace sur la facture d’hydroélectricité des Québécois pour encore plus de 25 ans.

    2 milliards pour une centrale fermée ((( Merci à john james charest )))

    Qu’elle soit utilisée ou non, la centrale au gaz naturel de Bécancour aura coûté au moins 2 deux milliards de dollars à Hydro-Québec sur une période d’un peu moins de 30 ans, indiquent les données compilées par Le Devoir.

    La Société d’État s’est en effet engagée à verser à partir de cette année des centaines de millions de dollars supplémentaires à TransCanada, propriétaire de cette centrale qui ne produit plus d’énergie depuis 2008.

    Qu’elle soit utilisée ou non, cette centrale privée devrait avoir coûté au moins deux milliards de dollars à Hydro-Québec pour la période 2008-2036.
    C’est le chiffre minimal qu’on obtient en calculant les montants déboursés en vertu des ententes 2006-2026 (au moins 1,6 milliard) et 2016-2036 (389 millions).

    Il est toutefois impossible de connaître le montant précis, en raison des clauses de confidentialité inscrites dans les différentes ententes qui lient la Société d’État à TransCanada, mais aussi à Gaz Métro.