Le Conference Board salue l’atténuation du risque géopolitique

Malgré l’accession de Donald Trump à la Maison-Blanche, la victoire d’Emmanuel Macron à la presidentielle française, entre autres, a permis d’alléger les incertitudes sur l’économie mondiale.
Photo: Alain Jocard Agence France-Presse Malgré l’accession de Donald Trump à la Maison-Blanche, la victoire d’Emmanuel Macron à la presidentielle française, entre autres, a permis d’alléger les incertitudes sur l’économie mondiale.

Les dernières élections européennes, en France et aux Pays-Bas, ont allégé les incertitudes pesant sur l’économie mondiale. Le Conference Board du Canada table sur une légère accélération de l’activité économique mondiale après la tiédeur de 2016.

L’institution demeure toutefois plutôt prudente dans ses prévisions estivales. Le Conference Board parle d’une accélération de la croissance du PIB mondial à 2,9 % cette année, après le morose 2,5 % de 2016. « L’élection de Donald Trump et le vote sur le Brexit avaient nourri les préoccupations voulant que l’ère de la mondialisation et de l’ouverture des frontières arrivait à une fin. La défaite de l’extrême droite aux récentes élections en France et aux Pays-Bas a eu pour effet d’accroître la confiance en l’Union européenne », a écrit l’économiste principal, Kip Beckman. Il ajoute que le commerce mondial est en hausse pour un cinquième mois consécutif et que les cours pétroliers demeurent faibles.

L’économiste retient donc que l’Union européenne va pouvoir sortir de son maigre 1 % de croissance dans lequel elle s’est enlisée depuis la Grande Récession de 2008-2009 pour croître au rythme de 1,8 % cette année. Mais des réformes du marché du travail seront nécessaires en France, en Italie et en Espagne pour amener la poussée du PIB autour des 2 %. Quant au Brexit, l’impact économique serait, en définitive, cantonné au Royaume-Uni, qui ne peut espérer qu’une augmentation du PIB de 1,6 % cette année, plombé par l’incertitude entourant les prochaines négociations de sortie de l’Union européenne.

Pour les États-Unis, le Conference Board cible une hausse de 2,3 % du PIB cette année, après un maigre 1,6 % en 2016. Il se dit également sceptique quant à la capacité du gouvernement américain de passer au rythme de croissance de 3 % avec une baisse des impôts des entreprises et des particuliers, une hausse des dépenses en infrastructures et un allégement de la réglementation. « Il sera difficile d’atteindre cette cible, le vieillissement de la population limitant l’accroissement de la force de travail et maintenant les faibles gains de productivité. »

Pour sa part, l’économie chinoise devrait croître autour de son potentiel, à 6,6 %, les velléités de Donald Trump à l’endroit de ce pays n’ayant été qu’une rhétorique électorale.

Les doutes du FMI

À la fin de juin, le Fonds monétaire international émettait également des doutes sur la portée réelle des actions souhaitées par le gouvernement américain. Le FMI allait jusqu’à abaisser ses prévisions de croissance pour la première économie de la planète à 2,1 % cette année et en 2018, contre 2,3 % et 2,5 % respectivement dans ses estimations d’avril. Pour 2019, la progression devrait être de 1,9 %, loin des 3 % visés par le président. « Même avec les conditions idéales d’une politique de relance, la croissance potentielle sera probablement plus faible que ce que le projet de budget envisage et prendra plus de temps à se matérialiser », disait le FMI, qualifiant de peu probables les projections de la Maison-Blanche.

Comme de nombreux autres pays développés, l’économie américaine fait face à de profonds changements, allant des ruptures technologiques, qui demandent une forte adaptation des travailleurs, au vieillissement de la population. « Les revenus des ménages stagnent pour une grande partie de la population », note le Fonds, ajoutant que, même si le taux de chômage ne devrait pas dépasser 4,3 % en 2017 et 2018, « les offres d’emplois se détériorent pour nombre de travailleurs, trop découragés pour continuer à chercher du travail ». Le pays accuse aussi un des taux de pauvreté les plus élevés parmi les pays riches, à 13,5 %, pouvait-on lire dans un texte de l’Agence France-Presse.