Le FMI dresse la liste des remèdes qu’il préconise pour relancer l’économie américaine

Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a enjoint au FMI d’être «le plus rentable possible», alors que le gouvernement américain lui-même est «en train de rationaliser» ses coûts.
Photo: Manuel Balce Ceneta Associated Press Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a enjoint au FMI d’être «le plus rentable possible», alors que le gouvernement américain lui-même est «en train de rationaliser» ses coûts.

Washington — Le Fonds monétaire international s’est permis de donner une petite leçon de politique économique aux États-Unis, son principal bailleur de fonds, en publiant vendredi une liste de dix moyens d’y relancer la croissance économique.

Publiée en marge des conclusions de la revue annuelle de l’économie américaine, cette liste énumère des recettes plutôt classiques, comme la réduction des déficits, la réforme du système fiscal, l’amélioration des infrastructures… toutes choses qu’entend mener à bien le gouvernement de Donald Trump.

Mais le FMI recommande aussi de renforcer le système d’assurance maladie, alors que les alliés du président républicain s’écharpent au Congrès sur cette question. « Les politiques d’assurance maladie devraient viser à protéger les acquis obtenus depuis la crise financière, particulièrement pour ceux en bas de l’échelle des revenus. Agir en ce sens aura des implications positives pour la productivité, le bien-être et la participation au marché du travail », estime le FMI. Donald Trump a fait du démantèlement du système de santé mis en place par son prédécesseur démocrate, Barack Obama, une de ses priorités. Mais il n’arrive pas à rassembler sa majorité républicaine autour d’un système de remplacement.

Le FMI reconnaît que toute réforme sera ardue en raison « des positions opposées sur la meilleure façon d’avancer, ce qui rend difficile tout consensus sur la question ». Il recommande toutefois de « contenir les coûts du système de santé », un point pour Donald Trump qui affirme qu’Obamacare n’est pas viable financièrement.

Le ralentissement de la croissance aux États-Unis a été mis en exergue par le FMI lors de la présentation dimanche de ses prévisions révisées de croissance. S’il a maintenu son chiffre de 3,5 % cette année et de 3,6 % l’année prochaine pour l’économie mondiale, il a rabaissé celui des États-Unis à 2,1 % en 2017 et 2018, contre respectivement 2,3 % et 2,5 % envisagés au printemps. Parmi les défis qui pèsent sur la première économie mondiale et auxquels les dix remèdes suggérés par le FMI devront faire face, le Fonds relève « une faible croissance de la productivité, le vieillissement de la population, des écarts de plus en plus importants dans la redistribution des revenus et un niveau élevé de pauvreté ». « Ces défis grandissants sont aggravés par le fait que la part des revenus qui va aux travailleurs est près de 4 points de pourcentage inférieure à ce qu’elle était au début des années 2000, que la classe moyenne est tombée à sa plus faible proportion des 30 dernières années et que le taux de croissance potentiel est pratiquement le plus faible depuis les années 1940 ».

Pour la rentabilité

Lors d’une audition au Congrès jeudi consacrée au système financier international, le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a enjoint au FMI d’être « le plus rentable possible », alors que le gouvernement américain lui-même est « en train de rationaliser » ses coûts. « Nous exhortons le FMI à se consacrer davantage au redressement des déséquilibres économiques mondiaux », a ajouté le secrétaire au Trésor, faisant référence aux déséquilibres commerciaux dont se plaignent les États-Unis, notamment avec l’Allemagne et la Chine.

Dans son rapport, le FMI reconnaît qu’il existe « une marge pour moderniser les accords commerciaux, dont l’ALENA, d’une manière qui soit mutuellement bénéfique pour tous les partenaires », qui sont les États-Unis, le Canada et le Mexique. Le gouvernement Trump lance à la mi-août la renégociation de cet accord de libre-échange, signé en 1994. Le FMI estime que les États-Unis « gagneraient à conserver leurs marchés ouverts dans le cadre de ces accords une fois ceux-ci amendés ». Le gouvernement Trump a jusqu’à présent adopté une rhétorique plutôt protectionniste.

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