La Fed laisse les taux inchangés, mais veut réduire son bilan «assez vite»

Wall Street a terminé à des records mercredi, profitant de bons résultats d’entreprises et du statu quo sur la politique monétaire.
Photo: Spencer Platt Getty Images Agence France-Presse Wall Street a terminé à des records mercredi, profitant de bons résultats d’entreprises et du statu quo sur la politique monétaire.

Washington — La banque centrale américaine (Fed) a maintenu les taux d’intérêt inchangés mercredi, mais a prévenu qu’elle réduirait « assez vite » ses mesures de soutien à l’économie, selon un communiqué du Comité monétaire.

Le taux interbancaire au jour le jour est maintenu dans la fourchette de 1 % à 1,25 %, a indiqué le Comité monétaire, prenant acte du fait que l’inflation se situe en dessous de sa cible de 2 %.

La banque centrale annonce en tout cas qu’elle va « assez vite » réduire le volume des actifs à son bilan qu’elle avait accumulés pour soutenir la reprise. Cela revient à un tour de vis supplémentaire. Lors de sa précédente réunion en juin, la banque centrale avait seulement indiqué que ce processus de dégonflement de son bilan — qui correspond à un resserrement de la politique monétaire — interviendrait « dans l’année ».

En disant mercredi que cette démarche peut démarrer bientôt, elle prépare les marchés à une normalisation progressive. La Fed n’exclut donc pas d’entamer le processus dès sa prochaine réunion des 19 et 20 septembre « si l’économie évolue comme prévu ». La Fed peut encore décaler cette décision à la fin octobre ou à la mi-décembre, mais il ne fait pas de doute que, si l’économie le permet, elle veut enclencher ce processus de normalisation avant la fin du mandat de Janet Yellen, en février, alors que les interrogations commencent à poindre sur sa succession.

Il s’agit, en cessant de réinvestir dans les titres arrivant à maturité, de diminuer le volume de bons du Trésor et de titres obligataires que la banque centrale a amassés après la récession de 2009 pour doper la reprise. La Réserve fédérale a accumulé ainsi un bilan sans précédent de 4500 milliards de dollars.

4500 milliards
Montant en dollars accumulé par la Réserve fédérale

La Fed, prend acte du fait que l’inflation se situe en dessous de 2 %, dit qu’elle va surveiller son évolution de près. La banque centrale continue d’affirmer que la hausse des prix devrait se stabiliser à moyen terme autour de cette cible de 2 % qu’elle juge bonne pour l’économie.

Hormis la faiblesse de l’inflation, la Fed dresse un tableau relativement constant de l’économie. L’activité a progressé modestement et les gains d’emplois ont été solides. Le gouvernement va publier vendredi la première estimation de la croissance du PIB au deuxième trimestre, qui pourrait atteindre 2,5 % en rythme annuel, au lieu de 1,4 % au premier trimestre.

Wall Street galvanisée

Wall Street a terminé à des records mercredi, profitant à la fois de bons résultats d’entreprises — avant ceux de Facebook, très attendus — et du statu quo sur la politique monétaire de la Fed. Le Dow Jones a progressé de 0,5 % et le Nasdaq, de 0,2 %.

Selon les résultats définitifs, l’indice vedette Dow Jones a progressé de 97,58 points à 21 711,01 points et le Nasdaq, à forte coloration technologique, de 10,57 points à 6422,75 points. L’indice élargi S P 500 a avancé de 0,7 point, à 2477,83 points. Les trois indices ont fini à des sommets en clôture.

Si le communiqué de la Fed n’a pas provoqué de grands mouvements sur le marché, cela a pu donner un coup de pouce à Wall Street, une politique monétaire accommodante ayant été un de ses carburants ces dernières années. « Le niveau d’inflation est actuellement trop bas pour justifier une hausse des taux », a avancé Gregori Volokhine de Meeschaert Financial Services.

Facebook

Après la fermeture des marchés, Facebook a fait état d’un bond de 71 % de son bénéfice du deuxième trimestre, le premier réseau social mondial ayant continué de tirer parti d’une envolée de ses revenus publicitaires liés aux appareils mobiles. Sur les trois mois à fin juin, le bénéfice net du groupe s’est établi à 3,89 milliards $US, soit 1,32 $US par action, contre 2,28 milliards (78 ¢US l’action) il y a un an. Le chiffre d’affaires de Facebook a progressé de 44,8 %, à 9,32 milliards. Les revenus publicitaires mobiles ont représenté 87 % des revenus publicitaires totaux du groupe, ces derniers ayant atteint 9,16 milliards.