La Grèce récolte les fruits de ses «très durs sacrifices»

La Grèce, dont le déficit public dépasse depuis plusieurs années la limite des 3,0 % du PIB fixée par les traités, avait été placée sous le coup d'une procédure de déficit excessif en 2009. 
Photo: Eleftherios Elis Agence Frace-Presse La Grèce, dont le déficit public dépasse depuis plusieurs années la limite des 3,0 % du PIB fixée par les traités, avait été placée sous le coup d'une procédure de déficit excessif en 2009. 

En annonçant mercredi la clôture prochaine de la procédure de déficit excessif contre la Grèce, la Commission européenne récompense ses efforts pour réformer son économie. Mais Athènes n’en a pas pour autant fini avec son énorme dette.

« C’est pour ce pays et pour la zone euro tout entière une date importante. […] La Grèce récolte enfin les fruits de ses très durs sacrifices », s’est félicité le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, en conférence de presse.

La Grèce « est maintenant prête » à « tourner la page de l’austérité et à ouvrir un nouveau chapitre de croissance, d’investissement et d’emploi », a-t-il ajouté.

Une procédure de déficit excessif permet à la Commission européenne de mettre sous surveillance les pays qui ne respectent pas les critères de convergence de l’UE. Ils peuvent in fine se voir infliger une amende, ce qui n’est pour l’instant jamais arrivé.

Lourdes réformes

La Grèce, dont le déficit public dépasse depuis plusieurs années et très largement la limite des 3,0 % du PIB fixée par les traités, avait été placée sous le coup de cette procédure en 2009, à un moment où son déficit atteignait 15,1 % du PIB.

Mais elle est parvenue, au prix de lourdes réformes, à dégager en 2016 un excédent budgétaire de 0,7 % du PIB et restera selon Pierre Moscovici « bien en dessous du seuil de 3,0 % en 2017 et 2018 ».

La Commission européenne a donc décidé mercredi de « recommander la clôture » de la procédure aux 28 ministres européens des Finances, qui devraient officiellement la valider après les vacances d’été.

Cette décision, qui était attendue, « confirme que l’économie grecque revient à la normalité européenne » et « rétablit la confiance perdue », a-t-on réagi dans l’entourage du premier ministre grec, Alexis Tsipras.

C’est « un autre signal positif de la stabilité financière et de la reprise économique dans le pays », s’est réjoui le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis.

L’annonce de la Commission intervient un mois à peine après l’accord conclu entre les créanciers de la Grèce — zone euro et Fonds monétaire international (FMI) — en vue de relancer le plan d’aide de 86 milliards d’euros qui lui avait été accordé en juillet 2015.

Ce plan, qui court jusqu’en août 2018, doit permettre à la Grèce de faire face (du moins en partie) à sa dette colossale, qui atteint toujours près de 180 % de son PIB.

Après des tractations de plusieurs mois, une nouvelle tranche de prêts de 8,5 milliards d’euros a pu être débloquée. Elle servira surtout à rembourser des obligations arrivant à échéance à la mi-juillet.

Mais le gouvernement de gauche d’Alexis Tsipras n’a pas obtenu la restructuration de la dette qu’il réclamait, la discussion sur le sujet ayant été renvoyée à la fin du programme actuel.

« L’accès de la Grèce aux marchés est l’étape que chacun attend » désormais, a souligné Pierre Moscovici, qui doit se rendre à Athènes le 25 juillet pour « évoquer la fin du programme » avec les autorités grecques.

1 commentaire
  • Mario Jodoin - Abonné 13 juillet 2017 15 h 13

    Des fruits? Quels fruits?

    Le titre de cet article reproduit en fait l'affirmation idéologique de Pierre Moscovici («La Grèce récolte enfin les fruits de ses très durs sacrifices»). Mais, quels sont ces fruits? Son taux de chômage est toujours catastrophique, surtout pour les jeunes qui sont nombreux à avoir quitté le pays, son PIB est toujours environ 40 % plus bas qu'il y a dix ans et j'en passe... Non, en fait, la population de ce pays subit encore durement la folie des exigences de la Troïka.