L’électricité a surpassé le pétrole et le gaz pour la 1re fois en 2016

Le secteur de l’électricité a connu une hausse de 6% entre 2014 et 2016, pour représenter 43% des investissements en énergie sur la planète.
Photo: Darren CaLabrese La Presse canadienne Le secteur de l’électricité a connu une hausse de 6% entre 2014 et 2016, pour représenter 43% des investissements en énergie sur la planète.

Pour la première fois de l’histoire, les investissements dans le secteur de l’électricité effectués en 2016 à travers le monde ont surpassé ceux des secteurs du pétrole, du gaz et du charbon réunis, indique le plus récent bilan annuel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dévoilé mardi.

L’an dernier, les investissements dans le secteur de l’électricité, qui inclut à la fois la production d’énergie thermique, les réseaux électriques et les énergies renouvelables, ont atteint 717 milliards de dollars américains, alors que le pétrole, le gaz et le charbon ont attiré 708 milliards $US.

Cette nouvelle donne est en grande partie due à la Chine, de loin le plus important investisseur en énergie au monde, qui a abaissé de 25 % les sommes consacrées au secteur du charbon en 2016, pour accorder plus d’importance à la production d’énergie propre et à l’efficacité énergétique.

Les États-Unis, deuxième investisseur en importance, ont également vu les investissements dans le pétrole et le gaz reculer drastiquement l’an dernier en raison de la chute des prix.

Décisions « intelligentes »

Le secteur de l’électricité a connu une hausse de 6 % entre 2014 et 2016, pour représenter 43 % des investissements en énergie sur la planète. Au même moment, les montants investis dans le pétrole et le gaz ont reculé de 38 %, permettant tout de même à ce secteur de conserver près de 40 % des investissements totaux en énergie.

« Notre analyse démontre que les décisions d’investissement intelligentes sont plus importantes que jamais pour assurer la sécurité énergétique et atteindre les objectifs environnementaux », a déclaré le directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol.

Dans les faits, les investissements dans le secteur de l’électricité sont demeurés stables entre 2015 et 2016, la hausse des sommes consacrées aux réseaux électriques compensant en bonne partie la baisse des investissements dans la production.

Première place éphémère ?

L’électricité a peut-être détrôné le pétrole et le gaz en 2016, mais elle pourrait devoir céder sa première place dès l’an prochain, laisse entendre l’Agence internationale de l’énergie.

« Après deux ans de déclin sans précédent, les investissements dans l’extraction du pétrole et du gaz devraient se stabiliser en 2017. Cela dit, le redressement des dépenses dans le pétrole et le gaz de schiste américain contraste avec la stagnation dans le reste du monde, ce qui permet d’entrevoir un marché du pétrole à deux vitesses », souligne l’agence.

Les investissements dans le pétrole et le gaz ont plongé de 44 % entre 2014 et 2016. En 2017, l’AIE prévoit que le secteur du pétrole et du gaz de schiste américain connaîtra une forte hausse des investissements (+53 %), mais que les montants alloués augmenteront plus faiblement en Russie (+6 %) et au Moyen-Orient (+4 %), ou diminueront carrément ailleurs dans le monde, comme en Amérique latine (-4 %) ou en Afrique (-9 %).

Tendance à la baisse

De manière générale, les investissements en énergie sur la planète ont diminué de 12 % en 2016 par rapport à 2015, ce qui constitue un recul pour une deuxième année consécutive. Ils ont atteint 1700 milliards de dollars américains, soit 2,2 % du PIB mondial.

« La diminution de 18 % des investissements en énergie à travers le monde depuis 2014 n’a pas encore soulevé d’inquiétudes majeures concernant l’approvisionnement en énergie à court terme, mais ce recul pourrait éventuellement causer problème », note le bilan annuel de l’AIE.

« Pendant que l’industrie du pétrole et du gaz se concentre sur des projets à court terme, les décideurs publics doivent garder en tête l’enjeu de l’approvisionnement à long terme. Même avec des objectifs ambitieux de lutte contre les changements climatiques, les investissements dans le pétrole et le gaz devront sortir de leur marasme actuel, a soutenu M. Birol. La bonne nouvelle, c’est qu’en dépit des bas prix de l’énergie, les dépenses en efficacité énergétique augmentent. »

En 2016, ces investissements permettant d’économiser de l’énergie se sont chiffrés à 232 milliards $US. La plus large part (133 milliards $US) est allée au secteur du bâtiment.


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Somme en milliards investie dans le secteur de l’électricité

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