La France promet la fin de la vente des voitures diesel et essence d’ici 2040

Le marché des voitures propres reste pour l’instant minoritaire en Europe occidentale, où plus de 95 % des nouveaux véhicules enregistrés en 2016 roulaient soit au diesel, soit à l'essence. 
Photo: Philippe Huguen Agence France-Presse Le marché des voitures propres reste pour l’instant minoritaire en Europe occidentale, où plus de 95 % des nouveaux véhicules enregistrés en 2016 roulaient soit au diesel, soit à l'essence. 

La France compte mettre fin aux ventes de voiture diesel ou essence sur son marché d’ici 2040, dans le cadre d’un ambitieux « plan climat » destiné à limiter les émissions de gaz à effet de serre dans le pays, a annoncé jeudi le ministre de l’Écologie, Nicolas Hulot, en phase avec les ambitions affichées par d’autres pays européens, comme la Norvège et les Pays-Bas.

Le « plan climat » qui a été présenté jeudi correspond aux promesses faites début juin par le président français, Emmanuel Macron, soucieux d’adopter une position offensive en matière environnementale après le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris. Objectif global affiché jeudi : faire de la France un pays « neutre » en carbone à l’horizon 2050, un projet plus ambitieux que celui qui prévalait jusqu’ici.

En ce qui concerne les voitures, Nicolas Hulot a reconnu que l’objectif du gouvernement français était « lourd », notamment pour les constructeurs automobiles. Dans un pays qui compte deux grands groupes automobiles, PSA et Renault, et où les voitures électriques ou hybrides sont encore rares, « c’est une véritable révolution », a-t-il admis. Mais « les conditions sont là. Nos propres constructeurs ont dans leurs cartons de quoi alimenter et incarner cette promesse […] qui est aussi un programme de santé publique ».

La France est le premier producteur de voitures électriques vendues en Europe, le modèle Zoe de Renault caracolant en tête des ventes sur ce segment prometteur.

Le constructeur suédois Volvo a annoncé mercredi qu’il ne lancerait plus que des modèles électriques ou hybrides à compter de 2019, promettant la « fin historique » des véhicules équipés d’un seul moteur à combustion.

Mais le marché des voitures propres (électriques ou hybrides) reste pour l’instant minoritaire en Europe occidentale, où plus de 95 % des nouveaux véhicules enregistrés en 2016 roulaient soit au diesel (49,5 %) soit à l’essence (45,8 %), selon l’Association des constructeurs européens d’automobiles.

En Europe, les Pays-Bas et la Norvège affichent des ambitions proches de celles annoncées jeudi par la France. La Norvège veut voir cesser dès 2025 les ventes de nouvelles voitures équipées seulement d’un moteur à combustion, soit 15 ans avant la France. D’autres pays européens, comme la Pologne, cherchent à faire progresser le nombre de voitures zéro émission : dans ce pays où le diesel est encore très populaire, le gouvernement a récemment adopté un plan prévoyant un million de voitures électriques en circulation en 2025.

2 commentaires
  • Jean Richard - Abonné 7 juillet 2017 10 h 36

    Des voitures nucléaires

    Est-il nécessaire de rappeler que la production d'électricité en France vient de sources non renouvelables, doublées d'un fort potentiel de destruction environnementale.

    Le nucléaire vient largement en tête, avec 77 % de la production totale, une proportion qui a augmenté au cours des dernières années, et le thermique en est encore à 5 %. La France fait donc un beau clin d'œil à son industrie automobile et surtout, à son industrie nucléaire.

    Mais on n'a pas besoin d'aller aussi loin pour trouver des voitures nucléaires. Notre voisine, l'Ontario, de qui nous achetons à l'occasion de l'électricité, doit environ 56 % de son électricité au nucléaire. Alors, même si on ferme Gentilly, nous pourrons éventuellement rouler au nucléaire au Québec. C'est de l'énergie non renouvelable mais très propre, très propre aussi longtemps qu'il n'y a pas de défaillances, et les centrales nucléaires ne sont pas à l'abri des défaillances.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 7 juillet 2017 13 h 37

      Pour ainsi dire tout les pays s'accordent pour dire que la menace no.1 est le réchauffement climatique, et non pas la menace de l'utilisation du nucléaire au service d'activité civil.

      Mais plus encore, pour les pays qui n'ont pas d'opportunité de ressources hydrauliques comme ici, la venue de l'automobile électrique va entrainer l'expansion du solaire photovoltaïque par le développement poussé des accumulateurs qui sont lui sont un complément presque parfait.