Les inscriptions en Bourse ont repris vie

L’émission d’actions effectuée par Kinder Morgan Canada trône au sommet du classement. Cet appel vise à financer l’expansion de l’oléoduc Trans Mountain.
Photo: Megan Farmer Associated Press L’émission d’actions effectuée par Kinder Morgan Canada trône au sommet du classement. Cet appel vise à financer l’expansion de l’oléoduc Trans Mountain.

Après une année 2016 où les marchés canadiens n’ont vu aucun appel public à l’épargne de la part des entreprises, celles-ci se finançant par d’autres moyens, l’activité a nettement repris en 2017, selon les données les plus récentes colligées par PricewaterhouseCoopers (PwC).

Les sociétés cherchant à récolter des capitaux pour financer leurs projets ont réussi à attirer 2,9 milliards depuis le début de l’année, dont 80 % au cours du deuxième trimestre seulement. Au total cette année, 16 entreprises se sont inscrites en Bourse.

Sans surprise, l’émission d’actions effectuée par Kinder Morgan Canada, qui a permis d’amasser 1,7 milliard à la Bourse de Toronto, trône au sommet du classement. Cet appel public, le plus gros en deux ans pour le secteur de l’énergie, vise à financer l’expansion de son oléoduc Trans Mountain, un projet controversé qui chevauche l’Alberta et la Colombie-Britannique et qui a été approuvé par Ottawa en 2016.

Suivent les appels publics à l’épargne de compagnies comme Source Energy (175 millions, fournisseur de sable de fracturation), Real Matters (156 millions, technologie financière dans le secteur hypothécaire et de l’assurance), STEP Energy Service (100 millions, services pétroliers) et MedReleaf (100 millions, producteur de cannabis médical).

2,9 milliards
C’est le montant qu’ont réussi à attirer les sociétés cherchant à récolter des capitaux pour financer leurs projets depuis le début de l’année, dont 80 % au cours du deuxième trimestre seulement

Les entreprises semblent désormais attendre de plus en plus au dernier moment pour indiquer leur intention de se lancer en Bourse, selon PwC, même si l’appétit des investisseurs n’est pas plus faible qu’auparavant. Tout compte fait, « moins de joueurs que prévu » sont passés à l’acte. « Cette situation est peut-être due au fait que les sociétés cachent leur jeu », a indiqué Dean Braunsteiner, responsable du groupe des appels publics à l’épargne au sein de la firme-conseil. « Auparavant, les sociétés indiquaient leur intention d’entrer en Bourse des mois, si ce n’est des années, à l’avance. Aujourd’hui, les sociétés de grande envergure envisagent un PAPE [Premier appel public à l’épargne], mais laissent tout de même la porte ouverte à d’autres moyens de financement jusqu’à la dernière minute. »

La performance en Bourse une fois les actions émises est une autre histoire, cependant. Le jour de l’émission de Kinder Morgan, l’action a fait ses débuts à 17 $, mais a immédiatement plongé en raison de la tempête politique en Colombie-Britannique. La formation d’un gouvernement de coalition hostile à Trans Mountain a semblé dissuader les investisseurs. Mardi, l’action a terminé la journée à 15,86 $.

Quant à MedReleaf, son émission de 100 millions constitue le plus gros appel public à l’épargne pour un producteur de cannabis en Amérique du Nord. Mais son titre a périclité de 22 % lors de sa première journée à la Bourse de Toronto. Le roi du secteur, du moins en matière de valeur boursière, est Canopy Growth, à 1,34 milliard. Les deux se négocient dans la même fourchette, à un peu plus de 8 $, mais Canopy a beaucoup plus d’actions en circulation.