Les États-Unis devront baisser le ton en renégociant l’ALENA 

L’aluminium est un des produits, avec l’acier, dont les importations font l’objet d’une enquête aux États-Unis.
Photo: Daniel R. Patmore Associated Press L’aluminium est un des produits, avec l’acier, dont les importations font l’objet d’une enquête aux États-Unis.

Grands bénéficiaires de l’ALENA, les États-Unis ont beaucoup à perdre à emprunter la ligne dure dans la renégociation avec leurs partenaires de l’accord commercial. L’agence Moody’s constate, d’ailleurs, un changement de ton de Washington depuis le début de l’année, en rappelant toutefois que les forces protectionnistes demeurent bien ancrées.

Les risques de perturbations majeures du commerce transfrontalier et d’éventuelles représailles américaines ont diminué depuis le début de l’année, estime Moody’s. La taxe aux frontières aussi n’est pas au menu budgétaire. L’agence de notation new-yorkaise n’atténue toutefois pas les menaces d’imposition de barrières tarifaires et non tarifaires sur des produits et aux industries précises. Elle rappelle le conflit sur le bois d’oeuvre et les enquêtes menées sur l’acier et l’aluminium.

Pour la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain, Elena Duggar, directrice générale associée chez Moody’s, croit que Washington mettra essentiellement l’accent sur une modification des règles en matière de contenu américain et du mécanisme de règlement des différends. Des éléments pourraient également être puisés à même le Partenariat Transpacifique, concernant notamment la protection de l’environnement et la sécurité de la main-d’oeuvre.

L’étude de Moody’s porte sur les liens commerciaux unissant les États-Unis au Mexique. Pour le Canada, il est déjà reconnu que les données officielles font généralement ressortir un excédent américain, hors énergie, dans les échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis. Aussi, 70 % des États américains ont le Canada comme principal client, et 9 millions d’emplois américains dépendent des exportations vers le Canada.

Pris séparément, le Canada est le premier marché de destination pour les États-Unis, accueillant 18 % des exportations américaines, suivi du Mexique, avec 13 %, et de loin derrière la Chine, au troisième rang, avec 8 %. Inversement, la Chine compte pour 21 % des importations américaines, suivie du Mexique (13 %) et du Canada (13 %).

Moody’s reprend également les données du département du Commerce américain indiquant que les emplois américains liés aux exportations vers le Mexique atteignaient 1,2 million en 2015, contre 891 000 en 2010. Le Mexique est le partenaire commercial d’une vingtaine d’États, dont le Texas, l’Arizona, le Michigan et la Louisiane qui ont le Mexique comme principal marché pour leurs exportations.

Moody’s insiste sur l’intégration des chaînes de valeur en Amérique du Nord. Les coûts de production au Mexique représentant entre 1/8 et 1/5 de ceux aux États-Unis, un rapatriement de la production en sol américain se traduira par des coûts de production accrus, par des produits intermédiaires plus dispendieux pour les entreprises et par des prix plus élevés pour les consommateurs américains, écrit l’agence.


 
1 commentaire
  • Clermont Domingue - Abonné 30 juin 2017 09 h 29

    Quelles que soient leurs erreurs...

    En économie, les Américains pourront toujours réparer leurs erreurs. Ils ont le dollar et la F E D pour en créer lorsque nécessaire. Rappelons-nous ce qu'il s'est passé en 2008.

    Mme Yellen ne prévoit pas de crise avant 2028.