L’industrie aéronautique fait la preuve de sa santé éclatante

Au quatrième jour du salon, Boeing avait engrangé 571 commandes et engagements d’achats d’avions commerciaux pour une valeur de 74,8 milliards de dollars.
Photo: Eric Piermont Agence France-Presse Au quatrième jour du salon, Boeing avait engrangé 571 commandes et engagements d’achats d’avions commerciaux pour une valeur de 74,8 milliards de dollars.

L’industrie aéronautique a fait la preuve de sa santé éclatante à l’occasion du salon du Bourget, avec une nouvelle moisson de commandes au profit des avionneurs, mais aussi des motoristes qui profitent de l’engouement des compagnies pour les A320neo et 737 MAX.

Boeing est arrivé loin devant son concurrent européen Airbus, une première depuis 2012. Au quatrième jour du salon, qui clôture la partie commerciale avant l’ouverture au public vendredi, le géant de Seattle avait engrangé 571 commandes et engagements d’achats d’avions commerciaux pour une valeur de 74,8 milliards de dollars.

Airbus a de son côté enregistré, pendant le salon, 326 commandes d’avions pour un montant au prix catalogue de 39,7 milliards de dollars.

Le constructeur européen a concédé sa défaite par la voix de son directeur commercial, John Leahy. « Est-ce que nous reconnaissons que Boeing a vendu quelques avions de plus que nous ? Oui », a-t-il déclaré. « Boeing a fait le show », a confirmé un industriel du secteur sous couvert de l’anonymat.

John Leahy, qui a présenté le bilan d’Airbus avant celui de Boeing et ne disposait pas des dernières annonces de son concurrent américain, a assuré pourtant qu’en matière de commandes nettes, les deux concurrents étaient à égalité. « Nous avons eu 42 % du marché et eux le reste. En matière de commandes fermes, nous avons été à 50-50 », a-t-il déclaré.

« Paris 2017 a été un salon très excitant », s’est félicité Ihssane Mounir, le vice-président des ventes et du marketing de Boeing. « Probablement l’un des plus actifs », a-t-il ajouté.

Voler la vedette

Le géant américain a surtout fait carton plein pour le 737 MAX 10, la version allongée de son moyen-courrier remotorisé et plus économe en carburant, dont le lancement a été annoncé au premier jour du salon. Il doit concurrencer l’A321neo, qui a permis à Airbus de détenir 60 % des parts de marché du moyen-courrier.

« Le MAX 10 a volé la vedette », s’est réjoui Ihssane Mounir. Boeing a engrangé 361 commandes de l’appareil de la part de 16 clients, dont 147 nouvelles commandes, le reste étant des conversions.

John Leahy s’est malgré tout félicité du bilan commercial d’Airbus. « Notre succès commercial cette semaine porte notre carnet de commandes à un nouveau record de plus de 6800 avions », a-t-il souligné.

Le segment des moyen-courriers est le principal bénéficiaire de la vitalité du marché, alors qu’Airbus et Boeing tablent sur un doublement de la flotte d’avions dans le monde d’ici 20 ans. Selon Boeing, le besoin en moyen-courriers d’ici 2036 s’élèvera à 29 530 nouveaux appareils.

Cette demande est portée par la croissance du trafic dans le monde, et notamment les compagnies low-cost, qui exploitent principalement des appareils comme le 737 MAX de Boeing ou l’A320neo d’Airbus.

Ces avions sont des versions remotorisées des monocouloirs des deux avionneurs, qui ont bénéficié d’améliorations avec de nouveaux moteurs qui permettent de réduire d’environ 15 % leur consommation en carburant.

Bombardier satisfaite

Bombardier s’est dite satisfaite du salon aéronautique du Bourget qui vient de se conclure, indiquant dans un communiqué qu’elle a reçu des commandes et engagements de 2 milliards $US. Entre autres, la compagnie a reçu 60 commandes pour ses modèles Q400, et Ilyushin Finance et une compagnie aérienne dont l’identité demeure confidentielle ont signé une entente pour la location de six avions CS300. « Alors que l’élan du succès de la première année en service de la CSeries se poursuit, nous sommes satisfaits que les compagnies aériennes des quatre coins du monde démontrent un intérêt grandissant envers l’avion. Ils reconnaissent la performance de la CSeries et entendent parler de la rétroaction extrêmement positive que nous recevons de la part des passagers et de nos opérateurs de lancement », a affirmé le président de Bombardier Avions commerciaux, Fred Cromer. Le Devoir


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