Accord entre Athènes et ses créanciers sur un versement d’argent frais

Le nouveau déboursement de 8,5 milliards d'euros accordé à la Grèce lui permettra de rembourser plus de 7 milliards d’euros de créances dues en juillet.
Photo: Louisa Gouliamaki Agence France-Presse Le nouveau déboursement de 8,5 milliards d'euros accordé à la Grèce lui permettra de rembourser plus de 7 milliards d’euros de créances dues en juillet.

Après des semaines de désaccords et des retards à répétition, les créanciers de la Grèce, zone euro et FMI, se sont entendus jeudi sur le versement d’argent frais à Athènes, écartant le spectre d’une nouvelle crise.

Les Grecs n’obtiendront pas, dans l’immédiat, les mesures d’allégement de leur dette colossale (179 % du PIB) qu’ils réclament depuis des mois, mais la zone euro leur a apporté des précisions sur ce qui pourrait leur être accordé plus tard. « Je suis heureux d’annoncer que nous avons conclu un accord sur tous les éléments », s’est félicité Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe, qui réunit les ministres des Finances de la zone euro, à l’issue d’une réunion en présence de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.

L’accord conclu jeudi soir, qui ne faisait guère de doute étant donné l’optimisme unanime affiché avant la réunion, constitue un véritable soulagement pour la zone euro. Il permet de relancer enfin le troisième plan d’aide au pays de 86 milliards d’euros, signé en juillet 2015, qui patinait depuis des mois à cause de divergences entre des membres de la zone euro — essentiellement l’Allemagne — et le FMI.

Le nouveau déboursement accordé à la Grèce, qui s’élève à 8,5 milliards d’euros, lui permettra ainsi de rembourser in extremis plus de 7 milliards d’euros de créances dues en juillet, repoussant le risque d’une crise estivale.

Personne n’a dit que c’était la meilleure solution. C’est la deuxième meilleure solution.

Christine Lagarde a immédiatement annoncé son intention de proposer à son institution de participer aux côtés de la zone euro à ce plan d’aide, mettant fin à des mois de désaccords sur cette question. « Nous avons réussi à trouver un accord global qui va permettre à la Grèce de tourner la page d’une période si difficile », s’est réjoui le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici.

Pour parvenir à un compromis, le FMI a accepté de temporiser par rapport à ses exigences : il donne son accord de principe à sa participation au plan d’aide, comme le réclamait l’Allemagne, mais il ne déboursera pas un centime tant que les Européens n’auront pas accordé à la Grèce un allégement de sa dette, qu’il juge insoutenable.

En d’autres termes, le FMI accepte de renvoyer à plus tard les discussions sur la dette grecque, dont Berlin ne veut pas entendre parler avant les élections législatives de septembre, pour permettre ce déboursement à la Grèce.

« Personne ne dit que c’était la meilleure solution », mais « c’est la deuxième meilleure solution », a déclaré Christine Lagarde. « Le programme est approuvé en principe, mais le déboursement n’aura lieu qu’une fois qu’un allégement de la dette aura été complètement déterminé », a-t-elle insisté, précisant que le FMI participerait à hauteur de 2 milliards d’euros.

Mercredi, le premier ministre grec, Alexis Tsipras, avait rappelé que la Grèce avait « mené, au cours des deux dernières années, plus de réformes que l’ensemble des pays européens réunis ». « Nous avons fait ce qui nous incombait et […] nous attendons que nos créanciers en fassent de même […] Qu’ils respectent mon pays », avait-il ajouté.