Québecor se départ d’une licence de sans-fil à Toronto

L’entreprise entend notamment financer l’amélioration de son réseau 4G.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne L’entreprise entend notamment financer l’amélioration de son réseau 4G.

Après avoir renoncé à l’idée de construire son propre réseau sans fil dans le reste du Canada il y a deux ans, Québecor se départ d’une licence de spectre pour le marché torontois au double du prix qu’elle l’avait payée. L’annonce de vendredi réduit davantage la probabilité de voir l’entreprise s’aventurer à l’extérieur du Québec.

Acquise au coût de 96 millions en 2008, lors d’une vente aux enchères d’Industrie Canada qui a permis à Québecor de donner le véritable coup d’envoi à ses activités de sans-fil, la licence a été revendue à Rogers pour la somme de 184 millions. Ce multiple, estime un analyste, signifie que l’ensemble des licences hors Québec de la compagnie pourraient valoir environ 700 millions.

Québecor, qui ne comptait à l’époque que quelques milliers d’abonnés à sa téléphonie sans fil, avait réussi à mettre la main sur 16 autres licences couvrant le Québec et l’est de l’Ontario. La compagnie figurait parmi les nouveaux joueurs pour lesquels le gouvernement Harper, désireux de voir naître un quatrième compétiteur dans toutes les régions du pays, avait mis de côté des blocs de spectre spécifiquement dédiés.

L’entreprise contrôlée par Pierre Karl Péladeau entend utiliser l’argent entre autres pour financer l’amélioration de son réseau québécois 4G et le déploiement de l’éventuel réseau de cinquième génération (5G).

« Ces investissements permettront également d’intensifier la concurrence sur les marchés filaires et sans fil au Québec et dans l’est de l’Ontario », a indiqué Québecor dans un bref communiqué. La direction de l’entreprise n’a pas souhaité faire de plus amples commentaires.

Le reste des licences

« Nous croyons que cette vente est plutôt positive pour Québecor, car elle montre que le spectre détenu à l’extérieur du Québec pourrait être vendu à un prix supérieur à ce que la compagnie a payé »,a écrit vendredi Maher Yaghi, analyste chez Valeurs mobilières Desjardins, dans une note aux clients.

Selon M. Yaghi, les licences que Québecor possède ailleurs au Canada, acquises lors d’enchères subséquentes en 2014 et en 2015, « pourraient être acquises par Shaw ou d’autres titulaires pour 700 millions ». Selon la valeur accordée aux licences, il a évoqué une fourchette se situant entre 450 et 900 millions.

Lors des enchères de 2008 sur les « services sans fil évolués » (SSFE-1), Québecor avait notamment payé 168 millions et 112 millions pour deux licences couvrant le sud du Québec, et 96,6 millions pour une autre couvrant Montréal. Les dépenses totales pour acquérir des licences dans l’ensemble du Québec et dans l’est de l’Ontario s’étaient élevées à 555 millions.

C’est lors des enchères de 2014 que l’entreprise a mis le paquet pour acquérir du spectre dans les autres provinces. Les licences couvraient toutes les régions du Québec de même que le sud de l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique. En 2015, elle était revenue à la charge avec l’achat de spectre couvrant Toronto, Vancouver, Edmonton, Calgary et Pembroke (Ontario).

À la fin de 2015, Québecor a indiqué que la construction d’un réseau pancanadien ne figurait plus dans ses plans. La compagnie attendait alors la publication finale, par le CRTC, des tarifs d’itinérance facturés par les fournisseurs titulaires. « Nous avons maintenant plusieurs options pour maximiser le rendement sur notre investissement en minimisant le risque », a dit en septembre 2015 le directeur des finances de Québecor, Jean-François Pruneau, lors d’une conférence organisée par la Banque CIBC. « Parmi ces options figure le transfert du spectre à un tiers parti pour de l’argent comptant, des actions, ou les deux. La construction d’un nouveau réseau à partir de zéro dans le reste du Canada ne fait pas partie des options envisagées. » Il avait aussi évoqué l’idée d’un partenariat avec Wind Mobile.