Parmalat prévoit se concentrer sur le lait et les jus de fruits

Parmi les marques que le groupe entend conserver, le plan retient deux marques globales — Parmalat (lait) et Santal (jus de fruits) — et certaines marques locales «fortes» — Astro et Lactantia au Canada.
Photo: Agence Reuters Parmi les marques que le groupe entend conserver, le plan retient deux marques globales — Parmalat (lait) et Santal (jus de fruits) — et certaines marques locales «fortes» — Astro et Lactantia au Canada.

Milan — Le groupe agroalimentaire italien Parmalat a fourni hier les grandes lignes de son plan de restructuration, qui prévoit que le groupe se concentre sur les produits laitiers et les jus de fruits et délaisse à terme 90 marques sur un portefeuille actuel de 120.

Ce programme, soumis hier au comité de surveillance du groupe, prévoit de réduire le périmètre de la société pour en faire un «groupe italien» mais toujours «avec une stratégie multinationale».

Le groupe au centre d'un important scandale financier depuis la fin 2003, a été placé en état d'insolvabilité, statut spécial qui le protège de ses créanciers.

Une grande partie de l'ancienne direction du groupe, dont le fondateur et actionnaire de contrôle Calisto Tanzi, est aujourd'hui en prison préventive, sous les accusations principales de trucages de comptes et détournements de fonds. Deux enquêtes principales sont en cours en Italie sur cette affaire, l'une à Parme et l'autre à Milan.

Taille réduite

Le nouveau groupe Parmalat se veut «d'une taille plus réduite», pour être «plus compétitif et efficace» avec une direction plus centralisée, explique dans un communiqué, Parmalat qui depuis la fin 2003 est au centre d'un vaste scandale financier. «L'objectif premier» du plan de redressement est de «créer de la valeur pour les actionnaires», souligne le groupe basé à Collecchio près de Parme.

Un autre but du plan est «d'affirmer Parmalat comme l'un des principaux opérateurs mondiaux dans le secteur des aliments essentiels à haute valeur ajoutée». Le groupe explique ainsi qu'il veut se concentrer principalement dans le lait, les produits laitiers et les jus de fruits. Il est ainsi prévu que le groupe se «focalise» sur 30 marques — dont six qui fournissent 80 % du chiffre d'affaires — contre 120 actuellement exploitées par la société à travers le monde.

Parmi les marques que le groupe entend conserver, le plan retient deux marques globales — Parmalat (lait) et Santal (jus de fruits) — et certaines marques locales «fortes» comme Berna et Lactis en Italie, Clesa et Cacaolat en Espagne, Astro et Lactantia au Canada, Pauls en Australie ou encore La Campina au Venezuela.

Les activités qui ne sont plus considérées comme «centrales» seront l'objet de cessions, indique encore le groupe, qui ne donne toutefois pas d'exemple de marques pouvant être cédées.

Il est parallèlement envisagé de convertir la dette du groupe en actions. Les «modalités de transfert des bénéfices du plan aux créanciers» sont en phase d'étude avancée et seront l'objet de communications ultérieures, indique à ce sujet la société. «En l'état actuel, un échange entre dettes et actions» est retenu comme «efficace» pour les objectifs du plan.

Le groupe espère arriver à une version finale de son plan de relance d'ici les mois de mai ou juin, après une discussion avec les créanciers, les autorités et les syndicats pendant une période qu'il juge durer environ deux mois.

Revenant sur l'état actuel des comptes du groupe, la direction estime à 5,8 milliards d'euros le chiffre d'affaires réalisé pour 2003 contre 6,2 milliards pour 2002 (chiffre tiré de l'audit réalisé en début d'année par le cabinet PriceWaterhouseCoopers) et à 200 millions d'euros l'excédent brut d'exploitation (contre 286 millions en 2002, selon PWC).

L'endettement net atteindrait, selon une évaluation encore préliminaire, 14,2 milliards d'euros, soit un peu moins que les 14,3 milliards calculés par PWC en début d'année dans son audit.

L'objectif financier serait d'arriver d'ici à 2007 à un ratio excédent brut-chiffre d'affaires de 10 % (contre environ 3,5 % pour 2003 selon les chiffres préliminaires fournis hier).

Enrico Bondi a été nommé par le gouvernement à la fin 2003 à la tête de Parmalat avec le titre de «commissaire extraordinaire» dans le but de sauver cette multinationale de la faillite.