Mexique et Canada demandent une renégociation

Chrystia Freeland, lors d’une rencontre à Mexico avec son homologue Luis Videgaray, mardi le 23 mai, à Mexico
Photo: Alfredo Estrella Agence France-Presse Chrystia Freeland, lors d’une rencontre à Mexico avec son homologue Luis Videgaray, mardi le 23 mai, à Mexico

Mexico — Le Canada et le Mexique ont plaidé mardi pour une renégociation tripartite, avec les États-Unis, de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), malgré les différences de situation de chaque partenaire.

Washington a lancé officiellement jeudi dernier le processus de renégociation de cet accord, maintes fois attaqué par le président Donald Trump, mais selon le secrétaire au Commerce américain, Wilbur Ross, la Maison-Blanche n’a pas encore décidé si les discussions se feraient avec chaque pays ou de manière collective.

« L’ALENA est un accord tripartite. Pour le Canada, c’est tout simplement une question de bon sens, l’ALENA doit être modernisé avec l’accord des trois membres », a déclaré la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, lors d’une rencontre à Mexico avec son homologue Luis Videgaray.

Pour le Canada, c'est tout simplement une question de bon sens, l'ALENA doit être modernisé avec l'accord des trois membres

 

Des différends

Mme Freeland a reconnu qu’il existe des conflits bilatéraux avec les États-Unis, notamment sur la question du bois d’oeuvre canadien, auquel Washington applique déjà des taxes d’importation. Le même genre de taxes pourrait bientôt peser sur le sucre mexicain si les deux pays ne trouvent pas d’accord d’ici le 5 juin.

Les différends bilatéraux « ne sont pas nécessairement une partie importante de l’ALENA, mais je veux être très claire sur le fait que, pour parvenir à un [nouvel] accord tripartite, il faut une négociation tripartite », a insisté la ministre canadienne.

Son homologue mexicain a exprimé le même avis : « Toute autre chose serait une occasion perdue, car nous avons une région intégrée et essayer d’avoir trois accords différents au lieu d’un, cela ne peut pas être la manière la plus efficace », a déclaré M. Videgaray.

Mexique, États-Unis et Canada s’apprêtent à renégocier cet accord en vigueur depuis 1994 et vivement critiqué par Donald Trump, selon qui l’ALENA aurait précipité les délocalisations d’emplois vers le Mexique, où le coût de la main-d’oeuvre est bien moins élevé. L’accord a permis, depuis son entrée en vigueur, un bond de plus de 400 % des exportations du Mexique vers les États-Unis, son principal partenaire commercial.