Les exportations ne peuvent redonner un élan aux résultats d’Hydro-Québec

Pour la première fois au cours d’un trimestre, Hydro-Québec a exporté pour plus de 10 TWh.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Pour la première fois au cours d’un trimestre, Hydro-Québec a exporté pour plus de 10 TWh.

Hydro-Québec a vu ses exportations d’électricité atteindre un « sommet historique » au premier trimestre, mais cela n’a pas été suffisant pour redonner un élan à ses résultats.

La société d’État a affiché vendredi un bénéfice net de 1,54 milliard pour la période de trois mois terminée le 31 mars, alors que son chiffre d’affaires est passé de 4,3 milliards à 4,25 milliards.

Pour la première fois au cours d’un trimestre, Hydro-Québec a exporté pour plus de 10 TWh, mais cette augmentation de 2 TWh du volume a été contrebalancée par une diminution des prix sur les marchés à 4,7 ¢ du kilowattheure. « Ce résultat tient compte des stratégies de couverture pour fixer les prix à l’avance, a expliqué vendredi la vice-présidente et chef de la direction financière d’Hydro-Québec, Lise Croteau, au cours d’une conférence téléphonique. Sur le marché, c’était plutôt 4 ¢ le kilowattheure. Nous avons obtenu un excellent résultat compte tenu des conditions de marché. » Au total, les exportations nettes d’hydroélectricité au premier trimestre se sont chiffrées à 471 millions, en recul de 100 millions sur un an.

L’an dernier, la société d’État avait obtenu 7 ¢ du kilowattheure à l’exportation, également grâce à ses stratégies de couverture. Hydro-Québec n’anticipe pas de remontée à court terme des prix, a expliqué Mme Croteau, précisant au passage que personne n’était à l’abri de « chocs de température » qui pourraient tirer les tarifs à la hausse.

La performance de la société d’État a été meilleure au Québec, où ses ventes se sont établies à 3,67 milliards, en progression de 25 millions comparativement au premier trimestre de l’an dernier. « Nous avons été aidés par le mois de mars, où les températures ont été 3 degrés Celsius sous les normales », a souligné Mme Croteau. Cela fait maintenant deux ans que le chiffre d’affaires d’Hydro-Québec fléchit au premier trimestre. Mme Croteau a relativisé ces résultats en rappelant que les hivers 2014 et 2015 avaient été exceptionnellement froids, ce qui avait profité à la société d’État.

Depuis le 1er avril, les tarifs des clients résidentiels d’Hydro-Québec ont grimpé de 0,7 %. Cette décision de la Régie de l’énergie devrait faire grimper de 11 $ la facture annuelle d’une petite maison chauffée à l’électricité.

Grâce à une variation favorable des taux de change, les frais financiers ont été de 617 millions au premier trimestre, en recul de 36 millions. Pour leur part, les investissements ont augmenté de 34 millions pour s’établir à 652 millions, notamment en raison des sommes allouées pour la poursuite du complexe de la Romaine ainsi qu’à l’entretien du réseau de lignes électriques.

Des rebranchements

Par ailleurs, Hydro-Québec s’affaire toujours à rebrancher ses clients qui ont été touchés par les inondations ayant frappé plusieurs régions de la province au cours des dernières semaines. « Il y a des dépenses associées à cela et nous sommes en train de les compiler », a expliqué Mme Croteau, qui n’avait pas encore de données à fournir. Un peu plus de 1000 clients ont été privés d’électricité, et la société d’État a procédé à plus de 500 rebranchements jusqu’à présent.

Cet épisode ne devrait pas peser sur les résultats d’Hydro-Québec au deuxième trimestre, étant donné que la société d’État prévoit toujours d’être assujettie à des pannes et planifie en conséquence, a expliqué sa chef de la direction financière.