Le Nasdaq signe un autre record, grâce à Apple

Le Nasdaq a pris 17,93 points, à 6120,59 points, un niveau jamais vu à la clôture.
Photo: Bryan A. Smith Agence France-Presse Le Nasdaq a pris 17,93 points, à 6120,59 points, un niveau jamais vu à la clôture.

New York — Wall Street n’a guère dégagé de tendance mardi, poursuivant un début de semaine léthargique, mais le Nasdaq est parvenu à signer un nouveau record en prenant 0,3 %, tandis que le Dow Jones a cédé 0,2 %.

Selon les résultats définitifs, l’indice vedette Dow Jones a perdu 36,50 points, à 20 975,78 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, a pris 17,93 points, à 6120,59 points, un niveau jamais vu à la clôture. L’indice élargi S&P 500 a reculé de 2,46 points, soit 0,1 %, à 2396,92 points.

« Comme c’est le secteur de la technologie qui tire la Bourse vers le haut, Apple battant encore des records aujourd’hui, le Nasdaq est en pointe », a souligné Bill Lynch, de Hinsdale Associates.

Après avoir légèrement tangué la semaine précédente devant des résultats jugés en demi-teinte, la marque à la pomme est repartie de l’avant, gagnant 0,6 % mardi, à 153,96 $US, devenant la première entreprise occidentale à dépasser les 800 milliards de dollars de capitalisation, à l’image générale d’un secteur technologique en plein essor ces derniers temps à Wall Street.

Pour le reste, « il n’y a pas eu beaucoup d’actualités aujourd’hui, à un moment où l’on arrive à la fin d’une période de résultats dans l’ensemble très bons », a reconnu M. Lynch.

La bonne tenue des résultats trimestriels d’entreprises est citée par de nombreux analystes pour expliquer l’impression générale de sérénité à Wall Street, les indices commençant à caler autour de niveaux sans précédent. « Les investisseurs ne s’inquiètent d’à peu près rien », a résumé Peter Cardillo, économiste en chef chez First Standard Financial. « Donc, la volatilité est absente du marché. »

Signe de ce calme absolu, l’indice VIX, témoin de la volatilité des marchés américains, a entamé la semaine au plus bas depuis 1993. « La volatilité est si basse qu’il n’y a plus de vrai mouvement dans un sens ou l’autre, a conclu M. Lynch. Il nous faut un nouveau moteur, et je ne sais pas trop ce que ça sera. »

Le marché obligataire hésitait. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans s’affichait à 2,394 %, contre 2,388 %, lundi soir, et celui des bons à 30 ans à 3,021 %, contre 3,026 %.

À Toronto, le S&P/TSX a clôturé en baisse mardi, plombée par les titres des entreprises des secteurs de l’énergie et de la finance, tandis que les actions de Home Capital Group et de Valeant Pharmaceuticals bondissaient. L’indice composé a retraité de 82,88 points à 15 569,20 points.

L’action du prêteur hypothécaire Home Capital a gagné plus de 29 % après que l’entreprise eut annoncé qu’une tierce partie indépendante avait montré de l’intérêt pour racheter jusqu’à 1,5 milliard de dollars de ses actifs hypothécaires. Pour sa part, le titre de Valeant a avancé de 24 % après que la société pharmaceutique eut affiché son premier bénéfice en six trimestres et révisé à la hausse ses prévisions pour l’exercice.

De son côté, le dollar canadien a glissé de 13 centièmes pour s’établir au cours moyen de 72,84 ¢US. À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a perdu 55 ¢US, à 45,88 $US le baril, tandis que celui du lingot d’or a perdu 11 $US, à 1216,10 $US l’once.

Morosité pétrolière

Les cours du pétrole ont ainsi terminé en baisse mardi, la reprise apparente de la production libyenne venant renforcer la morosité du marché. « Le marché est sous pression avec l’accroissement de la production libyenne », a mis en avant Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.

La Libye, en proie à une guerre civile, cherche à faire repartir ses extractions et avait de ce fait été exemptée de réduire sa production par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). La production a grimpé en flèche depuis avril et atteint son plus haut niveau en deux ans, selon les déclarations d’un dirigeant de la compagnie nationale, rapportées par l’agence Bloomberg.

Cette nouvelle survient au moment où l’OPEP et la Russie cherchent à convaincre de leur détermination à rééquilibrer un marché souffrant d’un excès d’offre, y compris en prolongeant au-delà du premier semestre 2017 les limites de production qu’elles se sont imposées. « Les Saoudiens et la Russie parlent de prolonger leurs réductions jusqu’en 2018, ce que le marché traduit par le fait que l’on sera probablement en situation de surabondance de l’offre plus longtemps qu’on ne le pensait », a estimé Andy Lipow.

Les efforts de ces pays se sont heurtés à une reprise de la production américaine, les compagnies n’ayant pas à respecter de quotas de production aux États-Unis, un phénomène qui s’est notamment traduit par des stocks qui sont restés élevés.

L’agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) a annoncé mardi avoir relevé de 70 000 barils par jour sa prévision de croissance de la demande mondiale de pétrole pour 2017, la voyant désormais augmenter de 1,56 million de barils d’une année sur l’autre. Dans son rapport mensuel, l’EIA laisse inchangée sa prévision de hausse de la demande pour 2018.

L’agence a également revu à la hausse sa projection en matière de production de brut américaine, la voyant désormais augmenter cette année de 440 000 barils par jour, à 9,31 millions, contre une précédente prévision d’une hausse de 350 000 barils.