Trois initiatives, trois modèles

Les projets de bladodiffusion doivent bien souvent s'associer à des entreprises privées pour trouver du financement.
Photo: iStock Les projets de bladodiffusion doivent bien souvent s'associer à des entreprises privées pour trouver du financement.

Dans l’univers québécois de la baladodiffusion, il n’existe pas qu’une voie menant à la rentabilité. Gros plan sur trois approches qui pourraient en inspirer d’autres.

Magnéto: des subventions et des contrats

En tant qu’organisme à but non lucratif qui favorise la création radiophonique, Magnéto peut obtenir du financement public. L’entreprise espère compter sur les dons des auditeurs et sur une forme d’abonnement qu’elle veut mettre sur pied. Mais par-dessus tout, elle s’appuie sur les contrats conclus avec différents organismes pour produire du contenu.

La jeune entreprise d’économie sociale vient justement de signer son plus gros contrat du genre avec le Chantier de l’économie sociale, qui voulait présenter des exemples de projets réussis. La série documentaire devrait être diffusée à l’automne.

« C’est vraiment une pizza de différentes sources de revenus. C’est possible dans notre cas parce qu’on est dans la baladodiffusion de création », résume Zoé Gagnon-Paquin, la cofondatrice de Magnéto.

Radio Talbot: des adeptes et de la pub 


Après avoir passé seize ans à la barre de l’émission télévisée M. Net, consacrée à l’univers de la techno et du jeu vidéo, Denis Talbot a fait le saut sur Internet, par le biais de la baladodiffusion et de la vidéo.

« Quand je me suis fait mettre dehors en 2014, j’ai décidé de me monter un studio chez moi, raconte-t-il. J’ai amené avec moi un bon groupe de fans. »

Profitant de ce bassin d’adeptes, il réussit à attirer plusieurs centaines d’auditeurs lors des diffusions en direct, en plus de ceux qui écoutent les émissions en différé. Ses balados sont écoutés par des Québécois, mais aussi par des fans de différents pays francophones.

L’animateur touche des redevances grâce aux visionnements de son émission sur Twitch, il recueille des dons et il accepte de faire du placement publicitaire.

« C’est le début de quelque chose, dit-il. Je me donne cinq ans pour commencer à vivre exclusivement de ça. »

Urbania: créer des alliances 

D’abord reconnu pour son magazine, Urbania multiplie depuis quelques années les alliances avec différents partenaires pour créer du contenu Web commandité. L’an dernier, le média montréalais a par exemple choisi de s’allier à Desjardins pour produire la série de balados Histoires d’affaires, qui présente des entrepreneurs inspirants.

« On a la volonté d’inventer le média de demain, et c’est certain qu’en matière de ressources financières, le contenu de marque est une avenue royale, dans le sens où tout le monde est gagnant », soutient Romain Gabriel, qui est directeur des ventes et du développement chez Urbania.

Selon lui, ces partenariats offrent au magazine les moyens de produire du contenu de qualité qui plaît aux auditeurs et qui met en valeur les annonceurs.

 

« Quand on fait du contenu commandité, on veut garder carte blanche, mais l’annonceur a quand même un droit de regard. » La règle d’or, précise-t-il, est d’être transparent sur la nature du partenariat et de ne pas diffuser du contenu qui ne correspond pas aux standards d’Urbania.

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