Lessard rencontrera la Caisse de dépôt

Le ministre Laurent Lessard dit se poser des questions sur le modèle des rendements de Pangea.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre Laurent Lessard dit se poser des questions sur le modèle des rendements de Pangea.

Le ministre de l’Agriculture, Laurent Lessard, rencontrera la Caisse de dépôt et placement du Québec dans les prochains jours pour discuter de son investissement de 10 millions de dollars dans Pangea et fera subir au modèle d’affaires de l’entreprise un examen.

Comme le rapportait jeudi le journal La Terre de chez nous, M. Lessard a fait savoir mercredi soir qu’il s’entretiendra avec les responsables de la Caisse pour mieux comprendre le modèle de Pangea.

« Tout le monde est d’accord au Québec, on n’a pas bâti sept ou huit générations de producteurs agricoles sans être propriétaire de sa terre », a-t-il expliqué dans le cadre de l’étude des crédits de son ministère, en réponse aux questions du porte-parole du Parti québécois en matière d’agriculture, André Villeneuve.

Le ministre dit constater que Pangea soutient des entreprises familiales et permet aux agriculteurs de demeurer propriétaires des terres qu’ils détiennent. « Mais dans le modèle des rendements, je me pose des questions », a-t-il souligné.

« Si le rendement est basé sur la spéculation [des terres agricoles], ça ne correspond pas au modèle québécois », a-t-il ajouté.

« Bloquer la route »

La « mise en examen » du modèle d’affaires de Pangea devrait permettre d’offrir une réponse à cette question. « Si ça ne correspond pas aux objectifs du Québec, ce n’est pas un modèle qu’on va favoriser. On pourra essayer de voir comment on pourra bloquer la route à ces éléments-là », a-t-il affirmé.

Il y a deux semaines, Le Devoir révélait que la Caisse et le Fonds de solidarité FTQ étaient sur le point d’investir 10 millions de dollars chacun dans Pangea. Cette entreprise active depuis 2012 achète des terres et s’associe ensuite à des agriculteurs pour assurer la production de grandes cultures céréalières, en partageant ensuite les revenus des opérations agricoles.

L’Union des producteurs agricoles (UPA) a aussitôt dénoncé le fait que « l’argent des Québécois » serve à concurrencer les agriculteurs de la province. Elle est revenue à la charge cette semaine lors d’une conférence de presse, accusant à nouveau Pangea de faire grimper le prix des terres agricoles.

De son côté, Pangea fait valoir que son modèle soutient des agriculteurs en région et que son but n’est pas de revendre les terres qu’elle achète, puisqu’elle tire ses revenus des opérations agricoles.

1 commentaire
  • Denis Paquette - Abonné 6 mai 2017 19 h 12

    acheter des terres c'est acheter un pays , c'est tellementvrai que que dans certains pays,tu ne peux pas acheter des terres

    pourquoi ne disons nous pas que les terres selon la banque mondiale quoique l'on fasse sont classées de classe A et servent de garantie pour tout les autres biens, et qu'ils prennent une plus value contante, voila l'objectif de nos spéculateurs, mais ils se gardent bien de ne pas nous le dire dans tous les pays du monde investir dans des terres ce n'est plus acheter des terres mais acheter une part d'un pays, voila les vraiesenjeux, les banques connaissent bien cette approche, meme si c'est sur cinquante ans, n'ont ils pas achetés toutes les terres limitrophes des villes il y a cinquante, je ne vous expliquerai pas ici quels en fut les conséquences