La Caisse crée un nouveau fonds de 125 millions

Cet appui au secteur agroalimentaire passera par des investissements directs au bénéfice d’agriculteurs, de PME et de projets ciblés.
Photo: iStock Cet appui au secteur agroalimentaire passera par des investissements directs au bénéfice d’agriculteurs, de PME et de projets ciblés.

La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) a annoncé lundi la création d’un fonds de 125 millions de dollars pour soutenir le secteur agroalimentaire québécois, lequel comprend l’investissement de 10 millions dans l’entreprise Pangea.

La mise en place du Fonds agroalimentaire CDPQ permettra d’investir à la fois dans la production, la transformation, la distribution et la commercialisation, soutient la Caisse.

Cet appui au secteur agroalimentaire passera par des investissements directs au bénéfice d’agriculteurs, de PME et de projets ciblés, ou encore par l’entremise de fonds avec des partenaires des secteurs visés. Les sommes investies varieront entre 1 et 30 millions de dollars.

Nouvelle stratégie

« La Caisse envisage d’appuyer, tout comme nous l’avons fait dans d’autres secteurs d’activité et à l’aide d’une gamme d’outils variés, des projets porteurs pour tous les intervenants du secteur agroalimentaire au Québec », a déclaré par voie de communiqué le premier vice-président, Québec, de la Caisse de dépôt, Christian Dubé.

Le Fonds agroalimentaire CDPQ s’inscrit dans une nouvelle stratégie de la Caisse visant le secteur agroalimentaire. Cette dernière a pour but d’appuyer la relève agricole, le modèle d’exploitation familial, la transition technologique, ainsi que la croissance et l’expansion des activités des entreprises à l’échelle régionale et internationale.

Appui à Pangea

Ce nouveau fonds n’est pas associé à un échéancier précis. Le porte-parole de la Caisse, Maxime Chagnon, précise que sa durée et le montant des sommes en jeu pourraient varier selon les besoins et les occasions qui se présentent. M. Chagnon confirme par ailleurs que le fonds de 125 millions comprend les 10 millions que la Caisse investira dans l’entreprise Pangea.

Le Devoir révélait vendredi dernier que cette entreprise agricole qui achète des terres agricoles et qui s’associe à des agriculteurs pour les exploiter vient de conclure une ronde de financement de 50 millions de dollars pour lancer deux nouveaux projets au Québec. La Caisse et le Fonds de solidarité FTQ investiront chacun 10 millions, tandis que les 30 millions restants proviendront de partenaires privés.

 

Pas d’annonce publique pour Pangea

L’investissement de la Caisse de dépôt et du Fonds de solidarité FTQ dans la controversée entreprise Pangea aura bel et bien lieu, mais il ne fera pas l’objet d’une annonce publique. Jeudi dernier, Pangea avait indiqué au Devoir qu’un communiqué officialisant la nouvelle serait publié vendredi. L’entreprise a changé de plan de match depuis et a fait savoir lundi qu’aucun communiqué ne serait diffusé. « On a jugé que tout avait été dit dans [l’]article », a affirmé sa porte-parole, Marie-Christine Ethier. La Caisse et le Fonds FTQ ont également indiqué lundi que l’investissement est confirmé, mais qu’il ne fera pas l’objet d’un communiqué.

Étouffer l’affaire

Après avoir vivement dénoncé le fait que l’« argent des Québécois » sert à financer une entreprise dont il critique le modèle d’affaires depuis des années, le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau, a accueilli l’annonce de la Caisse avec scepticisme.

« La Caisse de dépôt vient de lancer ça aujourd’hui pour étouffer l’affaire Pangea, j’en suis à peu près certain », lance-t-il.

« Le fait que la Caisse ait de l’intérêt pour investir en agriculture, on ne peut pas dire que c’est une mauvaise nouvelle, admet M. Groleau. Mais la façon avec laquelle ça va se réaliser me laisse perplexe. »

Le président de l’UPA fait remarquer que le ministère de l’Agriculture, Investissement Québec et la Financière agricole investissent déjà en agriculture. « Je ne sais pas si tout ça est coordonné quelque part », dit-il.
 

4 commentaires
  • Lise Gauvreau - Abonnée 25 avril 2017 08 h 24

    Sceptique

    Je comprends le scepticisme de Monsieur Groleau. J'espère que l'UPA suivra de près les activités de ce fonds et nous en informera.

  • Raynald Rouette - Abonné 25 avril 2017 08 h 47

    Spéculation signifie Dépossession


    Voilà le véritable objectif des spéculateurs de tous acabits!

    Déposséder les Québécois de leurs richessess naturelles, de leurs terres agricoles ou pour l'exploitation du gaz et du pétrole et des mines etc.

    Sans compter les riverains de lacs ou rivières qui par l'augmentation des taxes foncières causée par la spéculation, sont acculés à vendre ce qu'ils ont mis une vie entière à construire ou encore obligés de se départir d'un héritage familial.

    Voilà ce que notre système économique et nos gouvernements à la solde du capitalisme tel qu'ont connaient permet de faire. Beaucoup d'hypocrisie de la part des libéraux et de la CDPQ!

  • Robert Beauchamp - Abonné 25 avril 2017 09 h 23

    Des pinottes

    Plus que des dizaines de milliers d'emplois en agriculture qui ne seront jamais délocalisés, c.a.d. et énormément plus que Bombardier. Alors comparons les investissements. De plus la Caisse intervient après la grogne du monde agricole alors qu'elle investissait en surprise dans Pangéa sans prévenir.

  • Louis Gérard Guillotte - Abonné 25 avril 2017 15 h 39

    Seraient-ils des sans dessins...à ce point?

    Je ne peux pas concevoir qu'à la Caisse,tout comme à la FTQ,qu'il n'y est pas d'intelli-
    gences parmi tout ce beau monde qui ne soient pas pleinement conscientes du noeud
    gordien qui étouffe à petit feu la viabilité de notre Paradis terrestre!

    Si j'étais d'eux,j'aurais un fun noir à mettre ma créativité et mon énergie au service
    de cette noble cause et mission écologique consistant à ne pas être dupe du court-
    terme financier;si j'étais d'eux,je me ferais devoir de fédérer mon entourage à une
    pleine conscience désinteressée et militante pour,par exemple,m'assurer que chacun
    d'eux ait eu connaissance du documentaire "Demain",justement et lucidement
    consacré à ce noeud gordien existentiel.