TC Transcontinental se déleste de ses actifs dans les Maritimes

L’imprimeur et éditeur québécois a cédé son portefeuille de titres à SaltWire Network, la société-mère du quotidien «The Chronicle Herald», dont les employés sont en grève depuis plus d’un an.
Photo: Darren Calabrese La Presse canadienne L’imprimeur et éditeur québécois a cédé son portefeuille de titres à SaltWire Network, la société-mère du quotidien «The Chronicle Herald», dont les employés sont en grève depuis plus d’un an.

Le secteur médiatique de TC Transcontinental a continué de rétrécir jeudi après que l’entreprise eut vendu 28 publications et quatre usines d’impression dans les Maritimes pour un montant qui n’a pas été dévoilé.

L’imprimeur et éditeur québécois a cédé son portefeuille de titres à SaltWire Network, la société mère du quotidien The Chronicle Herald, dont les employés sont en grève depuis plus d’un an. Cette vente concerne au total quelque 950 employés, les quatre usines et les 28 marques et propriétés Web — qui généraient des revenus annuels de 66 millions — au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, à Terre-Neuve-et-Labrador ainsi qu’à l’Île-du-Prince-Édouard. Le Charlottetown Guardian, le St. John’s Telegram ainsi que le Cape Breton Post font partie de la vente. L’an dernier, Transcontinental avait quitté la Saskatchewan en vendant ses propriétés médiatiques.

« C’est SaltWire qui, il y a quelques mois, nous a fait part de son intérêt, a expliqué la directrice des communications externes de Transcontinental, Katherine Chartrand. Ces journaux étaient rentables. »

Peu de croissance en vue

Au terme de cette transaction, le portefeuille de Transcontinental fléchira à quelque 100 titres et l’empreinte médiatique de la société se limitera principalement au Québec. Elle possède toujours un hebdomadaire à Cornwall, en Ontario, en plus de détenir une participation minoritaire dans le quotidien Metro de Halifax. Quant à l’effectif du réseau des journaux régionaux de l’entreprise, il s’établira à environ 1000 salariés, comparativement à environ 1500 à la fin de 2016. « Pour nous, c’est un secteur qui présente peu de perspectives de croissance, mais nous poursuivons nos activités d’exploitation », a répondu Mme Chartrand lorsque questionnée sur l’avenir des journaux régionaux québécois de Transcontinental.

La porte-parole de l’entreprise a affirmé que ces publications n’étaient pas à vendre, mais que le portefeuille de titres était évalué sur une base régulière et que toute offre d’achat serait considérée, « comme c’est le cas dans tous les autres secteurs » de l’entreprise. Dans le passé, le président et chef de la direction de Transcontinental, François Olivier, avait affirmé que le secteur des médias n’était pas essentiel à la stratégie de l’entreprise, qui mise de plus en plus sur l’impression d’emballages de produits alimentaires. Il avait toutefois précisé que la société ne souhaitait pas se départir de ses activités médiatiques, qui sont aux prises avec un recul constant des recettes publicitaires.

La contribution des médias aux revenus de Transcontinental a continué de diminuer au cours du dernier exercice, ne représentant qu’environ 15,5 % des 2,02 milliards de revenus générés par la société. En 2015, ces activités avaient généré environ 19 % du chiffre d’affaires.

Transcontinental compte conserver ses deux usines d’impression à Halifax et à l’Île-du-Prince-Édouard, qui comptent environ 170 salariés.

Réactions contrastées

Pour sa part, le président et chef de la direction de SaltWire Network, Mark Lever, a estimé que la transaction allait renforcer l’« engagement collectif » de l’entreprise à informer les communautés locales avec du « contenu essentiel ».

La réaction a toutefois été différente du côté du syndicat qui représente les 54 employés du Chronicle Herald en grève. « On nous a dit que la fin du Herald était imminente sans baisses de salaires, a affirmé Ingrid Bulmer, présidente de la Halifax Typographical Union. Vraisemblablement, cela était une invention. L’entreprise n’éprouve pas de difficulté, elle augmente plutôt sa taille. »

Le syndicat Unifor, qui représente près de 80 journalistes, imprimeurs et autres travailleurs des médias au Telegram et à deux ateliers d’impression de la région, s’est dit « très inquiet de la concentration des entreprises médiatiques et de son impact sur le journalisme de qualité au Canada ». Le président national, Jerry Dias, affirme que « nous avons besoin d’une diversité de voix dans nos médias. Le fait qu’une entreprise contrôle autant de plateformes dans quatre provinces est un pas dans la mauvaise direction ».

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