Pas question de rouvrir l’entente avec Bombardier, dit la ministre Anglade

«Ce n’est pas du tout dans les plans», a affirmé lundi Dominique Anglade quant à la possibilité de revoir les modalités de l’investissement de 1,3 milliard de l’État québécois dans la CSeries de Bombardier.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir «Ce n’est pas du tout dans les plans», a affirmé lundi Dominique Anglade quant à la possibilité de revoir les modalités de l’investissement de 1,3 milliard de l’État québécois dans la CSeries de Bombardier.

Aussitôt remise, la pétition signée par quelque 34 000 personnes demandant à Québec de revoir les modalités de l’investissement de 1,3 milliard de l’État québécois dans la CSeries de Bombardier a reçu une fin de non-recevoir de la ministre de l’Économie, Dominique Anglade.

« Ce n’est pas du tout dans les plans », a-t-elle affirmé, lundi, lors de son passage au palais des congrès de Montréal pour une annonce à caractère économique, après qu’Amir Khadir, de Québec solidaire, lui eut remis en mains propres la pétition. Initialement, le député de Mercier s’était rendu au bureau de circonscription de la ministre, mais puisque celle-ci n’y était pas, il a décidé de se rendre au Palais des congrès.

Les Québécois ne verseront pas de primes aux dirigeants de Bombardier tant et aussi longtemps qu'ils ne feront pas d'argent [avec la CSeries]

 

Reconnaissant que des gens étaient toujours indignés, Mme Anglade a affirmé qu’il ne fallait pas étirer davantage cette affaire. « Les Québécois ne verseront pas de primes aux dirigeants de Bombardier tant et aussi longtemps qu’ils ne feront pas d’argent [avec la CSeries] », a-t-elle dit au cours d’une mêlée de presse.

Tourmente

Plusieurs ont jugé que le montant global de 32,6 millions $US octroyé aux six plus hauts dirigeants de Bombardier était indécent, alors que Québec a investi dans la CSeries et que le gouvernement Trudeau vient de consentir un prêt de 372,5 millions. Cette hausse d’environ 50 % s’expliquait notamment par le fait que certains patrons avaient été embauchés à des moments différents en 2015 et qu’ils n’avaient donc pas été rémunérés pour l’ensemble de l’année.

Le tollé avait d’abord incité le président-directeur du conseil, Pierre Beaudoin, à renoncer à son augmentation. Puis, dans la tourmente, Bombardier avait décidé de reporter d’un an le versement des paiements aux dirigeants en le rendant conditionnel à l’atteinte des objectifs du plan de redressement de la compagnie, dont la réalisation est prévue pour 2020.

Une écoute de la part de Québec

Pour sa part, M. Khadir a dit avoir senti une écoute de la part de Mme Anglade, estimant que la ministre avait été initialement plus critique à l’égard de la multinationale par rapport au premier ministre Philippe Couillard. « Elle n’a pas refusé de me parler même si elle savait de quoi il en retournait, a affirmé le député de Québec solidaire. Je crois qu’il y a un élément sur lequel il faut miser. »

Même si le gouvernement ne compte pas rouvrir son entente avec Bombardier afin d’encadrer la rémunération des patrons de la société, M. Khadir a dit croire que la pression populaire pourrait finir par avoir raison. « Ça a été très long avant de convaincre M. Charest de déclencher une commission d’enquête sur [les malversations dans l’industrie de] la construction, a-t-il rappelé. Il a fallu revenir à la charge, mais nous avons fini par réussir. »

Changements de rémunération confirmés

Par ailleurs, après la fermeture des marchés, Bombardier a déposé un document auprès des autorités réglementaires afin de confirmer à ses actionnaires les changements préalablement annoncés à la rémunération de ses hauts dirigeants. En vue de l’assemblée annuelle du 11 mai, la multinationale a fait savoir que chaque proposition avait été acceptée et approuvée par son conseil d’administration.

À la Bourse de Toronto, l’action de Bombardier a terminé la séance à 2,22 $, en hausse de 10 cents, ou 4,7 %.

3 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 11 avril 2017 00 h 55

    a vouloir le parasiter ne courons nous pas des chances,de l'empêcher de se développer

    i n'et pas question d'émasculer Bombardier et de l'empecher de jouer le grand jeux mais d'empecher les administrateurs de puiser dans la caisse pour leurs bénifices propres,laissons le grandir avant ,de vouloir,le parasiter,

  • Francois Cossette - Inscrit 11 avril 2017 09 h 30

    Un gouvernement de peewee

    Le plq a signé un chèque en blanc a Bombardier, est-ce que les accointances entre le plq et le CA de bombardier y est pour quelque chose. Imaginez le nombre d'emploi et de PME qu'on aurait pu aider avec 1.3 milliards. Avec bombardier on a eu droit a 5000 pertes de job.

    TOUT UN DEAL DE CHAMPION. De voir la ministre défendre cet entente est vraiment pathétique, j'ai presque pitié d'elle.

  • Colette Pagé - Inscrite 11 avril 2017 11 h 46

    De piètres négociateurs qui se sont faits rouler dans la farine !

    Les Québécois ne verseront pas de primes aux dirigeants de Bombardier tant et aussi longtemps qu'ils ne feront pas d'argent [avec la CSeries]

    Cette déclaration de la Ministre ne suffira pas à dissiper l'impression aux contribuables québécois que les augmentations des dirigeants ont été utilisées à même la subvention de 1, 3 Milliards d'argent public. Des vases communicants !

    Également, ne disparaîtra pas de si tôt l'impression qu'en l'absence de conditions reliées à l'augmentation des dirigeants et au plafond d'emplois, le Québec s'est fait rouler dans la farine.