Québec trouve deux partenaires pour développer Pointe-Noire

Québec espère que d’autres entreprises intéressées à utiliser les installations de Pointe-Noire s’ajouteront au fil du temps.
Photo: iStock Québec espère que d’autres entreprises intéressées à utiliser les installations de Pointe-Noire s’ajouteront au fil du temps.

Le gouvernement du Québec s’associe à deux entreprises minières, Tata Steel Minerals Canada et Champion Iron, pour gérer et développer les installations de Pointe-Noire, à Sept-Îles, qu’il a acquises l’an dernier pour 67 millions de dollars.

Le ministre des Ressources naturelles et responsable du Plan Nord, Pierre Arcand, s’est rendu à Sept-Îles dimanche pour annoncer un « protocole d’entente » liant le gouvernement aux deux partenaires. En vertu de cet accord, les deux compagnies minières obtiennent un siège au conseil d’administration de la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire (SFPPN), qui est également composé de la Société du Plan Nord.

La SFPPN a été mise sur pied par le gouvernement du Québec lorsque celui-ci a procédé l’an dernier à l’achat des actifs du site de Pointe-Noire, qui appartenaient à la minière en faillite Cliff Natural Resources.

Entente finale à venir

Tata Steel, qui développe le projet DSO, à Schefferville, et Champion Iron, qui souhaite redémarrer la mine du lac Bloom, près de Fermont, ont toutes les deux injecté un million de dollars pour avoir leur siège au conseil d’administration.

L’entente finale, qui devrait être dévoilée d’ici quelques mois, révélera les montants totaux investis par les deux compagnies pour utiliser les installations. « Ce qu’elles achètent, c’est un accès garanti aux infrastructures et à tous les équipements nécessaires pour expédier leur minerai », résume le président-directeur général de la Société du Plan Nord, Robert Sauvé.

Québec espère que d’autres entreprises intéressées à utiliser les installations de Pointe-Noire s’ajouteront au fil du temps.

Le gouvernement Couillard compte investir un total de près de 100 millions pour développer le site de Pointe-Noire. Il a d’abord déboursé 66,75 millions de dollars pour mettre la main sur les installations de Cliff Natural Resources (voies ferrées, accès aux quais, gares de triage ferroviaires, usine de bouletage de fer, bureaux administratifs). Il a également prévu 15 millions pour le redémarrage des activités portuaires et ferroviaires, et un autre 15 millions pour construire un convoyeur donnant accès au quai multiusager construit il y a deux ans par le port de Sept-Îles.

« Ce qu’on souhaite, c’est que le quai multiusager soit en opération avant la fin de l’été », souligne M. Sauvé.

Site stratégique

Le gouvernement a acquis les installations de Pointe-Noire pour faciliter l’accès au port de Sept-Îles, qui était auparavant contrôlé par Cliff Natural Resources. L’emplacement du port est jugé stratégique : il doit permettre aux entreprises minières actives dans la région de la fosse du Labrador d’acheminer leur production à l’international. Québec veut conserver le contrôle des installations, pour éviter un nouveau blocage.

Reste à savoir combien d’entreprises voudront utiliser les installations de Pointe-Noire et quelle somme elles seront prêtes à investir. Mais avec la remontée des prix du fer, Robert Sauvé se dit optimiste. « Nous sommes confiants que les infrastructures vont être utilisées sur une base rentable d’ici quelques années », dit-il.