Nemaska Lithium reprend le temps perdu

Le projet de Nemaska Lithium comprend la mine Wabouchi et les usines de transformation de Shawinigan.
Photo: Nemaska Lithium / Capture d'écran Le projet de Nemaska Lithium comprend la mine Wabouchi et les usines de transformation de Shawinigan.

Après avoir accusé un léger retard sur son échéancier, l’entreprise Nemaska Lithium, dont le principal actionnaire individuel est le gouvernement du Québec, est persuadée qu’elle parviendra à commencer ses opérations commerciales en 2019, à temps pour profiter de la forte augmentation de la demande pour les véhicules électriques.

Nemaska Lithium avait prévu commencer la production de composés de lithium dans son usine de phase 1, à Shawingan, en 2016, mais l’acquisition des installations de l’ancienne usine Laurentide de Produits forestiers Résolu s’est conclue près de 18 mois plus tard qu’espéré.

La production des premiers échantillons vient donc de débuter, et l’entreprise pourra commencer à utiliser la matière première extraite de sa mine Whabouchi, sur le territoire de la Baie-James, à partir du mois de juin, a indiqué mardi son président et chef de la direction, Guy Bourassa, en marge d’une allocution prononcée à Montréal devant le Cercle finance et placement du Québec.

La compagnie a dû faire face à des problèmes concernant le zonage et la contamination des sols sur lesquels se trouvent ses installations de Shawinigan, mais M. Bourassa affirme aujourd’hui que l’entreprise peut regarder vers l’avant. « C’est derrière nous », répond-il simplement.

En service au dernier trimestre de 2018

Si tout se déroule comme prévu, l’entreprise devrait procéder à la mise en service de son usine commerciale au cours du dernier trimestre de 2018 et amorcer la production de masse au début de l’année 2019. M. Bourassa affirme que l’usine atteindra sa capacité de production maximale neuf mois plus tard, ce qui devrait permettre à la compagnie de mettre la main sur 10 % à 15 % du marché mondial de l’hydroxyde et du carbonate de lithium, des composés qui entrent notamment dans la fabrication de batteries.

Le président de Nemaska Lithium se décrit comme un promoteur « enthousiaste », mais il soutient que les chiffres lui donnent raison. Avec le nombre de véhicules électriques qui est appelé à augmenter dans les prochaines années, l’entreprise n’aura aucun mal à trouver des acheteurs, insiste-t-il.

La moitié de la production projetée de 28 000 tonnes est déjà achetée par deux clients, Johnson Matthey Matériaux pour batteries, de Candiac, et FMC Corporation. La quantité restante pourra être vendue à différents joueurs, y compris des géants comme Tesla.

Forte demande

À titre d’exemple, Guy Bourassa estime que le géant américain aura besoin de près de 28 000 tonnes d’hydroxyde de lithium par année pour construire 500 000 véhicules électriques, l’objectif fixé pour 2018. Et il ne s’agit que d’un acheteur potentiel parmi d’autres.

« On voit souvent le marché du lithium avec notre lorgnette de Nord-Américain. On croit ou on ne croit pas à Tesla, et on pense que le seul potentiel d’électrification des transports vient de Tesla, mais détrompez-vous. Tesla, ce n’est pas une goutte dans l’océan, mais ce n’est pas beaucoup plus qu’un verre dans un bucket de 5 gallons », a illustré le patron devant le parterre d’investisseurs potentiels.

Les 14 usines de fabrication de batteries actuellement en construction à travers le monde, surtout en Chine, sont toutes à la recherche de fournisseurs, a poursuivi M. Bourassa. « On assiste aujourd’hui à une course entre ces 14 joueurs, pour essayer de mettre la main sur un approvisionnement sécuritaire. Donc, si vous avez des doutes sur le marché, vous devriez les balayer du revers de la main. »

Le projet de Nemaska Lithium comprend la mine Wabouchi et les usines de transformation de Shawinigan. Ressources Québec, une filiale d’Investissement Québec, a investi 10 millions de dollars pour obtenir 11 % de l’entreprise, ce qui en fait le principal actionnaire individuel.

Québec a par ailleurs accordé une contribution non remboursable de 3 millions, par l’entremise du programme Technoclimat, tandis que le gouvernement fédéral a accepté de verser 13 millions.

Le gouvernement du Québec espère que le projet de Nemaska Lithium connaîtra un dénouement plus heureux que celui de Québec Lithium, dans lequel il avait investi des dizaines de millions de dollars avant que la mine ferme, en 2014. La compagnie chinoise Jien International a donné une seconde vie au projet en achetant le site minier l’an dernier, dans le but de le remettre en exploitation cette année.


 
3 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 5 avril 2017 10 h 40

    que l'on le veille ou pas le monde est en train de changer

    Il est évident que les véhicules a la gazoline vont devenir de plus en plus désuets, si les véhicules a la gasoline nous ont rendus de fiers services, leur utilisation sont de plus plus résolues, il reste a modifier ce qui a fait la richesse des américains, ne dit on pas que souvent la chance ne passe pas deux fois, je comprend l'embaras du monarque

    • Pierre Robineault - Abonné 5 avril 2017 12 h 08

      En effet et c'est tant mieux pour l'emploi dans cette région!
      Mais il ne faut surtout pas poser certaines questions habituelles à propos de la proximité de la rivière Shawinigan qui rejoint là St-Maurice.
      Chuuuut!
      Heureusement que notre ministre de l'environnement sera aux aguets.

  • Jean-Yves Arès - Abonné 5 avril 2017 13 h 41

    Pour donner une idée de la demande en lithium qui se pointe pour fin de transport.


    Quelques graphiques et liens.

    L’évolution du nombre de voitures électrique dans le monde de 2010-2015.
    A remarqué, la vitesse d’accroissement en Chine, qui je crois bien en 2016 doit déjà être le plus grand marché,
    www.goo.gl/nDDf9X

    Évolution et prédiction court terme de la densité et du prix des batteries sur le marché américain, les choses changent vite,
    www.goo.gl/ar4UiR

    Source des graphiques, Global EV outlook 2016, en PDF et produit par l'IEA,
    www.goo.gl/PqdV0s

    Et un tour d’horizon, tout frais, datant de février 2017, de l’état de la production d’autobus électrique dans le monde. Papier fait par le physicien Pierre Langlois et disponible sur le site Roulez Électrique.
    Encore là les choses évoluent rapidement. Et je suis perplexe devant le choix du ''biberonnage'' de ces engins, ce qui complexifie la mise en place de leur utilisation et séquestre ces bus sur un micro-territoire, et sont ainsi inutilisables en dehors des circuits dédiés.
    www.goo.gl/zmzirH