Hydro-Québec a affiché un bénéfice net de 2,86 milliards

Le président et directeur général d’Hydro-Québec, Éric Martel
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le président et directeur général d’Hydro-Québec, Éric Martel

Hydro-Québec a réalisé un bénéfice net de 2,86 milliards en 2016, ce qui en fait à la fois le quatrième profit en importance de son histoire, mais aussi le plus faible résultat des quatre dernières années.

Il s’agit d’une baisse de 9 % par rapport à 2015 et de 14 % par rapport au bénéfice net record de 3,33 milliards atteint en 2014. Le dividende qui sera versé à l’actionnaire se chiffre à 2,15 milliards, soit une diminution proportionnellement équivalente.

Demande réduite

La société d’État a toutefois dû composer l’an dernier avec des températures légèrement au-dessus de la normale, ce qui a réduit la demande d’électricité, et une baisse des prix sur les marchés de l’énergie.

« Nous sommes extrêmement fiers de ce résultat comme équipe parce que, même dans nos prévisions en début d’année, quand on avait fait notre budget, on ne pensait pas atteindre ce chiffre-là à cause des conditions de marché, surtout sur les prix à l’exportation », a affirmé le président et directeur général d’Hydro-Québec, Éric Martel, en livrant ces résultats mercredi.

Le bénéfice net dépasse en effet de 311 millions les prévisions d’Hydro, une performance attribuable notamment à un volume d’exportation record et à une diminution des coûts d’exploitation principalement obtenue par des réductions d’effectifs. Le prix sur les marchés d’exportation est passé de 6 ¢ du kilowattheure en 2014, à 5,6 ¢ en 2015 et à 4,8 ¢ en 2016, soit une baisse de 1,2 ¢. Or chaque baisse d’un cent représente une perte de 300 millions de profits.

Exportation

Hydro a toutefois réussi à compenser la perte par une croissance du volume d’exportation, qui a ainsi dépassé 32 térawattheures, un record. « Ça représente 16 % de nos ventes, mais ça contribue à 28 % de notre bénéfice net », a expliqué la vice-présidente exécutive et chef de la direction financière, Lise Croteau, soulignant que les exportations représentent à elles seules 803 millions sur le bénéfice net. « C’est un très bon rendement dans un contexte où les prix étaient à la baisse. »

16 %
La proportion des ventes d’Hydro-Québec provenant de l’exportation

Quant aux températures, après avoir profité de mercures inférieurs à la normale au premier trimestre de 2014 et de 2015 (de 3 et 5 degrés Celsius respectivement), Hydro-Québec a vu ses revenus fondre avec la demande en raison d’une température légèrement supérieure — de 1 degré Celsius — à la normale en 2016.

28 %
La proportion du bénéfice net provenant de l’exportation

La réduction des dépenses, au chapitre des effectifs, a été obtenue par une réduction de 455 postes l’an dernier, surtout par le non-remplacement d’employés partis à la retraite, et la société d’État comptait en 2016 un peu moins de 20 000 employés pour la première fois depuis 1986.

Le coût éolien

Comme tous les ans, le bilan d’Hydro est plombé par son obligation d’acheter l’énergie produite par les parcs éoliens privés à coût plus élevé. Les achats d’énergie éolienne, en 2016, s’élèvent à quelque 900 millions et une perte nette d’environ 200 millions. Éric Martel fait valoir, d’une part, que cette situation n’était pas prévisible au moment où le développement de l’énergie éolienne battait son plein, puisqu’on prévoyait avoir besoin de cette énergie.

« Depuis 2007, il n’y a aucune augmentation de la demande au Québec, et ça, c’est unique. Ce n’est jamais arrivé chez Hydro-Québec », souligne-t-il, ajoutant que les États-Unis vivent également le même phénomène. « La croissance qui avait été anticipée au début des années 2000 n’est pas arrivée, alors évidemment, aujourd’hui, on se ramasse avec plus d’énergie disponible, et c’est pour ça qu’on pousse très fort sur nos exportations. »

Cependant, M. Martel précise qu’avec le volume record d’exportations l’an dernier, la société d’État a presque atteint sa pleine capacité en 2016, c’est-à-dire qu’elle a des surplus importants à vendre provenant non seulement du secteur éolien, mais aussi de ses réservoirs, sauf qu’elle n’a pas les moyens physiques de les livrer. « C’est pour ça que, dans le plan stratégique d’Hydro-Québec, nous disons qu’il nous faut de nouvelles lignes pour exporter, parce qu’à ce moment-ci, on est presque saturés. Rendus à 32 térawattheures, nous ne pouvons pas en exporter beaucoup plus avec les infrastructures que l’on a, à part en Ontario. »

3 commentaires
  • Christian Montmarquette - Abonné 23 mars 2017 06 h 11

    Hydro-Québec a débranché l'équivalent de la ville de Rimouski


    Avec ses 2,86 milliards de profits nets et 311 millions de plus que prévus. Qu'attend donc Hydro-Québec pour baisser les tarifs aux petits utilisateurs?

    Quand on sait qu'Hydro -Québec leur impose des hausses records de tarifs depuis une dizaines d'années et qu'il a eu le culot de débrancher plus 50 000 de ses abonnés incapables de faire face aux coûts de plus en plus exorbitants de ce service public pourtant essentiel. Il me semble que ce serait le minimum. D'autant plus que l'hydro-électricité est une ressource naturelle qui nous appartient à tous et à toutes collectivement.

    Christian Montmarquette

    Référence :

    Record de débranchements chez Hydro - TVA , 12 novembre 2014

    « Au 30 septembre dernier, Hydro-Québec, grâce entre autres à l'utilisation de compteurs intelligents qui lui facilite le travail, n'avait jamais débranché autant de clients de son histoire.

    Selon des chiffres officiels obtenus par notre Bureau d'enquête, pas moins de 51,015 clients avaient déjà subi des ruptures de service à la fin septembre, alors qu'il restait une période de deux mois pour débrancher les mauvais payeurs. Un tel nombre d'abonnés équivaut à une ville de taille moyenne comme Rimouski, Shawinigan ou Dollard-des-Ormeaux.»

    .

  • Lise Bélanger - Abonnée 23 mars 2017 08 h 30

    Hydro-Québec est en trop grande forme. Le Canada va s'arranger pour le détatiser.

    Ce qui est bien pour le Québec est mauvais pour l'unité canadienne. Par contre, le Canada poourrait s'arranger pour que cette institution soit privatisée et ainsi apauvrir ce Québec dissonnant.

  • Jean-Yves Arès - Abonné 23 mars 2017 13 h 16

    Expliquer nous m. Martel le prix de production retenue pour déclarer 803 millions$ de profit ?

    Le rapport annuel donne des ventes a l’exportation d’une valeur de 1,626 millions$ pour 32.6 TWh (32.6 milliards de KWh). Le prix de vente unitaire en KWh est donc de 4.98Ȼ, ce que l’on peut arrondir à 5Ȼ/KWh.

    Le bénéfice que vous déclarez pour ce même volume d’électricité a l’exportation est 803 millions$, ce qui représente un prix unitaire par KWh de 2.463Ȼ, alors que le coût du KWh patrimonial pour 2016 est établie à 2.88Ȼ.

    Comment donc peut-on parler de tel profit quand on sait que même le coût patrimonial ne le permet pas ce résultat, et qu’en plus il doit y avoir une part de coût de transport à ajouter ?