L’OCDE appelle à maintenir des marchés «ouverts»

L’économie de la Chine devrait croître à un rythme légèrement inférieur en 2017.
Photo: Johannes Eisele Agence France-Presse L’économie de la Chine devrait croître à un rythme légèrement inférieur en 2017.

Washington — L’OCDE a appelé mardi à maintenir des marchés ouverts pour ne pas perturber la « modeste » reprise de la croissance mondiale alors que le président américain, Donald Trump, pourrait adopter des mesures protectionnistes.

L’institution économique a maintenu inchangée par rapport à novembre sa prévision de croissance mondiale pour 2017, à 3,3 %. L’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) a maintenu pratiquement sans changement ses prévisions de croissance, à l’exception notable du Royaume-Uni qui devrait connaître une hausse de 1,6 % de son PIB cette année, contre 1,2 % prévu en novembre.

« Il est important de maintenir des marchés mondiaux ouverts et transparents pour les capitaux, les biens et les services », a plaidé l’OCDE, qui a présenté ses prévisions actualisées à Washington, où le président Donald Trump prévoit d’instaurer des mesures protectionnistes.

Pas très robuste

L’institution, basée à Paris, a certes perçu une amélioration du commerce mondial, en particulier en Asie, mais il devrait toutefois croître à « un rythme toujours inférieur à celui d’avant-crise ».

« Si la confiance s’est améliorée, la consommation, les investissements, le commerce et la productivité ne sont toujours pas très robustes », a constaté l’institution, qui estime que « les incertitudes politiques pourraient aussi faire dérailler la modeste reprise » de l’économie mondiale. Comme lors des dernières années, l’OCDE appelle les pays disposant « de marge de manoeuvre budgétaire […] à mettre en place des initiatives fiscales efficaces qui donneront un coup de pouce à la demande », afin de renforcer la croissance mondiale.

En zone euro, l’OCDE a très légèrement relevé ses prévisions d’un point de croissance cette année pour l’Allemagne (1,8 %), la France (1,4 %) et l’Italie (1 %). En revanche, elle a revu à baisse sa prévision pour la France en 2018 à 1,4 % (-0,2 point) et maintenu l’Allemagne et l’Italie sans changement à 1,7 % et 1 % respectivement.

États-Unis

La croissance des États-Unis devrait bondir à 2,4 % cette année (+0,1 point par rapport aux prévisions de novembre), en forte hausse par rapport au 1,6 % de 2016, et poursuivre sur cette dynamique en 2018 à 2,8 %, soutenue par le plan de relance de M. Trump.

La Chine, qui a connu une hausse du PIB de 6,7 % en 2016, devrait croître à un rythme légèrement inférieur cette année à 6,5 % (+0,1 point par rapport aux prévisions de novembre). Le ralentissement de la croissance devrait se poursuivre en 2018 à 6,3 %. Parmi les autres émergents, l’institution table sur une croissance moins forte que prévu cette année en Inde (7,3 % au lieu de 7,6 %) et une croissance nulle pour le Brésil, qui parviendrait à peine à sortir de la récession.


Une croissance de 2,4% en 2017 au Canada

Toronto — L’OCDE prédit que l’économie canadienne affichera une croissance de 2,4 % cette année, soit une performance légèrement supérieure à ses prédictions précédentes et égale à ce qui est anticipé aux États-Unis. L’organisation parisienne attendait auparavant une croissance de 2,1 % de l’économie canadienne cette année.

L’OCDE croit que l’économie canadienne sera appuyée par la croissance des exportations, une amélioration du marché pour les matières premières et l’intervention du gouvernement. Elle s’inquiète toutefois toujours de la croissance rapide du prix des maisons au Canada ainsi qu’à d’autres endroits dans le monde, comme en Australie, en Suède ainsi qu’au Royaume-Uni. « Une flambée des prix peut être un élément précurseur d’un ralentissement économique », fait-elle valoir.

Son plus récent rapport indique que le Canada et les États-Unis arriveront cette année en tête du G7 au chapitre de la croissance économique. L’économie américaine devrait avancer de 2,8 % l’an prochain, contre 2,2 % pour le Canada, distançant de nouveau le reste du G7.