Lagarde plaide pour une restructuration de la dette grecque

La chancelière allemande Angela Merkel en compagnie de la directrice du FMI, Christine Lagarde
Photo: John MacDougall Agence France-Presse La chancelière allemande Angela Merkel en compagnie de la directrice du FMI, Christine Lagarde

Berlin — La directrice du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a plaidé mercredi pour une restructuration de l’énorme dette grecque, après un entretien avec Angela Merkel, tout en jugeant qu’une réduction de son montant n’était pas nécessaire.

La dette grecque « devra être restructurée de manière appropriée » et l’ampleur de cette opération « va clairement dépendre » des réformes mises en oeuvre par Athènes pour réduire son déficit public, a déclaré à Berlin Mme Lagarde, interviewée par la chaîne de télévision publique allemande ARD.

Dans l’immédiat, « nous sommes beaucoup plus confiants » quant au fait d’aboutir à une solution sur le déblocage de nouveaux prêts en faveur de la Grèce, de la part de la zone euro et du FMI, après des semaines de blocage sur cette question, a toutefois jugé la patronne du FMI. Elle a salué notamment les progrès réalisés par Athènes en matière de réformes de l’économie grecque pour satisfaire les exigences fixées par ses créanciers en échange des prêts internationaux. En ce qui concerne la réforme des retraites et du système fiscal en Grèce, entre autres, « les choses commencent à avoir l’air sérieuses », a jugé Mme Lagarde.

Marcher sur deux jambes

Mais, à ses yeux, ces réformes ne sont qu’un volet des efforts à faire. L’autre sera à effectuer par les créanciers eux-mêmes et porte sur un assouplissement des conditions de remboursement de la dette grecque. La Grèce doit pouvoir « marcher sur deux jambes », a-t-elle dit, et « la deuxième jambe sera le montant de la dette que le pays peut supporter, et cette dette va devoir être restructurée de manière appropriée ».

Par restructuration, Mme Lagarde entend « un allongement significatif des échéances », c’est-à-dire un report des délais dans lesquels la Grèce va devoir rembourser les prêts internationaux, « et un plafonnement significatif des taux d’intérêt » sur ces emprunts, afin, dans les deux cas, de soulager le fardeau financier pour le pays.

En revanche, « à l’heure actuelle, une réduction du montant de la dette n’est pas nécessaire », a ajouté la directrice générale du FMI. Une prise de position de nature à décevoir les autorités grecques, mais qui va rassurer l’Allemagne en particulier. Cette dernière refuse catégoriquement un effacement partiel de la dette grecque, estimant que la législation européenne l’interdit. Une telle mesure serait surtout politiquement difficile à porter pour la chancelière devant une opinion sceptique sur l’aide à la Grèce et à quelques mois d’élections législatives.

« Plus il y aura de réformes » en Grèce, « moins il faudra en faire en matière de restructuration de la dette », a poursuivi Mme Lagarde.

Discussions avec le gouvernement Trump

Christine Lagarde s’est par ailleurs dite « rassurée » par de premiers entretiens qu’elle a menés avec le gouvernement du président américain Donald Trump, dont le programme économique inquiète sur le plan international. « J’ai participé à plusieurs réunions avec des représentants de son gouvernement dans les domaines économique et financier, et les réunions que j’ai eues sont assez rassurantes et réconfortantes », a déclaré à Berlin Mme Lagarde lors d’une entrevue avec la chaîne de télévision allemande ARD.

« J’ai eu des discussions très positives avec le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin. Il a clairement manifesté son désir de travailler avec le FMI, sur une base multilatérale. Il s’attend à une évaluation sincère de la situation et souhaite manifestement une préservation de la stabilité financière », a encore affirmé la patronne du FMI.