L’Ontario réclame des garanties de prêts de la part d’Ottawa pour les producteurs de bois d'oeuvre

L’accord canado-américain sur le bois d’oeuvre est échu. Et une période de grâce de 12 mois a également pris fin en octobre dernier.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne L’accord canado-américain sur le bois d’oeuvre est échu. Et une période de grâce de 12 mois a également pris fin en octobre dernier.

Ottawa — L’Ontario a joint sa voix à celle du Québec pour exhorter le gouvernement fédéral à créer un programme de garanties de prêts pour les producteurs de bois d’oeuvre dont l’accès au marché américain pourrait se voir limité. La menace de tarifs douaniers et de quotas sur les exportations canadiennes vers les États-Unis plane sur l’industrie forestière canadienne.

Dans une lettre à l’intention du ministre fédéral des Ressources naturelles, Jim Carr, la ministre ontarienne de la Foresterie, Kathryn McGarry, a signalé que les producteurs canadiens paieront probablement des droits de douane « déraisonnablement élevés » à compter du mois de mai.

Enquête

En décembre, la Maison-Blanche avait annoncé l’ouverture d’enquêtes par rapport à l’éventuel « dumping » de bois d’oeuvre canadien et son impact sur le secteur forestier américain. Le litige a soulevé des inquiétudes quant à la sécurité des emplois de l’industrie canadienne, un moteur économique particulièrement important au Québec.

Le premier ministre de la province, Philippe Couillard, s’est engagé à mettre sur pied un programme de garanties de prêts si Ottawa refuse d’appuyer financièrement les entreprises touchées. La ministre McGarry souligne que les producteurs de bois d’oeuvre canadiens ont été contraints de payer près de 5 milliards en droits de douane lors de la dernière ronde de négociations avec les États-Unis, avant la conclusion d’un accord en 2006.

Engagement

Une porte-parole du ministère fédéral des Ressources naturelles a déclaré qu’Ottawa s’engage à négocier une entente qui défend les intérêts de l’industrie canadienne de bois d’oeuvre et, si nécessaire, à avoir recours aux tribunaux en vertu de l’ALENA et de l’Organisation mondiale du commerce.

Mercredi, une petite délégation de maires de municipalités québécoises est repartie d’Ottawa satisfaite d’avoir sensibilisé davantage les élus à l’importance de l’industrie du bois d’oeuvre au Québec. Les maires de Senneterre, de Saint-Félicien, de Dolbeau-Mistassini, de La Tuque et de Thurso se sont félicités que les voix des municipalités sont maintenant entendues dans ce dossier.

« Ce qu’on est venus faire, c’est donner une voix aux municipalités, ce qui n’a pas été fait lors de la négociation de 2006 et ce qui n’a pas été fait lors de la négociation des années 1990. Et là, on trouvait important de s’exprimer parce qu’au bout du compte, ce sont des usines de chez nous », a fait remarquer le maire Jean-Maurice Matte, de Senneterre. Les maires n’ont obtenu aucun engagement concret, à part celui de maintenir le dialogue.

L’accord canado-américain sur le bois d’oeuvre est échu. Et une période de grâce de 12 mois a également pris fin en octobre dernier. Depuis, il est à nouveau question de tarifs douaniers et d’imposition de quotas sur les exportations canadiennes.