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L’UPA commence à bloquer les sentiers de motoneige

Les moyens de pression des agriculteurs ont un impact direct sur l’industrie de la motoneige.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Les moyens de pression des agriculteurs ont un impact direct sur l’industrie de la motoneige.

Le changement de titulaire au ministère de l’Agriculture n’a pas fait broncher les producteurs agricoles, qui ont commencé mercredi à bloquer des sentiers de motoneige pour contester la réforme de la fiscalité agricole. Et les impacts sur l’industrie de la motoneige, un important moteur économique régional, se font déjà sentir.

L’Union des producteurs agricoles (UPA) avait déjà laissé savoir en décembre qu’en cas d’impasse dans ses discussions avec le gouvernement, elle demanderait à ses membres de bloquer les sentiers de motoneige qui passent sur leurs terres. Elle a mis cette menace à exécution mercredi, en donnant la consigne de commencer le blocage lundi prochain.

Reporter la réforme d’une année

Quelques agriculteurs ont cependant décidé de passer à l’action dès mercredi, un choix que l’UPA « respecte ». « Ils ont été très patients », a indiqué l’organisation.

Le président de l’UPA, Marcel Groleau, admet que les échanges sont bien meilleurs avec le nouveau ministre de l’Agriculture, Laurent Lessard, qui a remplacé Pierre Paradis, lequel a été exclu du caucus libéral en raison d’allégations d’inconduite sexuelle. Mais le temps presse, fait-il valoir.

12 500
Nombre de kilomètres de sentiers de motoneige qui se trouvent sur des terres agricoles privées. Le réseau québécois compte un total de 33 000 km de sentiers.
 

« L’enjeu est simple à résoudre pour le gouvernement. On ne demande pas de budget supplémentaire. On demande simplement de reporter d’un an la réforme et de créer une table de travail pour convenir de nouveaux paramètres », réitère-t-il.

M. Groleau est conscient que le blocage des sentiers de motoneige fait des mécontents, mais il insiste sur le fait que la grande majorité des agriculteurs accordent un « privilège » aux motoneigistes en leur permettant de circuler sur leur terrain gratuitement.

Les producteurs de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean ont d’ailleurs refusé de bloquer les sentiers parce qu’ils sont dédommagés pour le passage des motoneiges.

Réservations annulées

Le blocage ne fait que commencer, mais ses répercussions se font déjà sentir sur le réseau de sentiers de motoneige, se désole la présidente de la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec, Denise Grenier. « C’est sûr que ç’a un impact important sur l’interconnexion des sentiers. Chaque kilomètre est important. »

Elle précise que, sur les quelque 33 000 kilomètres de sentiers qui sillonnent le Québec, 12 500 d’entre eux se trouvent sur des terres agricoles privées. Les moyens de pression des agriculteurs ont donc un impact direct sur l’industrie de la motoneige, qui génère des retombées économiques annuelles de 3,3 milliards de dollars, estime la fédération.

3,3 milliards
Retombées économiques annuelles de l’industrie de la motoneige au Québec, selon la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec.

« On a déjà beaucoup d’annulations de touristes ontariens et américains qui voulaient venir au Québec, mais qui ont décidé de changer leurs plans devant l’incertitude », fait remarquer Mme Grenier, sans être en mesure de chiffrer les pertes occasionnées jusqu’à maintenant.

« On espère vivement que les négociations vont reprendre et qu’on va en arriver à une solution concertée, pour le bien-être de tous », dit-elle.

Solution rapide

De son côté, le nouveau ministre de l’Agriculture, Laurent Lessard, a été assermenté jeudi dernier et dit être en contact constant avec les représentants agricoles. « On a voulu marquer un changement de ton », indique son attaché de presse, Mathieu Gaudreault.

« On veut régler le problème rapidement pour dénouer la situation et éviter qu’il y ait un blocus généralisé, ajoute-t-il. Il y a des enjeux et des impacts réels maintenant, donc, si on peut trouver une solution porteuse pour le gouvernement et pour les partenaires, c’est sûr qu’on va la prendre. »

Le gouvernement envisage une résolution du conflit avant même que le rapport qu’il a commandé au fiscaliste Luc Godbout pour faire la lumière sur les impacts de la réforme du Programme de crédit de taxes foncières agricoles soit publié, d’ici la fin du mois de février.

Chiffres différents

M. Godbout doit en principe mettre fin à la guerre de chiffres que se livrent l’UPA et le gouvernement Couillard depuis des mois. Les agriculteurs ont longtemps fait valoir qu’un taux de remboursement unique de 78 %, peu importe la région du Québec, entraînerait une hausse moyenne de 30 % à 40 % du compte de taxes pour huit producteurs sur dix, alors que le gouvernement prévoyait plutôt une augmentation de 30 % pour seulement 1 % des agriculteurs.

« Les producteurs agricoles ont commencé à recevoir les comptes de taxes. Et pour ceux qui n’ont pas eu d’augmentation du rôle d’évaluation, les chiffres correspondent à nos calculs, à quelques sous près », a souligné mardi M. Groleau, disant constater une augmentation moyenne de 38 % du fardeau fiscal des producteurs.

1 commentaire
  • Yvon Robert - Abonné 2 février 2017 08 h 44

    Une solution

    Une solution
    Taxer les motoneigistes et verser le produit de cette taxe aux agriculteurs.
    Les contribuables ont assez payés,145 millions de nos taxes.De plus nous les finançons indirectement en payant nos produits laitiers plus chers à cause de la gestion de l'offre.
    Tous les propriétaires au cours des 10 dernières années ont subi des augmentations d'évaluation importantes suivi de l'explosion de leur comptes de taxes et n'ont reçu aucune compensation du gouvernement.