L’heure de l’abolition des frais d’itinérance approche en Europe

Les nouvelles règles permettront aux Européens d’utiliser leur téléphone mobile dans n’importe quel pays de l’UE.
Photo: Bertrand Guay Agence France-Presse Les nouvelles règles permettront aux Européens d’utiliser leur téléphone mobile dans n’importe quel pays de l’UE.

Bruxelles — Une dernière étape a été franchie mercredi pour que les frais d’itinérance soient complètement abolis dans l’Union européenne (UE) à partir du 15 juin 2017, les institutions européennes s’étant accordées sur les prix de gros entre opérateurs.

« Il s’agissait de la dernière pièce du puzzle. Dès le 15 juin prochain, les Européens pourront voyager dans toute l’UE sans frais d’itinérance », s’est félicité le commissaire en charge du Marché unique numérique, Andrus Ansip, dans un communiqué.

Grâce à cet accord, la promesse faite en fanfare en 2015 par la Commission européenne — l’exécutif européen — d’une UE sans frais d’itinérance va pouvoir devenir réalité.

Positions différentes

Les nouvelles règles européennes permettront à tous les voyageurs qui utilisent une carte SIM dans un État membre, dans lequel ils résident ou avec lequel ils ont des liens stables, d’utiliser leur téléphone mobile dans n’importe quel autre pays de l’UE, comme ils le feraient à la maison.

L’accord conclu mercredi entre le Parlement européen, le Conseil (qui représente les 28 États membres de l’UE) et la Commission européenne porte sur le montant plafond des prix de gros — c’est-à-dire les tarifs que s’appliquent entre eux les opérateurs quand leurs clients utilisent un autre réseau que celui de leur pays d’origine lors de leurs déplacements dans l’Union.

Il s’agissait de concilier deux positions très différentes : les pays du nord et de l’est de l’UE — où les tarifs de communication sont relativement peu élevés — prônaient un plafond bas, craignant sinon de voir leurs opérateurs augmenter leurs prix à domicile, répercutant sur leurs clients les plus pauvres des frais engendrés par leurs ressortissants fréquemment en voyage dans le reste de l’UE.

Les pays du Sud — beaucoup plus fréquentés par les touristes — voulaient en revanche un plafond élevé pour faire face à l’afflux de vacanciers, qui nécessite forcément des investissements plus grands dans les réseaux. Sinon, ils auraient été forcés d’augmenter leurs prix à domicile pour faire face aux frais supplémentaires.

Feu vert

Cet accord atteint mercredi doit encore recevoir un feu vert définitif du Parlement européen et des 28 États membres de l’UE, mais ceci devrait être une formalité.

Depuis dix ans, la Commission européenne s’emploie à réduire les frais supplémentaires que les opérateurs de télécommunications imposent à leurs abonnés chaque fois que ceux-ci franchissent une frontière. Les frais d’itinérance ont déjà diminué de plus de 90 % depuis 2007.