La croissance de l’économie canadienne devrait s’accélérer, malgré Trump

CIBC entrevoit une croissance de 1,8 % du PIB canadien cette année, et de 2 % en 2018.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir CIBC entrevoit une croissance de 1,8 % du PIB canadien cette année, et de 2 % en 2018.

L’économie canadienne sera plus vigoureuse que prévu en 2017, affirme le Conference Board. La croissance sera plus soutenue et géographiquement plus équilibrée cette année, soutient la CIBC. La première entrevoit cependant des temps difficiles pour les exportateurs sous le gouvernement Trump. La seconde évoque un risque majeur si le Canada se retrouve pris dans la mêlée.

Pour le Conference Board du Canada, une accélération à 1,9 % cette année s’ajoutera à la hausse de 1,3 % du PIB en 2016. « Dans l’ensemble, nous prévoyons une meilleure croissance cette année, car le secteur de l’énergie ralentit moins l’économie, les exportations s’accroissent légèrement et les mesures de relance gouvernementales sont mises en oeuvre », peut-on lire dans la note conjoncturelle de l’hiver.

L’institution voit des nuages sombres s’amonceler au-dessus du secteur extérieur, mais la vigueur économique aux États-Unis et la faiblesse du dollar devraient atténuer l’effet Trump sur les exportations. Le commerce extérieur canadien connaîtra vraisemblablement « de nombreuses difficultés » au cours des deux prochaines années.

« Il est encore trop tôt pour évaluer les répercussions du nouveau gouvernement des États-Unis sur le secteur canadien du commerce extérieur, mais il est fort probable que les exportateurs canadiens seront confrontés à des mesures protectionnistes plus importantes sous le gouvernement Trump. » Les exportations devraient malgré tout progresser de 1,8 % en 2017 et afficher une croissance encore plus forte en 2018.

Moins de dépenses

Ailleurs, les investissements des entreprises devraient diminuer de 0,3 % cette année sous un recul attendu de 4,9 % dans le secteur pétrole et gaz, avant d’augmenter l’an prochain. Dans le secteur des ménages, « la croissance des dépenses de consommation devrait ralentir légèrement en raison de piètres gains d’emplois et des faibles augmentations salariales ». Et la construction résidentielle déclinera à la suite des récents changements aux règles hypothécaires.

Reste l’engagement du gouvernement fédéral à accroître les dépenses de programmes et les niveaux de financement des infrastructures, « ce qui comptera pour 0,3 point de pourcentage dans la croissance économique du Canada en 2017 ».

Pour sa part, Marchés des capitaux CIBC entrevoit une croissance de 1,8 % du PIB canadien cette année et de 2 % en 2018. Toutefois, le nouveau gouvernement américain pose des risques pour l’économie et le dollar canadiens. « D’autant plus que la politique commerciale annoncée sur Twitter de l’administration Trump et le plan de réforme de l’impôt sur les sociétés demandé par les républicains, qui défavorise les importations, représentent tous les deux un risque majeur de ralentissement si le Canada se retrouve pris dans la mêlée », écrit l’institution.

Incertitude élevée

La vigueur de l’activité économique aux États-Unis devrait toutefois compenser. La CIBC table sur une croissance de 2,3 % du PIB américain en 2017 et de 2,1 % en 2018, en précisant que « l’incertitude entourant les politiques de Trump est extrêmement élevée ». Lundi, le Fonds monétaire international avait annoncé qu’il faisait le pari que le plan de relance budgétaire du gouvernement Trump allait doper l’économie américaine. L’institution de Washington relevait alors ses prévisions de croissance pour la première économie mondiale d’un maigre 0,1 point cette année (+2,3 %) et de 0,4 point en 2018 (+2,5 %) par rapport aux projections publiées il y a trois mois.

« Trump fait son entrée dans le Bureau ovale en promettant de “rendre sa grandeur à l’Amérique”, mais le problème est que l’Amérique va déjà plutôt bien », affirme l’économiste de la CIBC, avec le plein-emploi dans la mire d’ici 2018.