Les dirigeants d’entreprise craignent le protectionnisme

Au Canada, 59% des chefs de direction conviennent qu’il sera plus ardu d’être concurrentiel devant la montée du protectionnisme.
Photo: Getty Images Au Canada, 59% des chefs de direction conviennent qu’il sera plus ardu d’être concurrentiel devant la montée du protectionnisme.

Les chefs de direction du monde conservent un certain optimisme et préfèrent reléguer l’incertitude américaine et la tendance au protectionnisme à l’échelle du court terme. Au Canada aussi, les dirigeants évoquent des perspectives favorables, avec l’essentiel de leur croissance devant venir des États-Unis.

Dans l’Enquête annuelle de PwC dévoilée lundi à l’occasion du Forum de Davos, les chefs de direction se disent optimistes quant aux perspectives à long terme, « malgré les effets à court terme de l’incertitude, de la tendance au protectionnisme et de l’aversion au risque ». Au Canada, plus du tiers (38 %) se disent confiants pour les 12 prochains mois, mais 59 % conviennent qu’il sera plus ardu d’être concurrentiel devant la montée du protectionnisme.

Bill McFarland, chef de la direction, PwC Canada, estime qu’il s’agit tout de même d’« un regard plutôt optimiste, en dépit de l’incertitude grimpante ». Ils voient leurs perspectives d’un oeil plus favorable, avec 79 % de leur croissance devant provenir de leurs activités aux États-Unis, « malgré l’inquiétude que suscite la nouvelle administration américaine », ajoute-t-il.

Le spécialiste du cabinet reconnaît toutefois que « cette incertitude pourrait accentuer la tendance à la prudence et rendre les entreprises réfractaires au risque. Les Canadiens, tout comme leurs homologues mondiaux, attendront de voir les changements dans l’administration des États-Unis, en Chine et dans la zone euro. »

Numérisation

Parmi les autres défis, la vitesse du changement technologique et la menace qu’il pose à la croissance inquiètent 54 % des dirigeants canadiens et 70 % des dirigeants à l’échelle mondiale. Il en résulte que « les compétences en créativité et en innovation, ainsi qu’en leadership et en intelligence émotionnelle [sont] maintenant très recherchées et difficiles à trouver […]. Les compétences en numérique et en science, technologie, ingénierie et mathématiques posent problème en recrutement pour plus de la moitié des chefs d’entreprise », indique PwC.

Le numérique vient également modifier en profondeur la relation client. Ainsi 69 % des chefs de direction à l’échelle mondiale (46 % au Canada) indiquent qu’il est plus difficile maintenant de gagner et de garder la confiance des gens dans cet environnement, peut-on lire.

Mécontentement

S’ajoute le mécontentement du public. « Ici, le véritable défi pour les chefs de direction n’est pas seulement de naviguer à travers ces facteurs, mais d’établir une relation plus profonde, réciproque avec les parties prenantes, les clients, les employés et le public. Comprendre les causes d’un mécontentement ou d’une perception possible est une première étape cruciale vers la communication des avantages qu’une entreprise peut apporter à la société. »

En matière de croissance et de rentabilité, il est de plus en plus retenu que les nouvelles alliances stratégiques et les partenariats, la collaboration avec des entrepreneurs et des entreprises en démarrage et l’impartition sont des moteurs importants. Cela vaut davantage pour les dirigeants canadiens (74 % des répondants, 49 % et 28 % respectivement) que ceux à l’échelle mondiale (48 %, 28 % et 17 % respectivement).