Cogeco Communications est forcée de se repositionner

Le président et chef de la direction de Cogeco, Louis Audet
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le président et chef de la direction de Cogeco, Louis Audet

L’incursion de Cogeco Communications dans le secteur des solutions informatiques — comme l’hébergement de données — ne s’est pas faite sans heurts pour le câblodistributeur, qui, confronté à des géants comme Amazon, Microsoft et Google, est forcé de se repositionner.

Son président et chef de la direction, Louis Audet, a candidement affirmé, jeudi, en marge de l’assemblée des actionnaires, que l’entreprise ne s’attendait pas à faire face à autant d’adversité. « Nous devons délaisser la clientèle susceptible de se tourner vers l’offre d’Amazon et de Microsoft, a-t-il expliqué au cours d’un point de presse. On doit s’ajuster et changer de cible. »

En raison de la pression des géants du secteur, le câblodistributeur avait décidé l’an dernier de comptabiliser une perte de valeur de 450 millions de sa division des services de technologies d’information et de communication, ce qui, selon M. Audet, est venu entacher les résultats de l’année financière 2016.

Vers de plus gros clients

À l’avenir, Cogeco doit cesser de courir après des clients qui ne paient que quelques centaines de dollars par mois — comme les petites PME — compte tenu de la concurrence trop féroce au chapitre des prix. M. Audet estime que le câblodistributeur doit plutôt miser sur des entreprises ayant besoin d’un large trousseau de services en matière d’hébergement de données, du transport de données ainsi qu’en matière de sécurité, entre autres.

Le câblodistributeur québécois avait effectué une percée dans les solutions informatiques en 2012 lorsqu’il avait mis la main sur Peer 1 Networks pour 526 millions. L’entreprise a également inauguré, en septembre dernier, son centre de données dans la banlieue montréalaise de Kirkland, construit au coût de 100 millions. M. Audet estime que le redressement de cette division, dont les ventes annuelles sont estimées à 300 millions, devrait être complété d’ici six à 12 mois, affirmant qu’il ne s’agissait pas d’une tâche insurmontable. Toutefois, d’ici là, Cogeco, qui exploite 16 centres d’hébergement de données au Canada aux États-Unis ainsi qu’au Royaume-Uni, mettra un frein aux ouvertures.

Croître aux États-Unis

Par ailleurs, après avoir effectué une percée aux États-Unis en 2012 en achetant le câblodistributeur Atlantic Broadband pour 1,36 milliard $US, puis MetroCast il y a deux ans pour 200 millions $US, M. Audet souhaite réaliser d’autres acquisitions au sud de la frontière. « Sauf pour les grandes villes, les marchés américains sont généralement mal desservis, a estimé M. Audet. Nous sommes positionnés pour connaître une bonne croissance avec nos services de câblodistribution, de téléphonie et d’Internet. »

Très active, la haute direction de Cogeco a déjà étudié plus d’un dossier et de l’avis de M. Audet, il ne faudrait pas se surprendre qu’une acquisition soit annoncée au cours de la prochaine année financière. Celui-ci est même allé jusqu’à dire que la société avait environ 700 millions $US à sa disposition pour acheter.

Pour le premier trimestre terminé le 30 novembre, le câblodistributeur a engrangé un bénéfice net de 75 millions, ou 1,52 $ par action, en progression de 22,8 %. Ses recettes se sont établies à 549,1 millions, en hausse de 1,6 %.

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