Donald Trump s’en prend aux pharmaceutiques

«Nous sommes les plus grands acheteurs de médicaments au monde», a affirmé le président désigné des États-Unis, Donald Trump.
Photo: Justin Sullivan Agence France-Presse «Nous sommes les plus grands acheteurs de médicaments au monde», a affirmé le président désigné des États-Unis, Donald Trump.

Washington — Le président désigné Donald Trump s’en est pris mercredi à l’industrie pharmaceutique américaine, accusée d’être un « désastre » en vendant aux États-Unis des médicaments fabriqués à l’étranger et en s’en sortant « indemne ».

« Nous devons faire revenir notre industrie pharmaceutique. Notre industrie pharmaceutique est un désastre », a déclaré le futur président américain lors d’une conférence de presse à New York. « Ils s’en vont de tous les côtés. Ils nous fournissent des médicaments mais ils ne les produisent pas ici, en grande partie », a-t-il ajouté, notant que ce secteur avait « beaucoup de lobbyistes et de pouvoir ».

M. Trump a assuré qu’il imposerait de nouvelles conditions d’appels d’offres pour l’industrie pharmaceutique afin de mettre un terme à cette situation. « Nous sommes les plus grands acheteurs de médicaments au monde et nous n’avons pas de bonnes procédures d’appels d’offres », a assuré le président désigné, assurant que cette stratégie permettra d’économiser des milliards de dollars.

Le futur président, élu sur la promesse de ramener des emplois aux États-Unis, s’en est récemment pris à plusieurs grandes entreprises, notamment automobiles, accusées de délocaliser leurs emplois hors des États-Unis.

Lors de cette conférence de presse, M. Trump a menacé les entreprises américaines qui délocalisent leurs emplois de payer une lourde taxe frontalière. « Si vous pensez que vous allez pouvoir vendre [les produits fabriqués au Mexique] à travers une frontière très très étanche, pas une frontière faible — d’ailleurs on n’a même pas de frontière, c’est une passoire trouée — vous vous trompez. Vous allez payer une très lourde taxe frontalière », a dit le président élu.

M. Trump, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, s’est par ailleurs félicité des décisions de Ford et Fiat Chrysler d’investir aux États-Unis plutôt qu’au Mexique et a appelé General Motors à suivre leur exemple.

« Le plus grand créateur d’emplois »

Le président désigné a également affirmé mercredi qu’il serait « le plus grand créateur d’emplois que Dieu ait jamais créé », lors de sa première conférence de presse en plusieurs mois. « Nous allons créer des emplois. J’ai dit que j’allais être le plus grand créateur d’emplois que Dieu ait jamais créé. Je le pense vraiment », a relevé M. Trump, depuis sa tour new-yorkaise sur la 5e Avenue, après avoir cité plusieurs groupes comme Fiat-Chrysler et Ford ayant pris des engagements concernant leurs activités aux États-Unis.

Il mène une offensive anti-délocalisations pour relancer l’activité industrielle américaine. Il a notamment promis pendant sa campagne d’imposer des droits de douane prohibitifs de 45 % sur les importations chinoises. « Nous avons eu des nouvelles fantastiques au cours des deux dernières semaines. J’ai été très actif du point de vue économique pour notre pays », a relevé M. Trump, précisant que « beaucoup de groupes automobiles vont s’installer » aux États-Unis.

Et « de grandes nouvelles vont être annoncées dans les deux prochaines semaines de groupes qui vont construire dans le Midwest », a-t-il poursuivi, espérant que le géant automobile General Motors et que l’industrie pharmaceutique suivent l’exemple, avant que d’autres secteurs ne leur emboîtent le pas. « Il y a une atmosphère fantastique en ce moment, une atmosphère que beaucoup de gens me disent n’avoir jamais vue auparavant », a-t-il estimé.

Le taux de chômage est tombé à 4,7 % fin décembre aux États-Unis, soit le niveau le plus bas en neuf ans.