Les meilleurs voeux de… Michel Nadeau

Michel Nadeau
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Michel Nadeau

Que retenez-vous de 2016 ? Quels sont vos plus grands espoirs pour 2017 ? Le Devoir a sondé l’âme de cinq personnalités qui font part ici de leurs pensées. Nous poursuivons notre série de capsules — en textes et en vidéo — avec le directeur général de l’IGOPP, Michel Nadeau.

 

L’année qui s’achève aura été marquée par de nombreuses contestations, souligne Michel Nadeau, directeur général de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP). Parmi les plus marquantes, on peut entre autres penser au Brexit, qui a secoué les convictions unitaires de l’Union européenne en juin dernier, ou, plus récemment, à l’élection du controversé Donald Trump à la tête des États-Unis, rappelle l’ancien éditorialiste du Devoir.

« Ces deux événements sont à l’image de ce mouvement de contestation qui secoue le monde, note-t-il. Et ce qu’on peut très certainement retenir, c’est justement une contestation contre certaines structures en place, contre un certain establishment qui, jusqu’ici, n’a pas réussi à apporter de solution. » Cette tendance, bien lancée au cours de la dernière année, risque, selon lui, de se poursuivre en 2017, de nombreuses incertitudes jetant une ombre au tableau de l’économie mondiale.

Deux tendances

Sur le plan économique, d’ailleurs, M. Nadeau note que deux tendances se sont côtoyées tout au long de l’année qui s’achève, cheminant à des rythmes divergents sans jamais vraiment réussir à se rejoindre. « D’un côté, nous avons ceux qui croient au contrôle et au resserrement budgétaire. Un peu comme au Québec, par exemple, où le ministre Leitão n’a donné que l’argent de poche minimal aux différents détenteurs des ministères et où on a même réussi à enregistrer des surplus. »

À l’autre bout du spectre, on retrouve plutôt ceux qui estiment que la reprise économique doit passer — et passera très probablement — par une stimulation de cette dernière. Investissements massifs, programmes d’infrastructures et baisses d’impôt ont fait partie du plan de match des derniers mois des pouvoirs publics, qui ont opté pour cette avenue. « Au Canada, le gouvernement Trudeau travaille vraiment dans ce sens, soutient Michel Nadeau. À l’échelle des provinces, c’est exactement ce qu’ont fait l’Alberta et l’Ontario. »

Sur la scène internationale, le directeur général de l’IGOPP estime que les prochains mois seront cruciaux pour la relance économique. On verra si cette dernière se produira finalement en 2017 ou s’il faudra encore attendre quelques années. Il ne se montre toutefois pas très optimiste à cet égard. « L’élection de M. Trump aura probablement des effets importants sur l’économie mondiale, notamment en refermant le marché sur lui-même », explique-t-il.

Et si, dans un premier temps, les promesses du nouveau président républicain stimuleront sans doute l’économie de nos voisins du Sud, les déficits accumulés risquent de rapidement freiner les ardeurs du Sénat, qui se verra dans l’obligation de mettre un terme aux folles dépenses du chef d’État fraîchement élu. « Rien n’est encore joué, mais les chances que ça aille dans l’autre sens et que l’économie planétaire connaisse de beaux jours bientôt sont assez minces. »

1 commentaire
  • Clermont Domingue - Abonné 5 janvier 2017 12 h 59

    Contestation

    Monsieur Nadeau parle d'un mouvement de contestation qui secoue notre monde.Pour moi, ce mouvement a commencé le 11 septembre 2001 et il va en s'amplifiant.
    Ce mouvement est créateur de milliers d'emplois dans l'armée et la police.Les dirigeants du monde doivent s'en réjouir puisqu'ils voient, dans la création d'emplois, la solution aux problèmes de l'humanité.
    Pour ma part, je crois qu'il faut penser à un meilleur partage au lieu de s'efforcer de remplir nos dépotoirs.