cache information close 

La finance islamique fait son entrée au Maroc

La finance islamique interdit le recours aux intérêts, à la spéculation et aux investissements considérés comme impurs (jeu, alcool, armement, pornographie, tabac).
Photo: iStock La finance islamique interdit le recours aux intérêts, à la spéculation et aux investissements considérés comme impurs (jeu, alcool, armement, pornographie, tabac).

Rabat — Des crédits « halal » et des comptes conformes à la loi islamique : le Maroc a autorisé la création de cinq banques islamiques, dites « participatives », un secteur dont le lancement a été retardé en raison de la complexité du processus d’adaptation du dispositif réglementaire.

Trois autres banques conventionnelles seront également autorisées à « offrir à leur clientèle des produits bancaires participatifs », selon un communiqué publié lundi soir par Bank Al-Maghrib, la banque centrale.

Un comité spécialisé lié au Conseil supérieur des ouléma sera la « seule instance habilitée à émettre des fatwas sur la conformité des produits de la finance participative », a précisé le texte.

Fondée sur la charia, loi islamique, la finance islamique interdit le recours aux intérêts, à la spéculation et aux investissements considérés comme impurs (jeu, alcool, armement, pornographie, tabac).

Lancement à venir

La banque centrale n’a pas dévoilé la date de lancement de ces banques halal au royaume, mais selon le ministre de l’Économie et des Finances, Mohamed Boussaid, le Maroc doit émettre les premiers titres financiers islamiques, appelés sukuks, dans la première moitié de 2017.

« Après l’octroi des agréments, nous sommes dans l’attente des circulaires pour qu’on puisse passer à l’acte. Celles-ci définissent les produits, les conditions de commercialisation et leur conformité. Elles doivent être émises par la banque centrale », a expliqué à l’AFP Talal Mohamed Yassine, coresponsable du projet de banque participative au Crédit agricole. Dix demandes d’agrément avaient été soumises à la banque centrale en juin dernier, principalement par des groupes bancaires marocains associés avec des banques islamiques des pays du Golfe.

Fort potentiel

Les cinq banques autorisées sont CIH Bank, en partenariat avec la Qatar International Islamic Bank, BMCE Bank of Africa, conjointement avec le groupe saoudo-bahreini Dalla Al Baraka, la Banque centrale populaire, avec le groupe saoudien Guidance, Crédit agricole du Maroc, avec la Islamic Corporation for the Development of the Private Sector, et Attijariwafa Bank, qui est toujours en discussion pour un futur partenariat.

Les trois autres banques classiques qui offriront des produits bancaires participatifs sont la Banque marocaine du commerce et de l’industrie, le Crédit du Maroc et la Société générale.

Cet engouement s’explique par le potentiel du secteur : selon la société américaine de notation financière Standard & Poor’s, citée par le site Usine Nouvelle, la finance islamique pourrait représenter entre 10 et 20 % du système bancaire du Maroc avant mi-2017.

10 à 20%
Part du système bancaire marocain que pourrait représenter la finance islamique d'ici le milieu de l'année 2017