2017 sous le signe de l’allégement fiscal selon Leitão

«On va redoubler d’efforts en 2017 pour rappeler à la    population que nous avons remis la maison du Québec en ordre d’un point de vue fiscal», a assuré le ministre des Finances, Carlos Leitão.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir «On va redoubler d’efforts en 2017 pour rappeler à la    population que nous avons remis la maison du Québec en ordre d’un point de vue fiscal», a assuré le ministre des Finances, Carlos Leitão.

À l’heure des bilans de fin d’année, le ministre des Finances, Carlos Leitão, annonce un allégement fiscal et un réinvestissement en santé, en éducation, de même qu’en développement économique.

En entrevue avec La Presse canadienne, le ministre a dressé un bilan de l’année 2016 qu’il juge satisfaisant. Il se félicite notamment de la croissance du PIB, qu’il chiffre à environ 1,7 %, et de la création de quelque 70 000 emplois. En ce qui concerne le taux de chômage, qui est à son plus bas en 40 ans, il estime qu’il ne faut pas « minimiser le dynamisme du marché du travail », bien que ce taux historique reflète en partie une baisse de la population active.

M. Leitão soutient que cette « très bonne année économique » n’a pas été sans impact sur les comptes publics. Il avance qu’il s’agit de la première fois en 40 ans que les finances de la province se trouvent « en ordre ».

Recul du vote libéral

Le ministre Leitão et quelques autres membres du cabinet avaient fait ce même exercice rétrospectif à la veille des plus récentes élections partielles. Or, si le scrutin du 5 décembre a laissé la composition de l’Assemblée nationale intacte, le vote libéral y a accusé un recul. « C’est clair que les élections partielles à mi-mandat envoient toujours un signal dont on peut discuter longuement de la nature », a-t-il lancé avec prudence. M. Leitão dit toutefois prendre note que les citoyens qui se sont rendus aux urnes « ont voté pour des partis autres que le nôtre ». « Et donc, on va redoubler d’efforts en 2017 pour rappeler à la population que nous avons remis la maison du Québec en ordre d’un point de vue fiscal », a-t-il ajouté.

À l’approche du Nouvel An, il souligne que la marge de manoeuvre qu’il a ainsi dégagée permettra un réinvestissement dans certains secteurs. « On ne va pas rouvrir le robinet des dépenses de façon irréfléchie. On va y aller de façon ciblée : en éducation, en santé et en développement économique. C’est une grande illusion de penser que nous pouvons fournir des services publics que nous voulons tous — santé, éducation — à crédit, a-t-il martelé. Nous n’avons pas coupé les dépenses, nous avons ralenti leur croissance. »

Ces surplus découlant de plusieurs années de « rigueur budgétaire » — et non d’austérité, insiste-t-il — sont également destinés à une réduction du fardeau fiscal des contribuables, comme des entreprises. L’abolition de la taxe santé, qui entrera en vigueur dès dimanche, représentait notamment 760 millions pour les coffres de l’État. Les sociétés bénéficieront pour leur part d’un allégement fiscal de 56,4 millions en 2017-2018 grâce à des mesures telles que la réduction de leur taux d’imposition de 11,9 à 11,5 %.

Perspectives pour l’année qui vient

En tournant le regard vers 2017, force est de constater que la nouvelle année s’amorcera sans entente sur les transferts fédéraux en santé. Le ministre Leitão croit cependant que celle-ci surviendra au cours des prochaines semaines. La revendication principale du Québec s’articule autour de la part d’Ottawa dans le financement global des soins de santé, qui se chiffre actuellement à 23 %. « On ne pense pas que ce soit déraisonnable que le gouvernement fédéral s’engage à couvrir 25 % des coûts du système de santé », a précisé M. Leitão.

Il dit également espérer une entente sur dix ans — une question de « prévisibilité ». Il rappelle que sept provinces et trois territoires, représentant environ 90 % de la population canadienne, sont toujours d’avis qu’il faut « négocier un accord à long terme ».

Une autre querelle qui devrait s’étendre jusqu’en 2017 est celle des juristes de l’État, qui mènent une grève générale illimitée depuis plus de deux mois. Ce débrayage des notaires et avocats de la fonction publique freine notamment le dépôt de projets de loi. M. Leitão affirme que les discussions se poursuivent avec leur syndicat, LANEQ, et que leur rencontre plus tôt cette semaine avec le Conseil du trésor s’est somme toute bien déroulée.

6 commentaires
  • Jean-François Trottier - Abonné 30 décembre 2016 14 h 12

    Les théories fumeuses d'un gérant de banque

    M. Leitao a le don de la formule, aucun doute. Mais de là à lui donner le titre de professionnel!

    Sa vue reste limitée au PIB, cet indice pas très fiable du volume de transactions en un lieu donné. C,st pourquoi il parle de bonne année.

    Au passage, il contredit ainsi un autre affabulateur, M. Couillard qui parlait il y a peu de "sauveur" du Québec! On ne sauve pas une situation si elle est bonne, et jamais on ne me fera croire qu'en deux ans on peut retourner une économie au bord de la catastrophe en un truc si sain... donc beaucoup de coupures n'ont servi qu'à mettre en place les balises d'une théorie économique dépassée et dangereuse, puis à créer une réserve de bonbons à distribuer en prévision de la prochaine élection.

    Leitao démontre qu'il croit que l'économie du Québec dépend plus de le finance internationale que des capacités internes de développement. Il rend le Québec de plus en plus vulnérables aux marchés et à leurs fluctuations, ce qui est absolument désespérant de la part d'un supposé gestionnaire. Son approche est résolument démissionnaire.

    Il a raison sur un point : il s'agit bien de "réinvestissement", i.e. il remet de l'argent là où il n'aurait jamais dû en enlever par des désinvestissements qu'il prétend ciblées. Mon oeil : il pouvait cibler ses coupes longtemps avant de démolir la santé et l'éducation.
    Un gérant de succursale, rien de plus.

    Augmenter la balancer d'un gouvernement en coupant partout et sans le mnoindre discernement, c'est à la portée d'un enfant de six ans.

    S'il avait le moindrement l'étoffe d'un gestionnaire, et même en restant dans sa logique étriote de financier, il aurat étalé ses coupures sur au moins 5 ans. Mais non! Il lui fallait des réserves tout de suite pour ses bonbons électoraux! Une farce de mauvais goût.

    Maintenant il parle d'allègement fiscal... pour vider les coffres. Au secours! Cet homme est dangereux!

  • François Dugal - Inscrit 30 décembre 2016 15 h 11

    Donnant donnant

    Je vous enlève cent, je vous redonne dix : ne suis-je pas généreux?

  • Patrick Boulanger - Abonné 30 décembre 2016 16 h 27

    Alors qu'il faudrait augmenter les impôts des contribuables pour se donner de bons services publics, M. Leitao soutient plutôt qu'il faut les réduire. Misère!

  • Colette Pagé - Inscrite 30 décembre 2016 16 h 35

    De la poudre aux yeux !

    D'autres qualifieront cette annonce d'esbrouffe !

    Après avoir coupé allégrement en éducation et en santé en prétendant sauver le Québec pour ensuite subrepticement à l'approche du prochain rendez-vous électoral annoncer des ré-investissement en revêtant dans cette période des Fêtes le costume du Père Noël s'apparente-il à ce que l'on pourrait qualifier de bonnes pratiques de gestion ?

  • Normand Pleau - Inscrit 30 décembre 2016 19 h 02

    La technique fonctionne presque toujours

    Affamer le peuple, puis redonner un peu ensuite. Une vieille technique qui fonctionne toujours!