Les grandes fortunes continuent de s’enrichir

L'investisseur américain Warren Buffett a vu ses coffres s’engraisser de 11,8 milliards, plus que quiconque.
Photo: Cliff Owen Associated Press L'investisseur américain Warren Buffett a vu ses coffres s’engraisser de 11,8 milliards, plus que quiconque.

Au moment même où la mouvance populiste se manifeste dans plusieurs pays du monde, tout particulièrement aux États-Unis où il s’est soldé par l’élection de Donald Trump, les plus riches de la planète ont ajouté la rondelette somme de 237 milliards à leurs coffres cette année, selon le recensement des milliardaires de l’agence Bloomberg.

Le bilan des plus fortunés du 1 %, dont certains ont fait campagne contre M. Trump en prédisant que ses convictions protectionnistes et son imprévisibilité entraîneraient une catastrophe boursière, fait état d’un gain annuel de 5,7 % à 4400 milliards.

Sans grande surprise, l’investisseur américain Warren Buffett, dont les placements vont de Coca-Cola à KraftHeinz en passant par IBM, arrive au sommet du classement. Même si sa fortune de 74 milliards arrive au deuxième rang de la liste de Forbes, derrière les 84 milliards de Bill Gates, M. Buffett a vu ses coffres s’engraisser de 11,8 milliards, plus que quiconque.

Selon le Bloomberg Billionaires Index, M. Buffett avait glissé au troisième rang, mais la poussée boursière qui s’est manifestée dans les jours qui ont suivi l’élection de M. Trump lui a procuré un rendement annuel de 19 %.

Ce nouveau recensement de richesse stratosphérique apporte une nouvelle pierre à l’édifice des inégalités de revenus. Tant aux États-Unis qu’au Canada ou ailleurs, des études ont souligné que les catégories les plus fortunées ont bénéficié de taux de croissance plus forts que celles à faible revenu. La semaine dernière, la Banque centrale européenne a signalé que, de 2010 à 2014, la concentration de la richesse en zone euro s’est renforcée au moment même où certains pays (Espagne, Grèce, Italie, Portugal) luttaient contre des crises débilitantes.

Peu de Canadiens

Le seul Canadien à faire partie des 150 premières fortunes est Galen Weston, au 142e rang, dont l’actif a augmenté de 149 millions à 8,5 milliards $US. Il est suivi de Sherry Brydson, au 176e rang, dont la fortune individuelle est évaluée à 7,1 milliards au terme d’un gain de 778 millions depuis un an. Petite-fille de Roy Thomson, Mme Brydson est actionnaire de Woodbridge, la société de portefeuille familiale qui contrôle le groupe Thomson Reuters. D’autres classements évaluent la fortune globale de la famille Thomson, y compris celle du patron David, autour de 39 milliards.

Contrairement à ceux qui entrevoyaient une débandade complète advenant l’élection du candidat Trump, perçu comme vulnérable aux déclarations incendiaires, les séances post-scrutin ont généré le deuxième rendement en importance après celui qu’on a observé dans les jours qui ont suivi l’assermentation d’urgence de Lyndon Johnson en novembre 1963. Le S&P/500 a ajouté 6 % depuis le 8 novembre, alors que l’indice TSX, plus sensible au cours du pétrole, a grimpé d’environ 5 %.

Dans les cinq plus forts gains, on ne trouve qu’une seule personne qui ne soit pas américaine : le Français Bernard Arnault, propriétaire du marchand de luxe LVMH (Christian Dior, Moët&Chandon, etc.). Il a ajouté 7,1 milliards à sa fortune personnelle, pour l’amener à 38,9 milliards.

De manière générale, alors que le secteur des ressources a été particulièrement lucratif, celui des technologies arrive au deuxième rang. Le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, a engrangé 7,5 milliards de plus cette année, contre 5,4 milliards pour celui de Facebook, Mark Zuckerberg.

En Chine, cependant, Bloomberg a observé un premier recul de grande richesse depuis la création de son indice il y a cinq ans, résultat d’une déprime boursière et d’une dépréciation du yuan par rapport au dollar américain.

5 commentaires
  • André Bourbonnais - Abonné 29 décembre 2016 00 h 21

    André Bourbonnais

    Pauvre 99% qui ont vu pour la plus part une agmentation de moins de 2%... ou une diminution. "Quand les hommes vivront d'amour" comme disait Raymond Lévesque.

  • François Dugal - Inscrit 29 décembre 2016 07 h 46

    Enrichissons notre vocabulaire

    Évitement fiscal :
    Mesures économiques légales, mais foncièrement immorales, permettant aux plus riches de mettre, avec l'appui tacite des politiciens qu'ils contrôlent, leur fortune et les gains à l'abri de l'impôt.

  • Luc Falardeau - Inscrit 29 décembre 2016 10 h 15

    Au Canada !

    Comment expliquer que la famille Irving très active dans l'industrie fossile et les médias et dont beaucoup d'avoirs sont au Bahamas soit ainsi occultée ?

    JK Irving et Arthur Irving font pourtant régulièrement partie des 10 canadiens les plus riches du Canada, évalués respectivement à (US) $7.4 milliards et (US) $5.2 milliards selon Forbes.

    Rappelons que les Irving supportent le projet Énergie-Est et possèdent l'importante raffinerie de St-Jean au Nouveau Brunswick.

    Voir l'histoire de l'empire Irving dans le National Observer du 6 juin 2016 (B. Livesey).

  • Pierre Beaulieu - Abonné 29 décembre 2016 11 h 28

    ...s'enrichir

    Et ce n'est qu'un début! Malheureusement, ce sont ceux qui auraient le plus besoin d'une meilleure redistribution des richesses qui cautionnent ceux qui les exploitent. Voyez ce qui se passe aux États-Unis avec Trump, en Russie avec Poutine, au Royaume Uni et le Brexit, au Québec avec le PLQ...
    Il n'y a qu'une solution, l'éducation sous toutes ses formes!

    • Clermont Domingue - Abonné 29 décembre 2016 16 h 10

      Vous avez bien raison.En secondaire 3,les jeunes devraient apprendre comment fonctionnent le système monétaire, le système financier et notre système économique.Malheureusement, les financiers et leurs serviteurs,les politiciens, aiment mieux un peuple ignorant.