Plus d’un milliard de dollars dépensés en 24 heures

Scène de rue à Montréal en cette journée de fort achalandage du 23 décembre
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Scène de rue à Montréal en cette journée de fort achalandage du 23 décembre

La sprint final du magasinage des Fêtes a vraisemblablement atteint son point culminant ce vendredi, le 23 décembre étant la journée la plus achalandée de l’année. Selon les prévisions d’Interac, les Canadiens ont dépensé plus d’un milliard de dollars en l’espace de 24 heures, emportés par l’urgence de trouver de quoi plaire à leurs proches.

Un sondage réalisé par le réseau de paiement indique qu’un Canadien sur trois prévoyait faire des achats lors de la journée de vendredi. Le 23 décembre 2015, 21,3 millions de transactions ont été effectuées à travers pays, pour une valeur totale de 1,1 milliard de dollars.

Selon le fournisseur de paiements par carte de crédit et de débit Moneris, l’achalandage a été à son plus fort à 14 h. Le 23 décembre surpasse le « Vendredi fou » et le « Boxing Day » en termes de nombre de transactions.

597 $
Le montant que les Canadiens dépenseront en moyenne pour leurs achats des Fêtes

Dépenses totales en baisse

Cette année, malgré cette habituelle frénésie de dernière minute, les Canadiens devraient dépenser 8 % de moins que l’an dernier pour leurs achats des Fêtes, indique un sondage réalisé par la Banque CIBC.

Ils réaliseront des achats d’une valeur moyenne de 597 $, comparativement à 652 $ l’an dernier. Selon le coup de sonde, c’est au Québec que les dépenses par personne seront les moins élevées, soit 406 $, comparativement à 450 $ en 2015.

Les données concernant les ventes de marchandises réalisées à chaque mois de décembre à travers le Canada au cours des dernières années révèlent que les jouets et les jeux en tout genre continuent d’avoir la cote, loin devant les articles de sport. Les ventes d’appareils photo ont quant à elles diminué de moitié en l’espace de cinq ans, sans doute victimes de l’amélioration constante des téléphones intelligents.
 

 

Consommer différemment

Pour plusieurs, il est difficile de résister à l’appel des centres commerciaux et des magasins à grande surface, mais un nombre croissant de Québécois se tourne vers de nouvelles façons de consommer, notamment pendant le temps des Fêtes.

L’édition 2016 du Baromètre de la consommation responsable, réalisé par l’Observatoire de la consommation responsable de l’UQAM, en fournit une preuve : l’indice de « déconsommation », qui mesure par exemple la volonté de diminuer sa consommation ou de renoncer à l’achat de produits dont on n’a pas besoin, a connu une croissance constante au cours des quatre dernières années.

« On le voit qu’il y a un intérêt pour de nouvelles manières de consommer. Plusieurs personnes veulent maintenant fabriquer leurs cadeaux de Noël ou même ne pas en donner du tout », remarque la coordonnatrice de la Coalition des associations de consommateurs du Québec (CACQ), Élisabeth Circé Côté.

406 $
Le montant que les Québécois dépenseront en moyenne pour leurs achats des Fêtes

Cadeaux recyclés

L’achat de cadeaux écoresponsables fait également partie de la solution pour de nombreux consommateurs. Près de 4000 d’entre eux se sont donnés rendez-vous au début du mois de décembre à l’occasion de la 11e édition du Salon des artisans récupérateurs, qui présente des objets réalisés à partir de matière recyclée.

« Les consommateurs sont de plus en plus informés. Il y a un intérêt croissant pour savoir d’où viennent les produits, avec quels matériaux ils ont été fabriqués », observe Catherine Gauthier, la directrice générale de l’organisme ENvironnement JEUnesse (ENJEU), qui a organisé l’événement.

Le Baromètre de la consommation responsable indique qu’en 2016, les jeunes de 18 à 24 ans ont enregistré l’indice de consommation responsable le plus élevé parmi tous les groupes d’âge, une première depuis 2010. Mais selon Mme Gauthier, la conscience sociale et environnementale n’est pas une affaire de génération.

« La clientèle est assez variée. On a autant des jeunes que des personnes plus âgées, dit-elle. Je pense que les gens de 45 ans et plus sont tout aussi motivés que les plus jeunes à faire des achats qui sont respectueux de l’environnement. »

Le mirage du «Boxing Day»

Maintenant que les cadeaux, peu importe leur provenance et leur nature, sont pour la plupart achetés, la CACQ met par ailleurs en garde les consommateurs contre l’attrait du « Boxing Day », qu’elle juge illusoire.

« Les associations de consommateurs ont pu observer que, pour plusieurs commerces, les réductions annoncées ne sont pas vraiment uniques à cette période de l’année », indique Mme Circé Côté.

La coalition estime par exemple que pour dénicher des aubaines, vous devriez acheter un ordinateur ou des appareils électronique lors des mois de février, août ou septembre, et des meubles et des électroménagers entre janvier et juillet.

« Alors, le lendemain de Noël, vous pouvez relaxer », conseille la CACQ.

2 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 24 décembre 2016 07 h 57

    La roue

    La "roue" de l'économie tourne à plein régime. La Chambre de Commerce et le Conseil du Patonnat, ainsi que les banques à charte canadiennes, remercient le Petit Jésus pour son apport à la prospérité collective de notre "société" de consommation.

  • Sylvain Auclair - Abonné 25 décembre 2016 17 h 31

    Un milliard?

    Si je calcule bien, ça ne fait que 30 dollars par personne!