Rogers retarde sa télévision IP et s’associe à Comcast

Rogers compte sur Comcast pour développer son service de télévision IP.
Photo: Matt Rourke Associated Press Rogers compte sur Comcast pour développer son service de télévision IP.

Alors que des concurrents offrent déjà un tel service, le groupe torontois Rogers met fin au développement à l’interne du service de télévision par Internet (IP) qu’il souhaitait lancer cette année, un geste qui se traduit par l’inscription d’une dépense comptable d’un demi-milliard.

L’entreprise torontoise de câblodistribution, de téléphonie sans fil et d’accès Internet a indiqué vendredi matin qu’elle préfère plutôt s’associer au groupe américain Comcast — et sa plateforme X1 — pour développer ce service vidéo de nouvelle génération.

« Rogers a décidé d’opter pour une plateforme hébergée pour s’assurer d’avoir accès à la feuille de route technique nécessaire pour suivre le rythme actuel de l’innovation en télé IP », a justifié l’entreprise dans un communiqué. « De plus, les clients de Rogers pourront profiter des investissements substantiels en recherche et développement effectués par Comcast jusqu’ici ainsi que de l’importance que l’entreprise accorde à l’innovation. »

L’entreprise compte maintenant lancer son service au début de 2018. Il y a maintenant six ans que Bell a lancé son service Fibe. Leur concurrent Telus a aussi le sien.

Recul de l’action

À la Bourse de Toronto, l’action de Rogers a reculé de 1 % à 50,87 $. Depuis un an, elle a progressé de 4,5 %, comparativement à 19 % pour l’indice principal de la Bourse de Toronto.

« Nous avons déjà évoqué ce risque, et Rogers est maintenant la troisième entreprise canadienne après Cogeco et Cogeco qui décide de laisser tomber le développement d’un produit IPTV », a écrit Maher Yaghi, analyste chez Valeurs Mobilières Desjardins.

« Bien que nous ne soyons pas complètement surpris de l’annonce, nous sommes étonnés de l’ampleur de l’inscription comptable. Lorsque Shaw et Cogeco ont décidé de suspendre le développement de leurs plateformes, les charges comptables ont été de 55 millions et 32 millions respectivement. Certes, le développement de Rogers était plus avancé mais la somme est quand même grosse », a ajouté M. Yaghi. La charge, inscrite au quatrième trimestre de 2016, se situera entre 475 et 525 millions.

Selon Comcast, « nous avons constaté un désir croissant d’autres exploitants de tirer profit des innovations que nous avons créées dans l’industrie », a dit Neil Smit, président et chef de la direction, Comcast Cable.

Un autre analyste, Drew McReynolds, du groupe RBC, a écrit que la décision aurait un impact positif en raison d’un risque d’exécution plus faible et de la capacité de maintenir un certain niveau de compétitivité à un coût raisonnable.