La Finlande testera un revenu de base universel à 780$

Le premier ministre de Finlande, Juha Sipilä
Photo: Thierry Charlier Agence France-Presse Le premier ministre de Finlande, Juha Sipilä

Helsinki — Le Parlement finlandais a donné son feu vert mardi pour tester auprès de 2000 chômeurs le versement d’un « revenu de base » de 560 euros par mois, allocation qui pourrait être ultérieurement accordée à tout citoyen sans conditions.

Le projet faisait partie des promesses électorales du premier ministre centriste Juha Sipilä, en fonction depuis mai 2015. Le gouvernement espère ainsi « promouvoir l’emploi » et « réduire la bureaucratie et simplifier le système complexe des aides sociales ». Il a été adopté à 143 voix pour, 21 contre et 35 abstentions.

Sur deux ans, en 2017 et 2018, l’État comparera la trajectoire de ces 2000 chômeurs entre 25 et 58 ans, choisis au hasard et contraints de participer à l’expérience, avec celle d’un groupe test de chômeurs touchant environ ce même montant en prestations sociales. L’objectif est de savoir si, comme le pense le gouvernement, les chômeurs recevant le revenu de base seront plus motivés à trouver un emploi ou à créer une entreprise sachant qu’ils garderont dans ce cas leur revenu de base.

Réforme radicale

Le revenu de base, parfois appelé allocation universelle, est une réforme radicale qui a ses partisans aussi bien à gauche, chez ceux qui appellent l’État-providence à assurer à tous un niveau de vie décent, que parmi les libéraux, dont certains défendent une remise à plat de la protection sociale. M. Sipilä, ancien homme d’affaires à la tête d’un gouvernement de centre droit pro-austérité, est convaincu qu’il inciterait les Finlandais à être plus entreprenants et mobiles, et que la réforme répond aux évolutions du marché du travail, plus instable.

Sans être hostile à l’idée, l’opposition a estimé que le test était d’ampleur trop limitée, dans un pays de 5,5 millions d’habitants, pour livrer des enseignements décisifs. Une allocation mensuelle de 560 euros (780 $CAN) ne permet de vivre que très chichement en Finlande, où le revenu net disponible moyen dépasse 2200 euros (environ 3000 $CAN) par personne et par mois selon l’OCDE.

2 commentaires
  • Jean-François Trottier - Abonné 14 décembre 2016 08 h 21

    Et ici le Devoir doit intervenir....

    Je cherche dans un document fourni par le gouvernement, "Le Québec chiffres en main", et je n'arrive pas à y comprendre le fonds, donc évidemment je suis incapable de comparer quoi que ce soit.

    Par contre, selon ce que je vois, il est impossible à une personne seule de survivre avec moins de 1300 $ par mois au Québec, et ce en utilisant toues les ressources pour personnes pauvres sauf les banques de nourriture.
    Et encore faudra-t-il vifre danas des conditions extrêmement précaires.3

    Chichement ? Un peu moins je dirais. Est-ce uen bonne base de comparaison ?

    Et qu'est-ce que notre Digne Donc et Très Docte Couillard en dira ?

  • Jean-Yves Arès - Abonné 14 décembre 2016 09 h 47

    Effet recherché et méthode utilisé difficile saisir.


    On fait une expérience spécifiquement que sur des chômeurs pour une mesure que l’on projet appliquée a toute la population. On aura donc aucune idée de l’effet de la mesure sur quelques 90% et + des citoyens concernés …


    Pour comparaison ici au Québec, selon une étude que vient de faire la Chair de fiscalité et finance public de l’Université de Sherbrooke sur le soutient minimal de l’État au Québec, uniquement pour l’aide par l’assistance sociale on donne 7,956$ par année, soit 663$ par mois.

    Les 560 € de la Finlande convertis en parité au pouvoir d’achat représentent 750.67 dollars canadien, soit 87$ de plus que notre assistance sociale ici. Bien sûr il y a d’autres aides qui s’appliquent dans les deux pays, pour bien comprendre faudrait savoir quelles autres aides la Finlande compte retirer avec l’application de leur revenu de base. En fait il faudrait savoir combien leur couterait globalement l’application de ce revenu de base universel versus combien ils retireraient en aide spécifique qu’ils font présentement.

    http://cffp.recherche.usherbrooke.ca/wp-content/up