Postes Canada: les syndiqués acceptent les ententes

Postes Canada compte environ 64 000 employés, dont 50 000 sont membres du STTP.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Postes Canada compte environ 64 000 employés, dont 50 000 sont membres du STTP.

Les ententes de principe entre Postes Canada et ses employés récoltent 63 % d’appuis chez les facteurs urbains, comparativement à seulement 55 % chez leurs collègues suburbains et ruraux.

Ce résultat, qui survient après cinq semaines de vote au sein du personnel de la société d’État, portait sur des conventions collectives de deux ans, dont une des principales caractéristiques consiste à reporter à plus tard la discussion de certains gros enjeux, comme la retraite.

En 2012, au terme d’une négociation précédée par un lockout et une loi spéciale de retour au travail sous le gouvernement Harper, les ententes avaient récolté 57 % d’appuis en ville (67 % à Montréal, mais 24 % à Toronto) et 68 % en milieu suburbain et rural.

La ventilation régionale des votes sera publiée après la confirmation des chiffres par le vérificateur, a indiqué lundi après-midi la direction du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP). « Le Conseil exécutif national et le Comité de négociation tiennent à remercier tous les membres qui ont pris le temps de participer à cet important processus », a ajouté le STTP dans un bref communiqué.

La série précédente, en 2011, s’était soldée par le décret d’un lockout. Cette fois, la négociation n’a pas mené à un arrêt de travail, mais s’est étirée sur des mois, ponctuée d’une demande d’arbitrage, d’un vote de grève, d’un préavis de grève et de l’intervention inhabituelle de la direction d’eBay Canada.

L’enjeu de la retraite

Parmi les gros enjeux figurait la nature du régime de retraite, à prestations déterminées, que Postes Canada voudrait convertir en un régime à cotisations déterminées. La société d’État estime que le régime actuel pèse beaucoup trop lourd et que son déficit de solvabilité de 8,1 milliards est inacceptable. Le STTP préfère évaluer le régime sur une base de continuité, laquelle dégage un excédent d’environ un milliard. Cet enjeu a été retiré de la table et sera abordé plus tard.

De plus, les parties ont convenu d’un processus de révision d’équité salariale pour les facteurs ruraux et suburbains.

Au chapitre salarial, l’unité urbaine (42 000 membres) bénéficiera d’une hausse de salaire de 1 % rétroactive au 1er février 2016 et une autre de 1,5 % le 1er février 2017. Ceux de l’unité suburbaine et rurale auront une augmentation de 1,5 % rétroactive au 1er janvier 2016 et une autre 1,5 % au 1er janvier 2017.

La courte durée des conventions signifie toutefois que les négociations reprendront en 2017. « Une bonne partie de nos enjeux ne sont toujours pas réglés. Donc, à pareille date l’an prochain, nous nous préparerons à un retour à la table de négociation pour terminer le travail.

D’ici là, il reste beaucoup à faire », a écrit le STTP le 31 août après avoir annoncé les ententes de principe.

Il a été impossible d’avoir de plus amples détails auprès du STTP, ni d’avoir la réaction de Postes Canada.

Postes Canada a récemment indiqué que l’incertitude entourant un arrêt de travail potentiel l’été dernier avait entraîné un impact d’environ 100 millions au troisième trimestre. Même le secteur des colis, qui a permis à Postes Canada de mieux affronter la baisse des volumes de lettres traditionnelles, a souffert de la situation : son niveau d’activité a reculé de 5 % par rapport à 2015. Sa perte nette s’est élevée à 25 millions alors que son chiffre d’affaires a diminué de 8 %, à 1,76 milliard.

La société compte environ 64 000 employés, dont 50 000 sont membres du STTP. Le gouvernement est en train d’évaluer les diverses options stratégiques qui pourraient être adoptées et un comité parlementaire doit publier ce mois-ci le résultat de ses consultations.