L’UPA réclame le départ du ministre Paradis

Le ministre de l’Agriculture, Pierre Paradis
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de l’Agriculture, Pierre Paradis

Le ministre de l’Agriculture, Pierre Paradis, a reçu un accueil glacial de la part des agriculteurs québécois réunis jeudi à Québec pour la dernière journée de leur congrès annuel. L’Union des producteurs agricoles (UPA) a dénoncé le manque d’ouverture du ministre dans le dossier du remboursement de taxes agricoles et réclame maintenant son départ.

Le président de l’UPA, Marcel Groleau, a soutenu en après-midi que le « lien de confiance est rompu » entre les agriculteurs et le ministre, réclamant du même souffle son remplacement. Le porte-parole du Parti québécois en matière d’agriculture, André Villeneuve, a également exigé la démission de M. Paradis lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale.

Discours du ministre attendu

L’atmosphère était tendue au moment où Pierre Paradis s’est présenté sur la scène du Centre des congrès de Québec pour s’adresser aux producteurs venus l’écouter. Il a longuement défendu l’approche du gouvernement en soulignant l’atteinte de l’équilibre budgétaire, avant d’aborder l’épineuse question de la réforme du Programme de crédit de taxes foncières agricoles (PCTFA), que critiquent les agriculteurs.

« À date [sic], je me suis fié aux chiffres du ministre des Finances du Québec, qui s’appelle Carlos Leitão. C’est le deuxième meilleur économiste au monde, a-t-il déclaré. Je respecte [le fait] qu’il y a des chiffres sur la table, mais à un moment donné, il faut prendre des décisions. »


Guerre de chiffres

Le gouvernement a décidé en mars dernier de confier la gestion du PCTFA à Revenu Québec, de modifier les conditions d’admissibilité au programme et d’instaurer un taux de remboursement unique. Les changements prévus doivent entrer en vigueur le 1er janvier.

L’UPA soutient depuis des semaines que cette réforme entraînera une hausse moyenne de 30 à 40 % de la facture de plus de 80 % des agriculteurs québécois, des chiffres que le gouvernement rejette.

Seulement 1 % des agriculteurs, soit environ 300 producteurs, verront leur compte de taxes augmenter de plus de 30 %, a affirmé Pierre Paradis en se référant aux « données réelles » du ministre des Finances, avant d’être hué par la foule.

« On est embarqués dans une forme de rhétorique où il n’y a pas de communication, pas d’échanges sur le fond, a lancé Marcel Groleau à son tour au micro. Je vous dis que vous sous-estimez ce qui se passe dans le monde agricole, et ça m’inquiète. »