Salaires: l’administration publique québécoise toujours en retard

En 2016, le salaire moyen d’un employé de l’administration publique s’est établi à 47 466$, comparativement à 52 647$ pour un travailleur du secteur privé.
Photo: Richard Coote Getty Images En 2016, le salaire moyen d’un employé de l’administration publique s’est établi à 47 466$, comparativement à 52 647$ pour un travailleur du secteur privé.

Les salariés de l’administration publique québécoise continuent d’accuser du retard au chapitre du salaire comparativement à leurs pairs du secteur privé, mais cet écart est comblé lorsque l’on tient compte de leur rémunération globale.

C’est l’un des aspects du portrait annuel de la rémunération des employés de l’administration québécoise dévoilé mercredi par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ). Grâce à une semaine de travail plus courte et du « temps chômé payé » — des congés plus nombreux — les employés du secteur public sont à parité avec le secteur privé du côté du salaire global, qui tient compte, par exemple, des avantages sociaux et congés.

Écart de 10,9 %

En 2016, le salaire moyen d’un employé de l’administration publique s’est établi à 47 466 $, comparativement à 52 647 $ pour un travailleur du secteur privé, ce qui représente un écart de 10,9 %. L’Institut a souligné que la semaine de travail dans le secteur public est en moyenne de 35,9 heures, alors qu’elle est de 37,9 heures dans le secteur privé.

Si l’on tient uniquement compte des salaires, les employés du secteur public sont en retard par rapport à toutes les autres catégories d’employés avec lesquelles ils ont été comparés : administration municipale, universitaire, privé syndiqué et non syndiqué, entre autres.

Ce portrait brossé par l’Institut comporte toutefois des limites. Par exemple, dans le secteur public, on ne tient pas compte des enseignants et des infirmières, faute d’un échantillon comparable dans le secteur privé. De plus, on exclut également les employés qui travaillent dans les sociétés de moins de 200 employés, et ce, même si la majorité des entreprises québécoises sont des petites et moyennes entreprises.

L’ISQ souligne également que de 2009 à 2016, l’écart a continué de se creuser entre le public et le privé au chapitre du salaire, passant de 6 % à 10,9 %. En ce qui a trait à la rémunération globale, l’avance de 3,6 % du secteur public a progressivement reculé pour atteindre la parité en 2016.

3 commentaires
  • Jean-Yves Arès - Abonné 1 décembre 2016 00 h 47

    Titre trompeur.

    Systhématiquement ces études de l'ISQ sont publiés comme prouvant un retard salarial, comme si la fonction publique était victime d'une injustice.

    Pourtant la dernière phrase de l'article ici dits exactement le contraire,

    «En ce qui a trait à la rémunération globale, l’avance de 3,6 % du secteur public a progressivement reculé pour atteindre la parité en 2016.»

    La salaire ce n'est pas juste le montant brute de la paye, cela englobe toutes les dépenses que l'employeur consacre a votre rénumération. Et à ce titre la dernière phrase indique qu'il y a parité en 2016...

    Pourquoi donc titré l'article de «l’administration publique québécoise toujours en retard» ?

    • hugo Tremblay - Inscrit 1 décembre 2016 06 h 30

      Vous qui lisez attentivement, vous auriez du remarquer l'absence des professeurs et infirmières, qui se comptent par dizaines de milliers, ont un diplôme de haut niveau, et gagnent moins que plusieurs employés du privé sans diplôme.
      Ça vous changerait une supposée "étude".

    • Alexandre Thibodeau - Abonné 1 décembre 2016 12 h 04

      @Jean-Yves Arès
      Je me posais justement la même question, comme si la rénumération globale n'était qu'un détail.

      @Gilles Tremblay
      Les employés des PME sont aussi exclus de l'étude. J'ai pourtant l'impression qu'en PME les conditions sont rarement aussi bonnes qu'en grande entreprise.

      Autrement dit, quand on compare des emplois semblables entre le secteur public et les grandes entreprises privées (là où il y a un échantillon suffisant), en termes de rémunération globale, les conditions sont à parité. Je ne m'explique pas le titre moi non plus.