L’OPEP engagée dans une course contre la montre

La production de pétrole russe a beaucoup augmenté ces dernières années.
Photo: Petr Shelomovskiy Associated Press La production de pétrole russe a beaucoup augmenté ces dernières années.

Les membres de l’OPEP étaient engagés mardi dans un ultime round de négociations à la veille d’une réunion du cartel où la perspective d’un accord pour limiter leur production semble s’éloigner, faisant replonger les cours du pétrole.

Depuis plusieurs semaines, les tractations vont bon train entre les 14 membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole pour mettre en place des quotas par pays destinés à relancer des prix déprimés par une surabondance d’offre depuis l’été 2014. Mais si un tel accord est réclamé à cor et à cri par les pays les plus dépendants de la manne pétrolière, comme le Nigeria ou le Venezuela, il achoppe sur les fortes rivalités entre l’Iran et l’Arabie saoudite, et la situation précaire de certains producteurs en guerre, à l’image de l’Irak et de la Libye.

À son arrivée à Vienne mardi, le ministre iranien du Pétrole Bijan Namdar Zanganeh a indiqué que l’OPEP gardait en ligne de mire ce qui avait été décidé à la réunion d’Alger fin septembre. « Nous continuons à mettre en place le niveau de production que nous avons décidé en Algérie », a-t-il déclaré à un groupe de journalistes.

Russie absente

Les ministres de l’OPEP sont convenus il y a deux mois à Alger, lors d’une réunion informelle, de ramener leur production entre 32,5 et 33 millions de barils par jour (mbj) et de parvenir à un accord avec d’autres grands producteurs, notamment le premier d’entre eux, la Russie, qui s’y est dit favorable sur le principe.

Cette dernière, qui a accepté de limiter mais non de réduire sa production, a répété mardi qu’elle ne prévoyait pas de participer à la réunion du cartel mercredi à Vienne. « Il n’y a pas de nécessité, il faut d’abord que l’OPEP tienne sa réunion. Bien sûr, s’il y a un consensus et que l’OPEP prend une décision, nous nous mettrons d’accord au plus vite », a déclaré le ministre russe de l’Énergie Alexandre Novak, cité par l’agence Ria-Novosti.

Le ministre algérien de l’Énergie Noureddine Boutarfa et son homologue vénézuélien Eulogio del Pino se sont pour leur part rendus lundi à Moscou pour tenter de convaincre la Russie d’abaisser sa production de 600 000 barils par jour (bj), soit plus que les 500 000 bj de baisse que lui proposait jusqu’ici le cartel. M. Boutarfa, à son arrivée dans la capitale autrichienne mardi, a indiqué que les discussions progressaient « dans le bon sens » entre les membres du cartel.

Mais alors que l’Arabie saoudite, poids lourd du cartel, semblait jusqu’alors juger « impératif » qu’un consensus soit trouvé pour appliquer l’accord d’Alger, elle a porté un coup dur aux discussions ce week-end en avançant qu’une baisse de l’offre n’était pas obligatoire et que les prix du pétrole allaient se stabiliser même sans intervention du cartel. Durcissant encore davantage le ton mardi, les Saoudiens ont déclaré qu’ils étaient prêts à rejeter tout accord si l’Iran et l’Irak n’y participaient pas, selon une source proche de Riyad