La SCHL a accru ses activités de financement

La SCHL a accordé une assurance prêt hypothécaire pour près de 128 000 logements au troisième trimestre.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir La SCHL a accordé une assurance prêt hypothécaire pour près de 128 000 logements au troisième trimestre.

Les résultats financiers des neuf premiers mois de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) font ressortir une activité de financement hypothécaire accrue. La solidité de son portefeuille s’est maintenue, ce qui n’empêche pas l’institution fédérale de militer en faveur d’une politique macroprudentielle.

Dans ses états financiers rendus publics mardi, la SCHL a indiqué qu’elle avait accordé une assurance prêt hypothécaire pour près de 128 000 logements au troisième trimestre clos le 30 septembre dernier, soit une activité en hausse de 26,8 % par rapport au trimestre correspondant de 2015. Au cumul, après neuf mois, le volume total a oscillé autour de 346 000 unités, un bilan 18,9 % supérieur à celui des neuf premiers mois de 2015.

En valeur, toutefois, le total des contrats d’assurance en vigueur atteignait 514 milliards au 30 septembre, 12 milliards ou 2,3 % de moins qu’à la fin de 2015 et sous le plafond légal de 600 milliards. Au sommet, au troisième trimestre de 2012, ce total se chiffrait à 576 milliards.

« Les propriétaires ayant contracté un prêt hypothécaire assuré par la SCHL ont une solide capacité de gérer leurs dettes, comme en témoigne le pointage de crédit moyen de 751 [points] pour les prêts de propriétaires occupants assurés à l’unité et le rapport d’amortissement brut de la dette moyen de 25,7 % pour la période de trois mois close le 30 septembre 2016 », indique l’institution.

Prêts en souffrance

Quant au taux des prêts en souffrance, il se maintenait à 0,32 % à la fin de septembre, contre 0,35 % à la fin de décembre, le nombre total de prêts en souffrance dans le portefeuille de la SCHL s’établissant à 8286 au 30 septembre 2016, contre 9027 au 31 décembre 2015. Ce taux atteignait 0,73 % en Saskatchewan, 0,46 % en Alberta.

Autres éléments, l’avoir propre foncier moyen des propriétaires occupants demeurait stable et oscillait autour de 35 % à la fin du troisième trimestre. Aussi, l’institution a plus que passé le test de résistance en situation de crise. « Le capital de la SCHL est suffisant, même dans les scénarios les plus extrêmes », se situant au 30 septembre à plus de trois fois le minimum requis, soutient-elle.

Hausse du plafond

Ce qui n’empêche l’institution de multiplier les appuis et les appels à des politiques macroprudentielles, à des fins préventives. Le patron de l’agence fédérale a récemment évoqué une hausse souhaitable du plafond de la mise de fonds minimale. « Les politiques sont tentés d’aider les accédants à la propriété à faire leur entrée sur le marché, mais il se pourrait que les faibles mises de fonds contribuent au problème en exerçant des pressions supplémentaires sur l’abordabilité et les vulnérabilités macroéconomiques », a affirmé le président et chef de la direction de la SCHL, Evan Siddall, dans un texte de La Presse canadienne.

Il a également suggéré aux autorités réglementaires d’étudier la possibilité d’imposer une limite au ratio prêt revenu. Et s’est dit partisan d’un meilleur partage des risques avec les prêteurs. Le ministère des Finances a récemment lancé une consultation publique sur cette proposition, qui verrait les banques débourser une franchise sur l’assurance hypothécaire garantie par le gouvernement.

Et depuis le mois dernier les acheteurs d’une première maison sont soumis à une simulation de crise des taux d’intérêt hypothécaires afin de déterminer admissibilité d’un emprunteur à l’assurance prêt hypothécaire à rapport prêt valeur élevé. « Le gouvernement a aussi annoncé que des changements seraient apportés aux exigences d’admissibilité à l’assurance des prêts hypothécaires à faible rapport prêt valeur », a ajouté la SCHL.